TIM BRINK GOÛTE LE FRUIT DE L’AT­TENTE

La Tribune - - ARTS MAGAZINE - STEVE BER­GE­RON steve.ber­ge­[email protected]­tri­bune.qc.ca

SHER­BROOKE — La route a été longue, les em­bûches, nom­breuses, mais de­puis le 19 dé­cembre, Tim Brink tient en­fin dans ses mains son pre­mier album so­lo, This Is Ours. Pour le chan­teur et mu­si­cien es­trien, ce­la met un terme à presque cinq ans à dire aux per­sonnes de son en­tou­rage que son pre­mier opus était en route. « Pen­dant tout ce temps, la deuxième ques­tion que les gens me po­saient, quand ils me croi­saient dans la rue, c’était : et puis, est-ce que l’album se­ra prêt bien­tôt? Évi­dem­ment, il n’y avait au­cune mau­vaise in­ten­tion là-de­dans, mais à la longue, j’ai fi­ni par me sen­tir mal et hon­teux que le disque ne soit pas en­core sor­ti et ça n’a pas ai­dé ma voix à gué­rir », ra­conte ce­lui qui a tra­ver­sé une pé­riode d’épui­se­ment après sa par­ti­ci­pa­tion à La voix en 2016.

« Dé­jà à l’époque, mes ca­pa­ci­tés de chant étaient à en­vi­ron 60 pour cent », ajoute-t-il.

Cer­tains se sou­vien­dront peut-être de ce fa­meux soir de juillet 2016 où Tim a as­su­mé la pre­mière par­tie de Ro­bert Char­le­bois à Cook­shi­reEa­ton avant de fi­ler à Sher­brooke pour par­ta­ger la scène du Sher­blues avec Mar­tin Goyette.

« C’est sûr que j’ai eu be­soin de cor­ti­sone ce jour-là! ra­conte-t-il en riant. Sur­tout que ma voix était dé­jà dans un de ses pires états. J’ai don­né beau­coup de spec­tacles après La

voix, trois ou quatre par se­maine, dont plu­sieurs à l’ex­té­rieur de la ré­gion, et j’ai tou­jours gar­dé mon em­ploi de gé­rant de res­tau­rant [au Sha­li­mar] à tra­vers tout ça. C’est après l’été 2016 que j’ai vrai­ment cra­qué. J’ai conti­nué de tra­vailler en res­tau­ra­tion, mais j’ai ar­rê­té les spec­tacles. Di­sons que j’ai ap­pris que je n’avais plus 20 ans mais 40. »

Re­pos, cures d’eau et de jus, en­traî­ne­ment phy­sique, diète sans al­cool et aban­don de la ci­ga­rette l’ont ai­dé à re­trou­ver ses pré­cieuses cordes vo­cales, qu’il es­time à en­vi­ron 85 pour cent de ca­pa­ci­té au­jourd’hui, ce qui était suf­fi­sant pour l’en­re­gis­tre­ment d’un disque. « J’ai trou­vé ça long », avoue ce­lui qui a éga­le­ment fait par­tie du spec­tacle

Foot­loose, pré­sen­té à Mon­tréal en 2017 puis à Qué­bec en 2018 (l’af­faire Gil­bert Ro­zon a plom­bé cette pro­duc­tion de Juste pour rire, qui de­vait se rendre aus­si à Pa­ris et To­ron­to).

DOUX LOUP

Avec This Is Ours, ceux et celles qui connais­saient dé­jà le cô­té rock de Tim Brink, comme à l’époque où il était la voix de Pete Möss, dé­cou­vri­ront une fa­cette plus folk, même un peu coun­try du chan­teur. Mais ce genre de mu­sique a tou­jours fait par­tie de la vie du Sawyer­vil­lois d’ori­gine. Cer­taines des chan­sons ont été écrites par Tim il y a dé­jà dix ans.

« Il y a deux loups en moi, ce­lui qui grogne et ce­lui plus doux, qui ne pou­vait vrai­ment s’ex­pri­mer dans mes autres pro­jets mu­si­caux. C’est ce­lui-là qu’on en­tend en­fin sur cet album. »

Le disque est un amal­game de chan­sons de par­ty et de chan­sons d’amour, ré­sume Tim. « Mais quand je parle d’amour, je ne fais pas juste ré­fé­rence à ma fian­cée, mais aus­si à l’amour que j’éprouve pour ma soeur, pour mes amis, etc. Shei­la’s

Pearls ra­conte la vie d’une mère d’en­fant au­tiste, qui lui donne tout d’elle. Ex­po­nen­tial­ly Beau­ti­ful parle d’abord de la femme for­mi­dable qu’est ma soeur, mais aus­si de la beau­té des liens d’amour, d’ami­tié ou de fa­mille qui durent. J’ai sou­vent des chan­sons comme celle-là qui peuvent être re­çues de deux fa­çons dif­fé­rentes. »

Et ne cher­chez pas le mot cru­ja­li dans un dic­tion­naire an­glais. « C’est un nom fic­tif, que j’ai in­ven­té pour par­ler de mon meilleur ami, JF Le­clerc, de notre ca­pa­ci­té à re­de­ve­nir des en­fants quand on est en­semble. Ça a don­né la chan­son

Cru­ja­li & Pi­geon­hole. » « Le titre de l’album [C’est à nous] fait ré­fé­rence à ce qui se passe entre une per­sonne qui joue et une per­sonne qui écoute. Il faut les deux pour que quelque chose se passe. J’ai du plai­sir à jouer seul, mais ja­mais au­tant que de­vant du monde. Cette sy­ner­gie-là est la meilleure des drogues », dit-il avant d’écla­ter de rire.

Tim a te­nu à pro­duire lui-même son disque. « Je vou­lais vrai­ment gar­der le contrôle sur le pro­jet », ex­plique ce­lui qui se charge aus­si de la dis­tri­bu­tion. L’album est ac­tuel­le­ment en vente au Black Cat Books de Len­nox­ville, aux Caf­fuc­ci­no Jacques-Car­tier et Ma­gog, au Sha­li­mar et chez le dis­quaire Ré­tro­pop de Fleu­ri­mont. Il se­ra éga­le­ment of­fert sur iTunes en fé­vrier.

Le lan­ce­ment de This Is Ours au­ra lieu of­fi­ciel­le­ment le 1er mars au Théâtre Cen­ten­nial. Quant aux spec­tacles, il fau­dra at­tendre l’été pro­chain.

« J’ai un agent qui tra­vaille là-des­sus et même un peu plus loin que le Qué­bec. Mon but, c’est de pou­voir un jour ga­gner ma vie avec la mu­sique. Di­sons que j’ai un bon

fee­ling. »

This Is Ours. — PHO­TO AN­NIE ÉTHIER

La route a été longue, les em­bûches, nom­breuses, mais de­puis le 19 dé­cembre, Tim Brink tient en­fin dans ses mains son pre­mier album so­lo,

TIM BRINK This Is Ours FOLK-ROCK AN­GLO Pro­duc­tions Tim Brink

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.