Choisir l’urée au dé­mar­rage impose des pré­cau­tions

La Terre de chez nous - - LA PAGE CONSEILS - YAN­NICK MÉTHOT, AGRO­NOME Ges­tion­naire de comptes, ré­seau Agro­centre

De­vrait-on évi­ter l’urée comme source d’azote dans les for­mules de dé­mar­reurs gra­nu­laires? Si d’autres sources d’azote peuvent être uti­li­sées, pour­quoi s’ex­po­ser aux risques liés au dé­ga­ge­ment d’am­mo­niac? En condi­tions froides, l’urée doit se trans­for­mer pour être as­si­mi­lable par les cultures. Lors de sa trans­for­ma­tion, il y a for­ma­tion d’am­mo­niac, qui, en trop grande quan­ti­té, peut af­fec­ter le germe et ain­si nuire à l’éta­blis­se­ment des plants. Dans cer­taines si­tua­tions, la po­pu­la­tion s’en trouve consi­dé­ra­ble­ment di­mi­nuée.

Plu­sieurs sources d’azote sont dis­po­nibles sous forme gra­nu­laire. C’est l’am­mo­ni­trate de cal­cium qui est prin­ci­pa­le­ment uti­li­sé pour la for­mu­la­tion des dé­mar­reurs. La rai­son est simple : il est di­rec­te­ment as­si­mi­lable par la plante et ne pré­sente au­cun risque de dé­ga­ge­ment d’am­mo­niac. En re­gar­dant l’image du cycle de l’azote, on re­marque très bien que la pre­mière étape de trans­for­ma­tion de l’urée est son pas­sage sous la forme am­mo­nia­cale, avant d’être oxy­dée vers une forme plus as­si­mi­lable par les vé­gé­taux.

Ain­si, si un agri­cul­teur sou­haite ab­so­lu­ment mettre de l’urée au dé­mar­reur pour épar­gner quelques dol­lars, il doit im­pé­ra­ti­ve­ment prendre cer­taines pré­cau­tions, en consi­dé­rant que cette dé­ci­sion est pu­re­ment éco­no­mique et non agro­no­mique. Tout d’abord, il de­vra s’as­su­rer que les disques du plan­teur po­si­tionnent bien le fer­ti­li­sant à 2 pouces de la se­mence. En tant qu’agro­nome, il m’est ar­ri­vé de voir l’ef­fet d’un mau­vais ajus­te­ment sur un plan­teur où l’un des disques n’était pas ré­glé à la bonne dis­tance, po­si­tion­nant la bande de fer­ti­li­sant à moins d’un pouce de la se­mence. Quelle a été la sur­prise lorsque le maïs a pous­sé? Il man­quait un rang sur toute la su­per­fi­cie de la ferme. En­suite, il est im­por­tant de vé­ri­fier la jus­tesse des taux d’ap­pli­ca­tion, spé­cia­le­ment lors de jour­nées chaudes et hu­mides, car l’urée étant très hy­gro­sco­pique, il pour­rait en ré­sul­ter un mélange de fer­ti­li­sants beau­coup plus hu­mide. L’hu­mi­di­té rend le ma­té­riel plus col­lant, en­tra­vant sa descente et aug­men­tant le risque qu’il colle sur la vis d’en­traî­ne­ment.

La si­tua­tion dif­fère avec les dé­mar­reurs li­quides, par­ti­cu­liè­re­ment les 2 x 2, qui sont po­si­tion­nés deux pouces à cô­té de la se­mence et deux pouces en des­sous. Le choix des sources d’azote li­quide est très li­mi­té et c’est donc la so­lu­tion azo­tée 32 % qui est uti­li­sée. Le pro­blème, c’est que 50 % de l’azote qu’elle ren­ferme est sous forme d’urée. Il faut alors être plus pru­dent et li­mi­ter la dose, sur­tout en sol sa­bleux. Par contre, comme cette source d’azote contient aus­si de l’am­mo­nium et des ni­trates, elle est, du moins en par­tie, plus ra­pi­de­ment as­si­mi­lable par la plante, ce qui en fait une source plus agro­no­mique que de l’urée em­ployée seule au prin­temps.

Dans les deux cas, la règle gé­né­rale est de ne pas dé­pas­ser un ap­port de 30 kg/ha d’azote sous forme d’urée dans la fer­ti­li­sa­tion au dé­mar­reur.

Jouons de pru­dence et évi­tons le plus pos­sible les si­tua­tions à risque!

Le cycle de l’azote dans l’uti­li­sa­tion de l’urée au dé­mar­reur.

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