Bien­tôt, des serres plus pro­duc­tives et moins éner­gi­vores

La Terre de chez nous - - DE L'ÉCOLE À LA TERRE - NA­THA­LIE KINNARD Agence Science Presse

Dans une serre du cam­pus Mac­do­nald, Mark Lef­srud et ses étu­diants sont à la re­cherche de la meilleure re­cette de lu­mière pour faire pous­ser des lé­gumes et des fruits. « Il est en ef­fet pos­sible d’amé­lio­rer la pro­duc­tion en serre en agen­çant les bonnes lon­gueurs d’onde », ex­plique le cher­cheur, qui rêve du jour où l’on pour­ra aus­si pro­duire des pêches en serre.

D’ici là, M. Lef­srud doit jon­gler avec les couleurs de lu­mière et leur uti­li­té. La lu­mière rouge, par exemple, fa­vo­rise une meilleure pho­to­syn­thèse et la pro­duc­tion de cer­taines hor­mones, alors que la bleue sti­mule l’échange d’oxy­gène par les feuilles ain­si que la flo­rai­son. Les to­mates raf­folent d’ailleurs des rayons bleus.

Ac­tuel­le­ment, il est très dif­fi­cile de contrô­ler les lon­gueurs d’onde des lampes uti­li­sées dans la ma­jo­ri­té des serres. C’est entre autres le cas pour celles à dé­charge à haute in­ten­si­té (DHI). Cet éclairage élec­trique dé­gage beau­coup de cha­leur, ce qui peut brû­ler le feuillage des plantes.

À la re­cherche d’une solution de re­change, M. Lef­srud s’est tour­né vers les diodes élec­tro­lu­mi­nes­centes (DEL). Celles-ci gé­nèrent une lu­mière d’un spectre très étroit, qui cor­res­pond à une seule cou­leur de la lu­mière. Il est donc pos­sible de com­bi­ner plu­sieurs couleurs de DEL pour créer un éclairage per­for­mant. De plus, comme elles ne dé­gagent que très peu de cha­leur, elles peuvent être pla­cées très près de la plante, au-des­sus et même en des­sous.

« Les DEL sont ex­cel­lentes pour les lé­gumes à feuilles, si­gnale le cher­cheur. On peut aug­men­ter de deux fois leur taux de crois­sance en contrô­lant les lon­gueurs d’onde des am­poules uti­li­sées et la tem­pé­ra­ture de la serre sans consom­mer plus d’éner­gie qu’avec les lampes ac­tuelles. »

Pour com­prendre les ef­fets des dif­fé­rentes couleurs de lu­mière et leurs com­bi­nai­sons le cher­cheur et son équipe testent di­vers types de DEL sur de la lai­tue, des to­mates et des pé­tu­nias. Ils tentent de ci­bler les for­mules les plus ef­fi­caces pour la crois­sance des plants, mais aimeraient aus­si di­mi­nuer l’in­ten­si­té de l’éclairage pour que les serres soient moins éner­gi­vores.

De la di­ver­si­té à l’an­née

Il y a 40 ou 45 ans, on ne pro­dui­sait que des to­mates et de la lai­tue dans les serres. Au­jourd’hui, grâce aux tra­vaux pour amé­lio­rer l’éclairage, mais aus­si l’ap­port en nu­tri­ments, on y cultive des concombres, des poi­vrons, des fraises et plus en­core. « La culture en serre per­met aux Qué­bé­cois d’avoir des fruits et des lé­gumes frais locaux pen­dant l’hi­ver, à un prix plus in­té­res­sant que ce­lui des pro­duits im­por­tés. »

Par exemple, la lai­tue, le chou frisé et les épi­nards ne prennent que deux se­maines à pous­ser en serre; ils sont ré­col­tés et li­vrés dans les res­tau­rants en moins de 24 heures.

Mark Lef­srud, cher­cheur en gé­nie des bio­res­sources, rêve du jour où l’on pour­ra pro­duire des pêches dans les serres du Qué­bec

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