L’es­sence du geste

La Tribune - - CINÉMA - MARC-AN­DRÉ LUS­SIER

MON­TRÉAL — Rien n’est plus dif­fi­cile que de trans­mettre l’es­sence d’un geste ar­tis­tique sur grand écran. La grande réus­site de Ju­lian Sch­na­bel, lui-même ar­tiste-peintre, est d’avoir su évo­quer l’oeuvre et la vie de Vincent Van Gogh de fa­çon sen­so­rielle. Ce fai­sant, son long mé­trage se dé­marque d’em­blée de tous les (nom­breux) autres films por­tant sur le peintre des Tour­ne­sols.

Même si Ju­lian Sch­na­bel (Bas­quiat, Le sca­phandre et le pa­pillon) n’em­prunte pas ici la forme d’un drame bio­gra­phique tra­di­tion­nel, il reste que la vie quo­ti­dienne de l’ar­tiste, dont on évoque les der­nières an­nées à Arles et Auvers-sur-Oise, est quand même il­lus­trée, no­tam­ment grâce à sa re­la­tion avec son frère Théo (Ru­pert Friend), de même que celle — in­tense — qu’il a en­tre­te­nue avec Paul Gau­guin (Os­car Isaac). C’est d’ailleurs grâce au con­seil de ce der­nier que Van Gogh est par­ti s’ins­tal­ler dans le sud de la France, là où la lu­mière am­biante a pro­vo­qué en lui une mon­tée créa­trice ful­gu­rante. En plus de l’ap­proche du ci­néaste,

À la porte de l’éter­ni­té bé­né­fi­cie de

la re­mar­quable com­po­si­tion de Willem Da­foe. Lau­réat du prix d’in­ter­pré­ta­tion à la Mos­tra de Ve­nise, l’ac­teur est cré­dible de bout en bout et ha­bite de fa­çon vi­brante un per­son­nage dont l’exis­tence était en­tiè­re­ment vouée à l’art. À la porte de l’éter­ni­té est à l’af­fiche en ver­sion ori­gi­nale avec sous-titres fran­çais.

— PHOTO ENTRACT FILMS

Willem Da­foe ha­bite de fa­çon vi­brante un Van Gogh dont l’exis­tence était en­tiè­re­ment vouée à l’art, dans À la porte de l’éter­ni­té de Ju­lian Sch­na­bel.

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