Un rêve d’ado­les­cence de­ve­nu réa­li­té

La Terre de chez nous - - MA FAMILLE AGRICOLE - FRÉ­DÉ­RIC MARCOUX Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

« J’étais tan­née de la ville. Je suis tom­bée en amour avec le pay­sage et l’au­then­ti­ci­té des gens en ré­gion. On est bien si­tués et je trouve qu’on a le meilleur des deux mondes. C’est beau tra­vailler dans un vi­gnoble l’été. On a la chance de voir toutes les étapes de pro­duc­tion. C’est ce qu’on aime le plus, mon conjoint et moi », confie Ca­role La­ver­dière.

TINGWICK — Pour de­ve­nir agri­cul­teur, il faut par­fois oser. C’est ce qu’a fait Ca­role pour réa­li­ser son rêve de jeu­nesse. « De­puis l’âge de 15 ans, j’es­pé­rais ha­bi­ter à la cam­pagne. Je me di­sais qu’un jour j’au­rais un grand ter­rain et une plan­ta­tion frui­tière. Mon di­vorce m’a don­né l’oc­ca­sion de réa­li­ser mon rêve », ra­conte celle qui ne se voyait pas re­tour­ner vivre dans la mé­tro­pole.

Elle cher­chait une terre au Centre-duQué­bec, une ré­gion qu’elle connais­sait dé­jà, lors­qu’elle a ren­con­tré Ro­ger Du­lude. Puis­qu’ils sont deux amou­reux du vin, il lui a lan­cé : « Pour­quoi pas la vigne? » En­semble, ils ont donc fon­dé le Vi­gnoble Les Côtes du Ga­vet, en 1999.

Ils étaient tous deux ori­gi­naires de la ré­gion de Mon­tréal et rien ne lais­sait pré­sa­ger qu’ils se lan­ce­raient en agri­cul­ture. Au mo­ment où ils ont dé­ci­dé de faire le grand saut, Mme La­ver­dière tra­vaillait à titre de ges­tion­naire pour Em­ploi-Qué­bec, tan­dis que M. Du­lude oc­cu­pait une fonc­tion si­mi­laire dans un centre d’hé­ber­ge­ment de soins de longue du­rée (CHSLD), à Vic­to­ria­ville.

Par­tis de rien

Cons­ta­tant l’ab­sence de vi­gnobles dans la ré­gion, les pro­duc­teurs ont vi­si­té quelques en­tre­prises pour bé­né­fi­cier de l’ex­per­tise des autres vi­gne­rons de la Belle Pro­vince. En 2000, ils ont plan­té leur pre­mier mil­lier de plants de vigne. « On plan­tait, mais on se plan­tait aus­si des fois au dé­but, iro­nise Ro­ger Du­lude. Il faut ac­cep­ter de faire des er­reurs et ai­mer toutes les étapes pour la réa­li­sa­tion d’un bon vin. » Près de 20 ans plus tard, ils comptent dé­sor­mais 8 000 plants et pro­duisent cinq dif­fé­rents vins.

En 2010, ils ont dé­ci­dé de quit­ter leur em­ploi pour se consa­crer en­tiè­re­ment au vi­gnoble. Après quelques an­nées, ils sont par­ve­nus à joindre les deux bouts grâce à l’en­tre­prise.

Sans re­lève, les deux vi­gne­rons songent éven­tuel­le­ment à vendre leur en­tre­prise s’ils ob­tiennent une offre in­té­res­sante. « On ne sait pas où on va al­ler, mais c’est sûr qu’on ne re­tour­ne­ra pas en ville », conclut M. Du­lude, avant de voir sa conjointe ac­quies­cer en écla­tant de rire.

Ca­role La­ver­dière et Ro­ger Du­lude pré­voient dé­lais­ser le vin pour dé­ve­lop­per deux types de cham­pagnes au cours des pro­chains mois.

Plu­sieurs vins du Vi­gnoble Les Côtes du Ga­vet se sont dé­mar­qués dans dif­fé­rents concours.

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