L’ef­fet We­ber, oui, ça existe

La Voix de l'Est - - SPORTS - RI­CHARD LAB­BÉ

On dit sou­vent qu’un joueur ne peut à lui seul trans­for­mer une équipe, mais dans le cas du Ca­na­dien et de Shea We­ber, cette croyance ne tient pas du tout.

Parce que la réa­li­té, c’est que le Ca­na­dien a bien meilleure mine quand son dé­fen­seur de 33 ans est dans la for­ma­tion et non dans les gra­dins.

De­puis l’ac­qui­si­tion très mé­dia­ti­sée du vé­té­ran des Pre­da­tors de Na­sh­ville en 2016 en re­tour de vous sa­vez qui, Shea We­ber a eu un tel im­pact sur les per­for­mances du Ca­na­dien qu’il ne se­rait pas exa­gé­ré d’es­ti­mer qu’il y a bel et bien un « ef­fet We­ber » dans le camp mont­réa­lais.

À ce cha­pitre, la pre­mière sta­tis­tique qui saute aux yeux, c’est celle-ci : 59-39-11. Il s’agit de la fiche du Ca­na­dien quand We­ber est dans la for­ma­tion de­puis son ar­ri­vée avec le club. Quand il n’est pas là, cette fiche bas­cule vers le bas, à 31-37-16. Comme si c’étaient deux équipes dif­fé­rentes.

Et puis, plus ré­cem­ment, et plus pré­ci­sé­ment de­puis son re­tour au jeu le 27 no­vembre, à la suite d’une bles­sure au ge­nou, We­ber a aus­si trans­for­mé l’équipe au ta­bleau des tirs, un as­pect du jeu dont l’im­por­tance ne sau­rait être né­gli­gée.

Ain­si, lors des cinq matchs de­puis son re­tour, le Ca­na­dien a ob­te­nu 40 tirs ou plus vers le fi­let en­ne­mi. À l’op­po­sé, le Ca­na­dien a ac­cor­dé à ses ad­ver­saires 30 tirs ou moins à cha­cune de ces cinq ren­contres. C’est en plein ce qui est ar­ri­vé lors de la vic­toire à Ottawa jeu­di soir, quand le Ca­na­dien a ti­ré 43 fois vers le fi­let des Sé­na­teurs, tout en n’ac­cor­dant que 21 tirs.

PRICE SE PORTE MIEUX

On au­ra com­pris que ce­la a eu, en re­tour, un im­pact sur le tra­vail de Ca­rey Price, et aus­si sur ses chiffres, qui pa­raissent sou­dai­ne­ment beau­coup mieux. Lors des cinq matchs de­puis le re­tour du gros dé­fen­seur au nu­mé­ro 6, Price a ac­cor­dé 11 buts en cinq ren­contres, pour une moyenne plus que res­pec­table de 2,20 buts par match lors de cette pé­riode.

C’est sans doute un peu ce que vou­lait dire Karl Alz­ner en­core ré­cem­ment, quand il a eu tout le temps au monde pour re­gar­der al­ler We­ber lors de sa pé­riode de re­mise en forme, les deux hommes se cô­toyant dans le ves­tiaire du Ca­na­dien.

« Il y a des joueurs dont la seule pré­sence rend tous les autres meilleurs, et c’est comme ça avec Shea [We­ber], avait ex­pli­qué Alz­ner, de­puis ré­tro­gra­dé à La­val dans la Ligue amé­ri­caine. Il peut chan­ger la dy­na­mique d’un match et il peut chan­ger le plan de match de l’autre équipe, entre autres sur les uni­tés spé­ciales. »

« Quand il est à la pointe en avan­tage nu­mé­rique, ça de­vient un quatre contre trois, en gros, parce que l’autre équipe va pla­cer quel­qu’un sur lui. Et puis en désa­van­tage nu­mé­rique, per­sonne ne veut al­ler de­vant le fi­let quand il est là. Sa pré­sence mo­di­fie les plans ad­verses. »

C’est en ef­fet ce qui se passe

— P⋆OTO ARC⋆IVES LA PRESSE

Shea We­ber a eu un tel im­pact sur les per­for­mances du Ca­na­dien qu’il ne se­rait pas exa­gé­ré d’es­ti­mer qu’il y a bel et bien un «ef­fet We­ber» dans le camp mont­réa­lais.

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