Des dra­gons pas tou­jours qua­li­fiés?

La Tribune - - AFFAIRES - GIU­SEPPE VALIANTE

MON­TRÉAL — L’im­por­tante re­struc­tu­ra­tion an­non­cée dans les ma­ga­sins des bi­joux Ca­ro­line Né­ron a sus­ci­té des ques­tions sur le pro­ces­sus de sé­lec­tion de l’émis­sion Dans

l’oeil du dra­gon, dans la­quelle de riches gens d’af­faires s’en­gagent à in­ves­tir dans des en­tre­prises en dé­mar­rage. Les pro­blèmes fi­nan­ciers de Ca­ro­line Né­ron ont pro­vo­qué un coup de ton­nerre dans le do­maine qué­bé­cois du divertissement, cer­tains se de­man­dant com­ment elle avait fait pour se qua­li­fier comme dra­gonne à la po­pu­laire émis­sion de té­lé­réa­li­té pré­sen­tée à Ra­dio-Ca­na­da.

Fran­çois Lam­bert, qui a dé­jà par­ti­ci­pé à l’émis­sion, dé­plore que le dif­fu­seur pu­blic ne de­mande pas à ses ve­dettes de dé­mon­trer qu’ils ont du temps et des li­qui­di­tés à of­frir à leurs par­te­naires po­ten­tiels.

En en­tre­vue, M. Lam­bert a af­fir­mé que, per­son­nel­le­ment, il ne s’était ja­mais fait de­man­der ses chiffres.

D’autres choix de dra­gons ont sus­ci­té la contro­verse. Gil­bert Ro­zon, le fon­da­teur de Juste pour rire, a fait l’ob­jet de plu­sieurs al­lé­ga­tions de na­ture sexuelle et est ac­cu­sé de viol. Pour sa part, Mar­tin-Luc Ar­cham­bault a quit­té l’émis­sion en sep­tembre alors qu’une en­quête du com­mis­saire ca­na­dien à la vie pri­vée ré­vé­lait que son en­tre­prise avait en­freint plu­sieurs ar­ticles de la Loi sur la pro­tec­tion des ren­sei­gne­ments per­son­nels et les do­cu­ments élec­tro­niques.

Fran­çois Lam­bert a co­fon­dé l’en­tre­prise Ahee­va Tech­no­lo­gy, un sys­tème pour des centres d’ap­pels dis­po­nible dans 75 pays. Il dit aus­si avoir des in­ves­tis­se­ments dans dix en­tre­prises.

Se­lon lui, il n’y au­rait fal­lu que peu de re­cherches pour dis­qua­li­fier MM. Ro­zon et Ar­cham­bault. Et il pré­tend que d’autres gens qui l’en­tou­raient à l’émis­sion n’avaient pas non plus sa place.

Il croit que le dif­fu­seur pu­blic de­vrait cher­cher des can­di­dats qui ont de l’ar­gent et qui ont dé­jà ven­du une en­tre­prise.

« En réa­li­té, nous fai­sons de l’ar­gent avec une en­tre­prise quand on la vend », a-t-il ex­pli­qué.

« Je ve­nais juste de vendre mon en­tre­prise quand ils m’ont de­man­dé d’être à l’émis­sion... Je n’étais pas un im­pos­teur, j’avais ma place là. Tu de­viens un dra­gon quand tu as fi­ni ton en­tre­prise et que tu as le temps de t’in­ves­tir et d’ap­pli­quer cette re­cette du suc­cès à d’autres. »

RA­DIO-CA­NA­DA SE DÉ­FEND

Marc Pi­chette, le porte-pa­role de Ra­dio-Ca­na­da, a as­su­ré que le dif­fu­seur et les producteurs « me­naient une éva­lua­tion de base de l’ap­pli­ca­tion, se­lon les in­for­ma­tions don­nées de bonne foi par le dra­gon po­ten­tiel. »

Se­lon le quo­ti­dien La Presse, qui a contac­té huit des en­tre­pre­neurs avec qui Mme Né­ron s’était en­ten­due lors de la der­nière sai­son, la femme d’af­faires n’a pas ver­sé un sou à leur en­tre­prise.

— PHO­TO AR­CHIVES LE SO­LEIL, PA­TRICE LA­ROCHE

« En réa­li­té, nous fai­sons de l’ar­gent avec une en­tre­prise quand on la vend », es­time Fran­çois Lam­bert, un des par­ti­ci­pants à l’émis­sion Dans l’oeil du dra­gon.

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