Les éle­veurs in­sa­tis­faits de la pre­mière vente de quo­tas

La Terre de chez nous - - ACÉRICULTURE VOLAILLES - MY­RIAM LAPLANTE EL HAÏLI mla­[email protected] la­terre.ca @My­riamLa­plan­teE Pierre-Luc Le­blanc

SAINT-HYACINTHE — Les prix ont at­teint des som­mets lors de la pre­mière vente aux enchères de quo­tas de pou­lets le 12 avril der­nier, ce qui a sus­ci­té la grogne des pro­duc­teurs réunis en as­sem­blée gé­né­rale an­nuelle cinq jours plus tard.

Après neuf ans de sus­pen­sion, les éle­veurs de pou­lets at­ten­daient avec im­pa­tience la re­prise des trans­ferts de contin­gents. À la suite de la pre­mière vente, ils ont été dé­çus. « C’est trop cher payé pour du quo­ta de pou­let », a fait va­loir Gys­lain Bro­deur, de la ferme du même nom.

L’en­chère a pro­pul­sé le prix à 1 850 $/m2 en Mon­té­ré­gie et à 1 500 $/m2 en Chau­dière-Ap­pa­laches, pour une quan­ti­té to­tale de 13 468 m2 né­go­ciés, alors qu’en 2017, les Éle­veurs de vo­lailles du Qué­bec (EVQ) avaient es­ti­mé le prix de vente pla­fond à 1 175 $/m2.

Réunis en huis clos pen­dant l’as­sem­blée, les pro­duc­teurs mé­con­tents se sont suc­cé­dé au micro, pro­lon­geant ain­si la ren­contre de plus d’une heure. Par­mi eux, Gé­rard Aes­chli­mann. Sa fille Cé­line a rap­por­té ses pro­pos à La

Terre : « Si on a fer­mé [le sys­tème cen­tra­li­sé il y a neuf ans], c’est à cause du prix. On l’a rou­vert et on a lais­sé al­ler le prix en­core une fois. » Celle qui ai­me­rait re­prendre la ferme fa­mi­liale d’ici quelques an­nées a ajou­té que le prix payé pour le quo­ta re­pré­sen­tait un in­ves­tis­se­ment qui ne pour­ra pas être ren­ta­bi­li­sé avant 40 ans.

Les pro­duc­teurs ont for­mu­lé une de­mande claire à leurs re­pré­sen­tants : ne pas te­nir d’en­cans tant qu’un prix pla­fond n’au­ra pas été éta­bli.

Prix pla­fond

Le prix pla­fond fai­sait par­tie des de­mandes de mo­di­fi­ca­tions ré­gle­men­taires dé­po­sées à la Ré­gie des mar­chés agri­coles et ali­men­taires du Qué­bec.

Dans sa dé­ci­sion ren­due le 6 no­vembre der­nier, l’or­ga­nisme a ju­gé qu’il était pré­fé­rable de lais­ser jouer le marché, « au moins pour les pre­mières ventes », en pré­ci­sant que si la si­tua­tion de­ve­nait pro­blé­ma­tique, les Éle­veurs au­raient des mo­tifs de lui de­man­der de fixer des mé­ca­nismes de cor­rec­tion.

« C’est cer­tain qu’on va tendre nos orien­ta­tions vers un gel de prix de quo­tas ou [du moins, en­tre­prendre] une ré­flexion sur leur va­leur, mais il va falloir le faire ra­pi­de­ment parce que les pro­duc­teurs nous ont rap­pe­lés à l’ordre, a af­fir­mé le pré­sident des EVQ, Pierre-Luc Le­blanc. Je pense que la Ré­gie com­prend […] qu’il faut re­tour­ner à la table à des­sin. »

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