Un pro­jet de loi qui ne va pas as­sez loin

La Voix de l'Est - - ACTUALITÉS - PA­TRI­CIA CLOU­TIER pclou­tier@le­so­leil.com

Tout juste dé­po­sé, le pro­jet de loi qui ren­force l’in­dé­pen­dance du Pro­tec­teur de l’élève pour­rait pas­ser à la trappe, car les par­tis d’op­po­si­tion trouvent qu’il ne va pas as­sez loin.

Pour le Par­ti qué­bé­cois, ce pro­jet de loi est « né­ces­saire », mais com­porte des la­cunes. « Je suis très in­quiète de voir que le Pro­tec­teur de l’élève ne s’ap­plique pas aux écoles pri­vées », com­mente la dé­pu­tée Ca­role Poi­rier.

« On di­rait que le mi­nistre a fait le tra­vail à moi­tié. C’est trop peu trop tard », sou­ligne pour sa part Jean-Fran­çois Ro­berge, dé­pu­té de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec (CAQ). La CAQ croit à un Pro­tec­teur de l’élève na­tio­nal, au lieu qu’il y en ait un par com­mis­sion sco­laire.

Le mi­nistre de l’Édu­ca­tion, Sé­bas­tien Proulx, était pour­tant con­fiant mer­cre­di que sa pro­po­si­tion se­rait ac­cep­tée.

Même si les par­tis d’op­po­si­tion n’ont pas l’in­ten­tion de faire d’obs­truc­tion, le gou­ver­ne­ment li­bé­ral ne peut plus uti­li­ser sa seule ma­jo­ri­té pour faire adop­ter de nou­veaux pro­jets de loi. Pour les trois se­maines de tra­vaux par­le­men­taires qui res­tent d’ici les élec­tions, il doit ob­te­nir l’ac­cord de tous les par­tis d’op­po­si­tion.

CHAQUE COM­MIS­SION SCO­LAIRE

Ce pro­jet de loi pré­voit que c’est le mi­nistre de l’Édu­ca­tion qui nomme un Pro­tec­teur de l’élève dans chaque com­mis­sion sco­laire. M. Proulx fe­rait « table rase » de ceux qui sont en place à l’heure ac­tuelle et qui ont été nom­més par les com­mis­sions sco­laires, afin de les rem­pla­cer par des per­sonnes plus in­dé­pen­dantes.

Si un plai­gnant est in­sa­tis­fait de la ré­ponse ob­te­nue, il pour­ra s’adres­ser au Pro­tec­teur du ci­toyen, qui re­lève de l’As­sem­blée na­tio­nale. Les écoles pri­vées de­vraient quant à elles se do­ter d’une pro­cé­dure for­melle d’exa­men des plaintes.

Co­rinne Payne, pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion des co­mi­tés de pa­rents (FCPQ), im­plore les dé­pu­tés de mettre la par­ti­sa­ne­rie de cô­té afin de s’en­tendre ra­pi­de­ment. « S’il vous plaît, ne lais­sez pas ça traî­ner. »

Se­lon elle, le pro­jet de loi dé­po­sé par le mi­nistre Proulx re­pré­sente « un pas énorme » pour les en­fants et est at­ten­du de­puis plus de 5 ans par la FCPQ.

À l’heure ac­tuelle, plu­sieurs pa­rents dont les en­fants sont in­ti­mi­dés ou n’ont pas de ser­vices adé­quats se dé­cou­ragent et pré­fèrent chan­ger leur en­fant d’école ou lui faire l’école à la mai­son, parce qu’ils ne voient pas d’autre so­lu­tion.

La Fé­dé­ra­tion des com­mis­sions sco­laires s’ins­crit en faux et trouve que le pro­jet de loi va trop loin en alour­dis­sant tout ce qui en­toure le Pro­tec­teur de l’élève. Se­lon elle, de plus pe­tits chan­ge­ments au­raient per­mis d’as­su­rer son in­dé­pen­dance.

P⋆OTO LA PRESSE CA­NA­DIENNE —

Le mi­nistre de l’Édu­ca­tion, Sé­bas­tien Proulx, était pour­tant con­fiant mer­cre­di que sa pro­po­si­tion se­rait ac­cep­tée.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.