Elles re­lèvent des étables

La Terre de chez nous - - LA UNE - MAR­TIN MÉNARD mme­[email protected] la­terre.ca @me­nard.jour­na­liste Ma­rie-Claude Bour­gault, Qué­bec Va­lé­rie Gre­nier, Lac-Saint-Jean Ca­ro­line Col­lard, Chau­dière-Ap­pa­laches Su­san Fleu­ry, Qué­bec

Les conseillères en ges­tion agri­cole se dé­marquent dans leur ap­proche au­près des agri­cul­teurs. La Terre pré­sente quatre femmes pas­sion­nées qui aident les fermes lai­tières à se re­le­ver de leurs dif­fi­cul­tés fi­nan­cières.

QUÉ­BEC — La san­té fi­nan­cière de près de 20 % des fermes lai­tières du Qué­bec se dé­grade de­puis cinq ans. L’étau se res­serre sur elles, mais des conseillers en ges­tion sillonnent le Qué­bec pour les ai­der à se re­le­ver. La Terre a ren­con­tré quatre femmes, des spé­cia­listes re­con­nues dans le mi­lieu, qu’on ap­pelle « les re­le­veuses d’étables ».

Ces femmes im­pres­sionnent par leurs connais­sances très pous­sées des dé­tails as­so­ciés à la ges­tion d’une ex­ploi­ta­tion lai­tière. Leurs ana­lyses sont pré­cises, concrètes et par­fois dures à en­tendre, mais réel­le­ment sus­cep­tibles d’amé­lio­rer la san­té fi­nan­cière des en­tre­prises qu’elles ac­com­pagnent.

« On fait tout ce qu’on peut avec pas­sion et dé­vo­tion. On sait qu’une ferme, ce n’est pas juste un job par­mi d’autres; c’est une vie et un pa­tri­moine fa­mi­lial. Chaque ferme qu’on réus­sit à pré­ser­ver, c’est aus­si de la ri­chesse qu’on laisse dans les ré­gions », té­moigne Ma­rie-Claude Bour­gault, agro­nome chez Agri­go Conseils à Qué­bec.

Les femmes se dé­marquent dans le do­maine des ser­vices-conseils en ges­tion, sou­ligne Ray­mond Ra­ci­cot, un conseiller se­nior qui a été di­rec­teur gé­né­ral du Groupe conseil agri­cole de Coa­ti­cook. « Elles sont très com­pé­tentes et ont une ap­proche hu­maine plus na­tu­relle que les hommes. L’ap­proche est très im­por­tante dans ce mé­tier », as­sure-t-il. Signe des temps, M. Ra­ci­cot est main­te­nant le seul homme dans son ser­vice. Les autres conseillers qui ont été em­bau­chés sont des femmes.

L’étau se res­serre

Au Lac-SaintJean, Va­lé­rie Gre­nier fait par­tie de ces re­le­veuses d’étables. Elle fait état d’un nombre crois­sant de fermes lai­tières qui dé­gagent un re­ve­nu in­suf­fi­sant pour cou­vrir les dé­penses et le ser­vice de la dette. « On en voit plu­sieurs qui em­pruntent non seule­ment pour in­ves­tir, mais pour payer leurs four­nis­seurs. Ces gens sont ha­bi­tués à un cer­tain rythme de dé­penses. La hausse du coût des in­trants et des taux d’in­té­rêt leur fait mal. Ils pel­lettent par en avant, mais l’étau se res­serre. Ceux qui n’amé­lio­re­ront pas leur ges­tion de­vront pen­ser fer­mer ou vendre », as­sure Mme Gre­nier, du Groupe mul­ti­con­seil agri­cole Sa­gue­nay–Lac-Saint-Jean.

« Les femmes s’achètent des sou­liers, mais c’est tou­jours moins cher qu’al­ler ma­ga­si­ner à l’Ex­po-Champ. On est dans une so­cié­té d’ex­cès. Ceux qui réus­sissent sont ceux qui ré­sistent. » – Ma­rie-Claude Bour­gault

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.