Tes­ter la ville avant de re­ve­nir aux sources

La Terre de chez nous - - MA FAMILLE AGRICOLE - FRÉDÉRIC MARCOUX Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

« J’oeu­vrais dans le mi­lieu hos­pi­ta­lier et j’ai réa­li­sé que je ne vou­lais vrai­ment pas me re­trou­ver der­rière un bu­reau toute ma vie », ra­conte Ma­non Ther­rien. Un ma­tin, alors qu’elle mon­tait tra­vailler à Qué­bec, elle a re­gar­dé les vaches dans un champ et a de­man­dé à son conjoint qui l’ac­com­pa­gnait : « Qu’est-ce que tu di­rais si je me lan­çais en agri­cul­ture? »

SAINT-CH­RIS­TOPHE-D’ARTHABASKA — Ce pro­jet a sur­pris le père de Ma­non, Mar­cel­lin Ther­rien. Ne voyant au­cune re­lève pos­sible pour la ferme, il avait dû se ré­soudre à li­qui­der son trou­peau d’Ayr­shire en 1999, mais avait tout de même dé­ci­dé de gar­der les terres et les bâ­ti­ments.

« Traire les vaches n’a ja­mais été ma pas­sion, ex­plique Ma­non Ther­rien. Mon père était spé­cia­li­sé dans la gé­né­tique et ça ne m’in­té­res­sait pas. » Elle l’a donc en­cou­ra­gé à vendre son chep­tel, ne sa­chant pas vrai­ment où la vie al­lait la me­ner.

Quelques se­maines avant l’en­can, Ma­non a an­non­cé à son père son in­ten­tion de re­prendre la ferme, mais à sa fa­çon. Pour ce faire, elle a dé­ci­dé de com­men­cer par re­tour­ner aux études en ges­tion agri­cole. Mar­cel­lin ad­met que cette tour­nure des évé­ne­ments lui « a don­né un coup ». Il pa­ni­quait à l’idée de voir sa fille se lan­cer dans le do­maine.

Tra­cer son propre che­min

Alors qu’elle étu­diait à Lé­vis, Ma­non a dé­cou­vert l’éle­vage ovin. Voyant qu’elle pou­vait ma­ni­pu­ler les bêtes fa­ci­le­ment, elle a ten­té sa chance à la fin de ses études. Pour tâ­ter le ter­rain, Ma­non et son conjoint Maxime Ber­nier ont amé­na­gé une par­tie de l’étable pour ac­cueillir 50 bre­bis. « Maxime et moi avons ai­mé ça. On a gros­si le trou­peau pour fi­nir par dé­te­nir 500 bre­bis », ra­conte-t-elle.

Ma­non sou­rit lors­qu’elle se re­mé­more le che­mi­ne­ment de Maxime qui n’ai­mait pas voir du sang quand une taure vê­lait, à l’époque. Son conjoint, qui se dé­crit comme « un pe­tit gars de la ville », s’est fi­na­le­ment bien in­té­gré. Si bien que c’est lui qui tra­vaille à la ferme à temps plein. L’em­ploi à temps par­tiel dans le do­maine de la san­té qu’oc­cupe Ma­non per­met à la fa­mille de joindre les deux bouts.

Pour fa­ci­li­ter ses tâches, le couple pré­voit mé­ca­ni­ser da­van­tage l’en­tre­prise dans les pro­chaines an­nées. Avec le re­cul, Mar­cel­lin est heu­reux de voir sa fille, is­sue de la qua­trième gé­né­ra­tion d’agri­cul­teurs chez les Ther­rien, oeu­vrer dans le sec­teur et faire preuve de per­sé­vé­rance. « C’est une grande fier­té pour moi. D’ailleurs, j’aime bien l’ai­der en tra­vaillant à l’étable », avoue ce père qui se ver­rait mal vivre en ville.

Ma­non Ther­rien a choi­si d’ap­pe­ler son en­tre­prise Ber­ge­rie Étoile d’Or en hom­mage à l’an­cienne ferme de son père, Étoile d’Or. Sur la pho­to, Mar­cel­lin Ther­rien est en com­pa­gnie de sa fille Ma­non et de son gendre, Maxime Ber­nier.

Ma­non Ther­rien et Maxime Ber­nier vendent leur viande à la bou­tique si­tuée près de la ferme, dans des bou­che­ries de la ré­gion et au mar­ché pu­blic de Vic­to­ria­ville.

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