Ode à la bouette

La Terre de chez nous - - MA PASSION AGRICOLE / JEUX / SUDOKU - CH­RIS­TEL GROULX Agri­mom.ca, le blogue si­gné par des agri­cul­trices

NDLR – Afin de pré­ser­ver l’au­then­ti­ci­té du style des blo­gueuses et à la de­mande de celles-ci, les textes dif­fu­sés sur le blogue Agri­mom.ca sont pu­bliés ici dans leur ver­sion ori­gi­nale.

Voi­là, j’ai at­ti­ré votre attention! Un texte d’une Agri­mom sur la bouette. C’est quoi cette af­faire-là? Je vous pré­viens : je ne vous par­le­rai pas d’un bon bain de boue ou de masques d’ar­gile, mais bien de la bouette dans son sens le moins noble. Vous sa­vez, cette sub­stance ter­reuse qui sou­ligne la fin de la ré­colte et nous amène tran­quille­ment vers le repos hi­ver­nal et qui re­vient après ce­lui-ci.

Ça y est, même si chez nous l’hi­ver n’a pas en­core cé­dé tous ses droits, la bouette est dé­jà de re­tour. Je sais que c’est un pas­sage obli­gé, un genre de ri­tuel avant les beaux jours secs, mais cette pé­riode est dure sur mon mo­ral. Tout est sale, tout est lourd. J’ha­bite une terre d’ar­gile, alors ça colle aux bottes et on cale. J’ima­gine qu’il n’y a pas que chez moi que les en­fants vont jouer dans la bouette. Comble de mal­heur, une botte reste tou­jours pri­son­nière de cette colle. « Ma­mannnn, je suis prise. Viens m’ai­der! » Oh non! Pas en­core!

Mais il y a pire : la bouette sur le ta­pis de l’en­trée. Ça, ça me fait hal­lu­ci­ner. Pen­dant les six pro­chaines se­maines, je vais devoir prendre mon mal en patience, car une fois cette bouette sé­chée, elle fait de la pous­sière par­tout! Tout un dé­fi de gar­der une mai­son propre dans ces condi­tions. Donc, si vous ve­nez chez moi au cours du mois à ve­nir, soyez in­dul­gent. Je ne gagne ja­mais la ba­taille de la bouette dans mon en­trée, et ce, même si j’ai une cha­ri­table per­sonne (mer­ci, Ni­cole!) qui vient pas­ser l’as­pi­ra­teur tous les ven­dre­dis. Mal­heu­reu­se­ment, le sa­me­di, ça ne pa­raît dé­jà plus.

Mais la bouette prin­ta­nière, c’est aus­si le signe que la neige s’en va, que les beaux jours sont à notre porte, que la na­ture se ré­veille et que les vê­lages s’en viennent. Bref, c’est bon signe. Faut voir le bon côté des choses!

Je sais que c’est un pas­sage obli­gé, un genre de ri­tuel avant les beaux jours secs, mais cette pé­riode est dure sur mon mo­ral. Tout est sale, tout est lourd. J’ha­bite une terre d’ar­gile, alors ça colle aux bottes et on cale.

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