Cinq stra­té­gies pour re­dres­ser sa ferme lai­tière

La Terre de chez nous - - À LA UNE - MAR­TIN MÉNARD mme­[email protected] la­terre.ca

La baisse du prix du lait et les im­pacts at­ten­dus des ac­cords s in­ter­na­tio­naux obligent plus que ja­mais les pro­duc­teurs de lait du Qué­bec à res­ser­rer la ges­tion de leur en­tre­prise. Voi­ci cinq q stra­té­gies pour amé­lio­rer la si­tua­tion fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi­fi fi­nan­cière nan­cière d’une ferme.

Com­prendre ce qui ne fonc­tionne pas.

« Pour gé­rer une ex­ploi­ta­tion, il im­porte d’abord de la connaître et d’avoir des chiffres : com­bien rap­portent réel­le­ment la pro­duc­tion lai­tière, la cul­ture des champs et les ac­ti­vi­tés de dé­nei­ge­ment? Plu­sieurs agri­cul­teurs ne connaissent pas leur en­tre­prise et c’est ce qu’il faut chan­ger », dit Su­san Fleu­ry. Va­lé­rie Gre­nier ren­ché­rit : « Il im­porte d’exa­mi­ner le solde ré­si­duel. S’il est né­ga­tif, le pro­duc­teur doit com­prendre que son ex­ploi­ta­tion s’ap­pau­vrit. Des ren­de­ments trop faibles au champ et à l’étable? Des coûts de pro­duc­tion trop éle­vés? En­suite, quelles sont les causes de cet ap­pau­vris­se­ment?

Re­voir ses fa­çons de faire.

Des pro­blèmes ré­cur­rents de ren­ta­bi­li­té in­diquent que l’en­tre­prise n’a pas la bonne re­cette. « Des pro­duc­teurs croient qu’ils manquent de re­ve­nus et qu’il faut pro­duire plus de lait, mais ils doivent plu­tôt di­mi­nuer leurs dé­penses », men­tionne Ca­ro­line Col­lard. Ma­rie-Claude Bour­gault af­firme que cer­taines ex­ploi­ta­tions doivent chan­ger leur fa­çon de prendre des dé­ci­sions. Par exemple, des fermes ont des taux de ré­forme de 35 à 40 %. « Ils élèvent trop de taures, mais ne cal­culent pas que cha­cune d’entre elles mange six tonnes [d’ali­ments] et coûte 2 500 $ à éle­ver », in­dique Ma­rie-Claude Bour­gault, sou­li­gnant que les vaches payantes sont celles qui de­meurent plu­sieurs an­nées en pro­duc­tion.

Cou­per dans le gras.

« Un pro­duc­teur qui paye 25 000 $ d’as­su­rance vie, c’est trop! Et si le mon­tant des comptes à payer est consi­dé­rable, il vaut aut mieux contrac­ter un prêt que de conti­nuer à payer ayer de 18 à 24 % d’in­té­rêt », cite en exemple Ma­rie-Claude ie-Claude Bour­gault. « Les agri­cul­teurs qui sont trop gen­tils avec leurs four­nis­seurs payent sou­vent ent plus cher. J’en connais un qui de­mande trois prix ix pour tous les achats de plus de 10 000 $ et son pour­cen­tage de dé­penses est très bas », men­tionne Ca­ro­line Col­lard. Va­lé­rie Gre­nier conseille qu’« au lieu de re­gar­der la fac­ture des sup­plé­ments ali­men­taires aug­men­ter, il est pré­fé­rable de don­ner aux vaches plus de four­rages et de meilleure qua­li­té ».

In­ves­tir où ça compte.

Cer­tains in­ves­tis­se­ments sont ex­trê­me­ment ren­tables, d’autres pas. « Un pro­duc­teur achète un trac­trac teur qui va plus vite sur la route pour éco­no­mi­ser du temps, mais il au­rait ga­gné près de deux heures par jour s’il avait plu­tôt in­ves­ti dans l’achat de quatre trayeuses sup­plé­men­taires tout en gros­sis­sant le dia­mètre de son pi­pe­line à lait », ex­pose Ma­rieC­laude Bour­gault Bour­gault. Va­lé­rie Gre­nier confirme que cer­tains agri­cul­teurs perdent beau­coup de temps lors du train en rai­son de la mau­vaise condi­tion de l’équi­pe­ment ou d’une lo­gis­tique peu pro­duc­tive. Elle ajoute que le syn­drome du voi­sin gon­flable est im­por­tant en pro­duc­tion lai­tière. In­ves­tir dans une étable neuve pour so­lu­tion­ner des pro­blèmes de ré­gie n’en­traîne pas né­ces­sai­re­ment un re­tour po­si­tif sur l’in­ves­tis­se­ment.

Mettre son or­gueil de cô­té.

« Les pro­duc­teurs qui ad­mettent être res­pon­sables de leur si­tua­tion et qui ac­ceptent de chan­ger leurs ha­bi­tudes peuvent vrai­ment s’en sor­tir, croit Su­san Fleu­ry. Mais il faut le vou­loir. » L’in­verse est aus­si vrai. « Cer­tains mettent tous leurs pro­blèmes de ren­ta­bi­li­té sur le dos de la baisse du prix du lait, mais je re­grette, ça n’ex­plique qu’une par­tie de la si­tua­tion. L’autre par­tie, ce sont les mau­vaises dé­ci­sions. Il y a des gens qui ont de la dif­fi­cul­té à le re­con­naître et à chan­ger », men­tionne Ca­ro­line Col­lard. La so­lu­tion, se­lon elle, consiste à avoir l’hu­mi­li­té de de­man­der de l’aide à un bon pro­duc­teur ou à un conseiller et de suivre ses re­com­man­da­tions.

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