La fé­ro­ci­té du car­ca­jou

La Tribune - - SPORTS - SI­MON RO­BERGE si­mon.ro­[email protected]

SHER­BROOKE — Maxime « le car­ca­jou » Pou­lin com­mence à se faire un nom dans le do­maine des arts martiaux mixtes en Es­trie. L’ath­lète ori­gi­naire de Char­tier­ville vient tout juste de rem­por­ter un com­bat en On­ta­rio ce qui lui confère une 4e vic­toire en cinq duels de­puis ses dé­buts pro­fes­sion­nels. Maxime Pou­lin a vain­cu en no­vembre l’On­ta­rien Pa­trick Con­nors par étran­gle­ment ar­rière lors de la 3e ronde. Con­nors était alors in­vain­cu chez les pro­fes­sion­nels.

Pro­prié­taire d’une cein­ture mar­ron en ju­jit­su bré­si­lien, ce­lui que l’on sur­nomme « le car­ca­jou » est un spé­cia­liste du grap­pling, c’est à dire des tech­niques d’im­mo­bi­li­sa­tion et de sou­mis­sion d’un ad­ver­saire.

Le sur­nom suit d’ailleurs l’ath­lète de 31 ans de­puis plu­sieurs an­nées et fait main­te­nant par­tie in­té­grante du com­bat­tant.

« Quand j’ai com­men­cé le ju­jit­su bré­si­lien, j’étais à Qué­bec et par­fois à l’en­traî­ne­ment les dé­bu­tants pou­vaient choi­sir leur par­te­naire de spar­ring. Chaque fois, les dé­bu­tants me choi­sis­saient parce que j’avais l’air de la per­sonne la moins in­ti­mi­dante. Ça fai­sait rire les en­traî­neurs parce qu’ils sa­vaient à quel point je pou­vais être dur à battre. Ils m’ont sur­nom­mé le car­ca­jou à cause de ça. Ils di­saient que j’avais l’air d’une pe­tite bête, mais que fi­na­le­ment j’étais vrai­ment fé­roce. C’est res­té de­puis le temps. »

Mais ceux qui cherchent un com­bat­tant ar­ro­gant et trans­por­té par la haine qu’il en­tre­tient pour son ad­ver­saire se­ront dé­çus. Pour Maxime Pou­lin, qui s’ex­prime d’une voix très calme, le res­pect prime avant tout dans la pra­tique de son sport.

« Je n’ai ja­mais vrai­ment de haine pour mon ad­ver­saire, ex­plique-t-il. Je veux juste ap­pli­quer les tech­niques le mieux pos­sible. Que je perde ou gagne, il n’y a pas de ran­cune. Il me per­met de voir où j’en suis et à quel point mes tech­niques fonc­tionnent. La même chose pour lui. C’est ça un com­bat pro­fes­sion­nel, tu peux voir les er­reurs que tu as faites à par­tir de la coupe de poids jus­qu’à la fin de la der­nière ronde. » « Par­fois il va y avoir du tra­sh­talk, ad­met Maxime Pou­lin. Mais ça fait vendre des billets et les gens aiment bien ce­la. Il y a des com­bats où on se pique un peu plus. De nos jours quand tu sais que tu vas te battre contre une per­sonne dans trois ou six mois, il n’y a rien qui em­pêche cette per­sonne d’al­ler sur Fa­ce­book et de te dire ce qu’elle veut. Tu lui ré­ponds et par­fois tu construis beau­coup d’an­ti­ci­pa­tion. »

UNE RÈGLE MAI­SON POUR LES COM­MO­TIONS

Maxime Pou­lin est bien conscient des dan­gers liés aux com­mo­tions cé­ré­brales. Il s’est d’ailleurs fait une règle bien per­son­nelle.

« Si je me fais bien tou­ché sur la mâ­choire ou la tête à l’en­traî­ne­ment et que dans la soi­rée plus tard j’ai ne se­rait-ce qu’un pe­tit fond de mal de tête, je prends pra­ti­que­ment 10 jours sans que per­sonne ne touche à ma tête. Je fais su­per at­ten­tion. »

Il es­time aus­si que les arts martiaux mixtes pa­raissent beau­coup plus dan­ge­reux qu’ils ne le sont vrai­ment.

« Il y a beau­coup de corps et à corps et de lutte de sou­mis­sion, ça épuise, et les coups par la suite sont moins forts, sou­ligne-t-il. Si ja­mais tu es en dan­ger ou tu te dé­fends mal, l’ar­bitre ar­rête le com­bat di­rec­te­ment. Tu ne peux pas te re­le­ver et man­ger un autre coup. Le pro­blème c’est que les gens re­gardent le sport et se disent que c’est vrai­ment violent, mais il re­garde juste la soi­rée où tu te bats en bo­bette ser­rée dans une cage et où tu donnes tout ce que tu as. Il va peut-être y avoir du sang et des coups de coude au vi­sage, mais on fait ça juste deux fois par an­née. Au gym, on ne se donne pas de coup de coude dans le vi­sage. On s’en­traîne in­tel­li­gem­ment. »

Maxime Pou­lin de­vrait re­mon­ter dans la cage d’ici quelques mois pour son 6e com­bat pro­fes­sion­nel. Il ex­plore éga­le­ment ses dif­fé­rentes pos­si­bi­li­tés.

« J’ai eu des dis­cus­sions avec Sté­phane [Sté­phane Pa­try, pro­mo­teur de l’or­ga­ni­sa­tion d’arts martiaux mixtes TKO]. On va voir ce qui va ar­ri­ver avec ça », ré­sume Maxime Pou­lin.

— PHOTO SPECTRE MÉ­DIA, JES­SI­CA GAR­NEAU

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