Le my­co­tou­risme en fo­rêt connaî­tra un boom

La Terre de chez nous - - LA UNE - PIERRE SAINT-YVES Cor­res­pon­dant ré­gio­nal re­dac­[email protected] la­terre.ca Pascale G Ma­len­fant you­tube.com/Ter­re­de­chez­nous

Le tou­risme lié à l’ex­ploi­ta­tion des cham­pi­gnons connaî­tra un es­sor im­por­tant au cours des pro­chaines an­nées au Qué­bec. Tout est donc mis en oeuvre pour at­ti­rer les vi­si­teurs.

L’ex­ploi­ta­tion des pro­duits fo­res­tiers non li­gneux, et par­ti­cu­liè­re­ment des cham­pi­gnons sau­vages, connaî­tra une vé­ri­table ef­fer­ves­cence au Qué­bec au cours des pro­chaines an­nées. Cette pré­dic­tion pro­vient des pro­mo­teurs de la fi­lière dé­diée à leur cueillette, des guides my­co­logues, des en­tre­pre­neurs et des pro­prié­taires fo­res­tiers eux-mêmes. Cer­tains d’entre eux sont ré­cem­ment al­lés voir de près le mo­dèle es­pa­gnol pour faire pro­gres­ser ici le my­co­tou­risme, c’est-à-dire les ac­ti­vi­tés ré­créa­tives re­liées aux cham­pi­gnons sau­vages.

MAU­RI­CIE — De­puis une di­zaine d’an­nées, nom­breuses sont les ini­tia­tives qui ont don­né la pos­si­bi­li­té de me­su­rer tout le po­ten­tiel of­fert par la cueillette des cham­pi­gnons sau­vages en fo­rêt et de je­ter les bases d’une or­ga­ni­sa­tion per­met­tant de l’ex­ploi­ter.

Cer­taines ré­gions sont dé­jà pas­sées à la vi­tesse su­pé­rieure. C’est le cas par exemple dans le Ka­mou­ras­ka qui tien­dra la 5e édi­tion du Fes­ti­val des cham­pi­gnons fo­res­tiers cette an­née, et aus­si en Mau­ri­cie, où l’on pré­pare le 3e Ren­dez-vous de la gas­tro­no­mie fo­res­tière dans plu­sieurs res­tau­rants du ter­ri­toire. À ces ini­tia­tives s’ajoutent les tra­vaux de re­cherche me­nés dans ces ré­gions pour ti­rer le meilleur par­ti de l’ex­ploi­ta­tion des cham­pi­gnons sau­vages.

« Les pro­prié­taires fo­res­tiers ont un rôle im­por­tant à jouer dans le dé­ve­lop­pe­ment du sec­teur », in­dique Patrick Lu­pien, coor­don­na­teur de la Fi­lière my­co­lo­gique de la Mau­ri­cie, un or­ga­nisme créé par le Syn­di­cat des pro­duc­teurs de bois de la Mau­ri­cie dans la fou­lée de la crise fo­res­tière de 2008-2009.

La Fi­lière co­or­donne les dif­fé­rents sec­teurs d’ac­ti­vi­tés in­ter­pel­lés par l’ex­ploi­ta­tion des cham­pi­gnons fo­res­tiers dans des do­maines aus­si va­riés que l’amé­na­ge­ment de la fo­rêt, le tou­risme et la gas­tro­no­mie.

Des re­tom­bées

D’après la Fi­lière, les ac­ti­vi­tés re­liées aux cham­pi­gnons sau­vages gé­nèrent an­nuel­le­ment des re­tom­bées de 1 M$ dans la ré­gion et ont créé une qua­ran­taine d’em­plois. Et l’or­ga­nisme a tou­jours, sur sa table de tra­vail, un pro­jet d’usine de condi­tion­ne­ment des cham­pi­gnons ca­pable de traiter jus­qu’à 200 000 kg par an. En­core faut-il que l’ap­pro­vi­sion­ne­ment soit suf­fi­sant.

Au Bas-Saint-Laurent, on doit re­le­ver le même dé­fi d’as­su­rer un ap­pro­vi­sion­ne­ment constant, ex­plique Pascale G. Ma­len­fant, pro­fes­sion­nelle de re­cherche chez Biop­terre, le centre de trans­fert de tech­no­lo­gie du Ce­gep de La Po­ca­tière qui se consacre au dé­ve­lop­pe­ment de bio­pro­duits avec un in­té­rêt mar­qué pour les cham­pi­gnons fo­res­tiers.

De­puis plu­sieurs an­nées, les cher­cheurs de Biop­terre mènent d’im­por­tants tra­vaux en col­la­bo­ra­tion avec des en­tre­prises et des pro­duc­teurs de la ré­gion du Ka­mou­ras­ka, no­tam­ment sur la culture de cham­pi­gnons sous cou­vert fo­res­tier, dont les ré­sul­tats pour­raient être pro­fi­tables aux pro­prié­taires dé­si­reux d’ex­ploi­ter cette res­source. L’or­ga­ni­sa­tion est ac­ti­ve­ment im­pli­quée dans le dé­ve­lop­pe­ment de toute la fi­lière dans la ré­gion.

C’est aus­si dans toutes les ré­gions que des ré­seaux de cueilleurs pro­fes­sion­nels se mettent en place, que de pe­tites en­tre­prises s’in­ves­tissent dans la trans­for­ma­tion, que des fo­rêts sont amé­na­gées et que des ate­liers de for­ma­tion sont of­ferts au pu­blic. Pour­tant, l’offre de­meure in­suf­fi­sante, sou­ligne Mme Ma­len­fant.

Le mes­sage est donc lan­cé aux pro­prié­taires fo­res­tiers qui sou­hai­te­raient struc­tu­rer leur do­maine pour ex­ploi­ter les cham­pi­gnons sau­vages et même en faire des ac­ti­vi­tés ré­créa­tives. C’est l’éco­no­mie de toutes les com­mu­nau­tés ru­rales qui en se­rait bé­né­fi­ciaire.

« Les pro­prié­taires fo­res­tiers ont un rôle im­por­tant à jouer dans le dé­ve­lop­pe­ment du sec­teur. » – Patrick Lu­pien, Fi­lière my­co­lo­gique de la Mau­ri­cie

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