La FCEI met cartes sur table

La Tribune - - AFFAIRES -

MONT­RÉAL — La Fé­dé­ra­tion ca­na­dienne de l’en­tre­prise in­dé­pen­dante (FCEI) a dé­jà pré­sen­té ses re­ven­di­ca­tions au mi­nistre qué­bé­cois des Fi­nances, Eric Gi­rard, en pré­vi­sion du dé­pôt de son tout pre­mier bud­get. Dans la liste d’épi­ce­rie de l’or­ga­ni­sa­tion, une place de choix est bien sûr ac­cor­dée au manque criant de main-d’oeuvre.

Jointe par La Presse ca­na­dienne, la vice-pré­si­dente prin­ci­pale de la FCEI, Mar­tine Hé­bert, a lais­sé en­tendre que le grand ar­gen­tier de la pro­vince de­vra faire preuve d’ima­gi­na­tion pour s’at­ta­quer à cet épi­neux pro­blème.

À son avis, « il est cer­tain que l’im­mi­gra­tion peut être l’une des so­lu­tions » pour faire face à la pé­nu­rie de per­son­nel.

Ce­pen­dant, se­lon Mme Hé­bert, « ce n’est pas une pa­na­cée » qui per­met­tra de ve­nir à bout de « l’en­jeu éco­no­mique de l’heure ».

Elle a sou­te­nu que le mi­nistre pour­rait éga­le­ment son­ger à « rendre la fis­ca­li­té plus avan­ta­geuse » pour les tra­vailleurs sus­cep­tibles d’ef­fec­tuer des heures sup­plé­men­taires.

« Sou­vent, je vais en­tendre des pa­trons dire que leurs em­ployés se­raient dis­po­sés à en faire », a ra­con­té Mar­tine Hé­bert.

Par contre, ils s’abs­tiennent d’al­ler de l’avant pour une rai­son fort simple.

« Ils s’aper­çoivent qu’ils n’au­raient pas as­sez d’ar­gent dans leurs poches » au bout du compte, a consta­té Mme Hé­bert.

Cette der­nière a pré­ci­sé que ces tra­vailleurs ne sont pas les seuls à avoir cruel­le­ment be­soin de l’at­ten­tion de M. Gi­rard.

Bien des di­ri­geants de pe­tites et moyennes en­tre­prises (PME) sont dans le même ba­teau qu’eux s’il faut en croire Mar­tine Hé­bert.

D’après elle, plu­sieurs d’entre eux en ar­rachent lors­qu’ils veulent pro­cé­der à une au­to­ma­ti­sa­tion de cer­taines de leurs opé­ra­tions pour en­re­gis­trer des gains au cha­pitre de la pro­duc­ti­vi­té.

Mme Hé­bert a re­con­nu qu’ils ne manquent pas né­ces­sai­re­ment de sou­tien fi­nan­cier gou­ver­ne­men­tal pour y ar­ri­ver.

Par contre, « ils n’ont pas tou­jours l’ex­per­tise à l’in­terne pour sa­voir... com­ment ils pour­raient faire ça », a re­mar­qué la vice-pré­si­dente prin­ci­pale de la Fé­dé­ra­tion ca­na­dienne de l’en­tre­prise in­dé­pen­dante.

Cette der­nière a bon es­poir de voir Eric Gi­rard por­ter at­ten­tion aux do­léances qui lui ont ré­cem­ment été sou­mises par son or­ga­ni­sa­tion.

« J’ai dé­jà sen­ti beau­coup d’écoute de sa part. C’est un homme très com­pé­tent. Je pense que les fi­nances du Qué­bec sont entre bonnes mains avec lui », a-telle sou­li­gné, d’un ton op­ti­miste.

Elle a, tou­te­fois, pris le soin d’ajou­ter que M. Gi­rard de­vra jon­gler avec les re­ven­di­ca­tions d’une mul­ti­tude d’or­ga­ni­sa­tions.

Dans ce contexte, « il va donc de­voir ef­fec­tuer des ar­bi­trages », a conclu Mar­tine Hé­bert.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.