L'ar­gent ne vient pas

La Terre de chez nous - - LA UNE - JU­LIE MERCIER ju­mer­[email protected]­terre.ca @ju­mer­cierTCN

Près d’un an après la si­gna­ture du Par­te­na­riat ca­na­dien pour l’agri­cul­ture (PCA), l’ar­gent ren­du dis­po­nible aux pro­vinces par Ot­ta­wa tarde à por­ter fruit. Ain­si, les dé­lais ac­cu­mu­lés tout au long du pro­ces­sus de de­mande de fi­nan­ce­ment ir­ritent des or­ga­nismes re­qué­rants.

Le 1er avril 2018, Ot­ta­wa a an­non­cé en grande pompe le lan­ce­ment du PCA, com­por­tant une en­ve­loppe de 3 G$ sur cinq ans. Au­tre­fois connu comme le Cadre stra­té­gique pour l’agri­cul­ture (CSA), le Par­te­na­riat fi­nance no­tam­ment le Pro­gramme de dé­ve­lop­pe­ment sec­to­riel et In­nov’Ac­tion agroalimentaire, deux ou­tils fi­nan­ciers of­ferts aux or­ga­ni­sa­tions de pro­duc­teurs et aux centres d’ex­per­tise de la pro­vince.

Sous le cou­vert de l’anonymat, plu­sieurs or­ga­nismes contac­tés par La Terre ont fait état de dé­lais « ri­di­cules » et « fa­ra­mi­neux » de même que de pro­cé­dures com­plexes pour tou­cher les fonds fé­dé­raux. Pour cer­tains, 10 mois se sont écou­lés entre la si­gna­ture du Par­te­na­riat et la ré­cep­tion des ré­ponses à leurs de­mandes de fi­nan­ce­ment.

La ges­tion de ces en­ve­loppes par le mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture, des Pê­che­ries et de l’Ali­men­ta­tion du Québec (MAPAQ) est poin­tée du doigt. « Ça semble être un pro­blème de pro­cé­dures in­ef­fi­caces. Il y a tel­le­ment d’étapes de va­li­da­tion et de contre-va­li­da­tion, a dé­non­cé un in­ter­ve­nant. Tout le monde tape du pied. Les dé­lais sont un frein pour l’in­no­va­tion et la sur­vie des or­ga­ni­sa­tions. » Plu­sieurs ont men­tion­né des dé­lais tou­jours im­por­tants, sans égard à la com­plexi­té des pro­jets sou­mis.

Pour cer­tains centres de re­cherche et de trans­fert tech­no­lo­gique, cette at­tente a com­pli­qué la pla­ni­fi­ca­tion du tra­vail et le main­tien des res­sources. « On ne peut pas mettre la switch à off . On a une équipe à faire vivre et on tra­vaille avec du vi­vant », a in­di­qué un char­gé de pro­jet, avant de pré­ci­ser que « le su­jet s’avère dé­li­cat. On ne peut pas mordre la main qui nous nour­rit », a-t-il lais­sé tom­ber.

Le di­ri­geant d’un centre a confié « ne pas avoir la mèche as­sez longue » pour s’at­ta­quer à cer­taines de­mandes de fi­nan­ce­ment au­près du mi­nis­tère. « Les con­sé­quences sur le dé­ve­lop­pe­ment d’ou­tils pour les pro­duc­teurs sont énormes. Nous sommes un peu tas­sés par la bu­reau­cra­tie », s’est-il dé­so­lé.

MAPAQ

De son côté, le MAPAQ ex­plique que le vo­lume de de­mandes re­çues pour ces nou­veaux pro­grammes a été im­por­tant de­puis leur lan­ce­ment l’été der­nier, soit près de 250. De plus, le re­cru­te­ment et la par­ti­ci­pa­tion d’ex­perts in­dé­pen­dants pour l’éva­lua­tion des pro­jets de re­cherche et de dé­ve­lop­pe­ment ex­pé­ri­men­tal re­pré­sentent un dé­fi de taille. « Le pro­ces­sus pour ana­ly­ser les de­mandes se doit d’être ri­gou­reux et équi­table. Le mi­nis­tère in­forme la clien­tèle des dé­lais en­tou­rant l’oc­troi d’aide fi­nan­cière », a pré­ci­sé le porte-pa­role Yo­han Dal­laire-Boily.

Se­lon le MAPAQ, un pro­ces­sus d’amé­lio­ra­tion conti­nue est en place pour ac­croître l’ef­fi­cience du trai­te­ment des de­mandes. De plus, les dé­lais moyens de trai­te­ment peuvent être très va­riables, al­lant de 30 jours pour les pro­jets les plus simples à 6 mois pour ceux qui concernent la re­cherche appliquée et le dé­ve­lop­pe­ment ex­pé­ri­men­tal, af­firme le mi­nis­tère.

En 2018, des or­ga­ni­sa­tions n’au­ront rien tou­ché en fonds gou­ver­ne­men­taux à cause des dé­lais de trai­te­ment de leurs de­mandes.

Que pen­sez-vous des dé­lais de ver­se­ment des en­ve­loppes fé­dé­rales ? [email protected]­terre.ca

Dans cer­tains sec­teurs agri­coles, la re­cherche a fait du sur­place en 2018, faute de fi­nan­ce­ment.

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