L’em­pa­thie : chaus­ser les bot­tines de l’autre

La Terre de chez nous - - PARLONS-EN... À COEUR OUVERT ! MA FERME, MON MONDE - HÉLEN BOURGOIN, T.E.S. Tra­vailleuse de rang dans le Centre-du-Qué­bec

« J’ai l’im­pres­sion que mon chum ne me com­prend pas. » Tel est le pro­pos de Jeanne, une conjointe de pro­duc­teur lai­tier. « Par­fois, il me tient pour ac­quise et ne me dé­montre au­cune re­con­nais­sance. » Épui­sée par sa si­tua­tion, au­tant à la mai­son qu’à la ferme, la jeune mère se ques­tionne. Elle constate que sa réa­li­té est bien par­ti­cu­lière : ho­raire aty­pique, rou­tine en fonc­tion des ani­maux et vie de fa­mille dif­fé­rente. Il est pos­sible qu’elle se sente dé­mu­nie ou qu’elle soit en co­lère lorsque son conjoint la cri­tique ou ne semble pas sa­tis­fait. Et si l’on es­sayait de chaus­ser les bot­tines de l’autre quelque temps, juste pour voir?

On parle d’em­pa­thie lors­qu’on se met à la place de l’autre ou que l’on prend conscience de ce qu’il vit. C’est en quelque sorte arriver à mieux com­prendre ce que tra­verse notre par­te­naire. Au­tant dans le couple qu’en af­faires, être sen­sible à l’émo­tion de l’autre peut nous ai­der à évi­ter une si­tua­tion re­gret­table. Dans le cas de Jeanne, elle sou­hai­te­rait que son conjoint réa­lise qu’elle est dé­bor­dée entre la mai­son et la ferme, mais qu’elle fait de son mieux, et ce, pour le bien-être de toute la fa­mille.

Dans une en­tre­prise agri­cole, cer­taines cor­vées du quo­ti­dien peuvent être faites plus ra­pi­de­ment ou carrément ou­bliées. On sup­pose que l’autre va les faire ou l’on croit qu’il aime les faire. Mais qui a en­vie de cou­rir après son temps, de gé­rer la crise de ba­con du plus jeune ou de vi­der le fu­mier des parcs à veaux? Ce­pen­dant, il faut le faire. Pen­sez à une tâche « moins in­té­res­sante » à exé­cu­ter. Ima­gi­nez un ins­tant que l’on vous fasse des re­proches, que l’on vous cri­tique constam­ment, ou pire en­core, que l’on vous in­sulte. La sou­pape ris­que­rait de sau­ter. Pour­quoi? Sim­ple­ment parce que si l’on se sent in­com­pris de son par­te­naire et que l’on ac­cu­mule de la frus­tra­tion, on dé­verse notre trop-plein, tôt au tard. Et sur qui le fait-on? Sur la per­sonne que l’on aime le plus : le conjoint ou la conjointe.

Avant d’en arriver là, Jeanne a avan­tage à se ques­tion­ner sur ce qui la dérange réel­le­ment dans les pro­pos ou l’at­ti­tude de son com­pa­gnon. Com­prendre sa propre ré­ac­tion l’ai­de­ra à trou­ver un moyen pour évi­ter les dé­bor­de­ments. Et si elle se met­tait elle-même à la place de son conjoint et qu’elle l’in­vi­tait à faire de même? Les deux en sor­ti­raient ga­gnants. Par exemple, si Jeanne, qui a l’im­pres­sion de ne ja­mais en faire as­sez, ex­pli­quait cal­me­ment à son conjoint com­ment se passent ses jour­nées, il pour­rait mieux réa­li­ser la pres­sion qu’elle a sur ses épaules pour être une bonne ma­man, une bonne conjointe, une bonne agri­cul­trice, etc.

L’em­pa­thie peut fa­ci­li­ter la com­pré­hen­sion de ce que l’autre vit. Par­fois, on a sim­ple­ment be­soin de se sen­tir ap­pré­cié et de re­ce­voir un mer­ci, une at­ten­tion, un pe­tit geste de re­con­nais­sance. L’im­por­tant est de réus­sir à nom­mer son malaise lors­qu’il ap­pa­raît. Ex­pli­quez les choses au fur et à me­sure que vous les res­sen­tez : « Quand tu dis que mon sou­per n’est pas bon, ça me blesse », ou en­core, « Si je ne m’oc­cupe pas du train comme il faut, sou­viens-toi que je le fais pour t’ai­der et que ce n’est pas mon mé­tier ».

On doit se rap­pe­ler que la com­mu­ni­ca­tion per­met d’évi­ter bien des frus­tra­tions. Pour pré­ser­ver une re­la­tion, l’em­pa­thie et l’ou­ver­ture d’es­prit sont des qua­li­tés es­sen­tielles à culti­ver. N’at­ten­dez pas que le verre d’eau soit plein. Soyez à votre écoute, par­lez-en et consul­tez au be­soin.

L’em­pa­thie peut fa­ci­li­ter la com­pré­hen­sion de ce que l’autre vit. Par­fois, on a sim­ple­ment be­soin de se sen­tir ap­pré­cié et de re­ce­voir un mer­ci, une at­ten­tion, un pe­tit geste de re­con­nais­sance. Sou­met­tez votre té­moi­gnage en toute confi­den­tia­li­té : [email protected]­terre.ca ou 1 877 679-7809 555, bou­le­vard Ro­land-Ther­rien, bu­reau 100 Lon­gueuil (Qué­bec) J4H 3Y9

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