Il faut cas­ser les vieilles ha­bi­tudes

La Terre de chez nous - - À LA UNE - Mar­tin Ca­ron est tom­bé cet hi­ver en des­cen­dant de son trac­teur.

L’éleveur lai­tier et 1er vice-pré­sident de l’Union des pro­duc­teurs agri­coles (UPA), Mar­tin Ca­ron, l’a échap­pé belle cet hi­ver en tom­bant sur la glace après avoir des­cen­du d’une ma­nière non adé­quate de son trac­teur. Il a dès lors ap­pris à la dure que les « ha­bi­tudes » font mal.

S’es­ti­mant chan­ceux de ne pas s’être frap­pé la tête, M. Ca­ron conclut que nous de­vons être ca­pables de chan­ger nos fa­çons de faire, sur­tout celles qui peuvent nous coû­ter la vie, et de « mettre en ap­pli­ca­tion les me­sures de pré­ven­tion qu’on connaît, mais qu’on contourne trop sou­vent ».

Son fils, la re­lève de son en­tre­prise, l’a in­vi­té à des­cendre dé­sor­mais de son trac­teur en y fai­sant face avec trois points d’ap­pui et M. Ca­ron s’y est en­ga­gé. Les jeunes, mais aus­si toute l’équipe de tra­vail « peuvent nous chal­len­ger » en ce sens, consi­dère l’éleveur lai­tier, qui est éga­le­ment res­pon­sable des dos­siers de pré­ven­tion à l’UPA.

« L’ha­bi­tude, c’est notre plus gros han­di­cap en ma­tière de sé­cu­ri­té.

Il y a des gestes qu’on a faits tel­le­ment sou­vent [sans] que rien ne soit ja­mais ar­ri­vé. » – Mar­tin Ca­ron, 1er vice-pré­sident de l’UPA

Ré­pé­ter pour chan­ger

À cet égard, il est im­por­tant de faire des rap­pels, sou­tient Fran­çois Gran­ger, ex­pert en pré­ven­tion de la Com­mis­sion des normes, de l’équi­té, de la san­té et de la sé­cu­ri­té du tra­vail (CNESST). « Il faut es­sayer d’éli­mi­ner les au­to­ma­tismes, en­chaî­net-il. C’est ça qui n’est pas tou­jours évident. »

Il n’est ja­mais trop tard pour cas­ser ses mau­vaises ha­bi­tudes, avance aus­si sur une note en­cou­ra­geante la pré­ven­tion­niste Ma­rie-Pierre Le­mire. Se­lon elle, les pro­duc­teurs sont conscients des dan­gers, mais ils les ou­blient ra­pi­de­ment. « Tu ne ré­flé­chis pas avec l’adré­na­line », dé­plore-t-elle en fai­sant ré­fé­rence à l’ac­ci­dent qui a coû­té la vie de son conjoint.

Tous, sans ex­cep­tion, de­vraient se sen­tir concer­nés par la sé­cu­ri­té à la ferme. « Que ce soit ta vie ou celle de ton em­ployé, il n’y en a pas une qui vaut plus que l’autre », conclut-elle.

J.D.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.