Ses deux fils em­por­tés par la ma­la­die

Ré­ap­prendre à vivre, le nou­veau dé­fi de Chan­tal Royer

La Voix de l'Est - - LA UNE - KA­RINE BLAN­CHARD ka­rine.blan­[email protected]­voix­de­lest.ca

FARN­HAM — Chan­tal Royer doit ré­ap­prendre à vivre. Un jour à la fois. At­teints de la dys­tro­phie mus­cu­laire de Du­chenne, ses fils Danny et Maxime Lus­sier, dont elle a pris soin jour et nuit toute leur vie, sont ré­cem­ment dé­cé­dés.

La ma­man de huit en­fants est cette femme de Farn­ham qui a fait des pieds et des mains pen­dant des an­nées pour être re­con­nue ai­dante na­tu­relle. Jour et nuit, elle pre­nait soin de ses deux fils qui étaient confi­nés à un fau­teuil rou­lant en rai­son de leur ma­la­die et qu’elle avait dé­ci­dé de gar­der à la mai­son, re­fu­sant ca­té­go­ri­que­ment qu’ils soient hé­ber­gés dans un CHSLD. « J’en ai dé­pla­cé des mon­tagnes », confie-t-elle.

Pen­dant des an­nées, elle leur a pro­di­gué les soins que re­qué­rait leur état de san­té : prise de mé­di­ca­tion, chan­ge­ment de pan­se­ments, dé­pla­ce­ments et ali­men­ta­tion ne sont que quelques exemples. « Il n’y a rien que je n’ai pas fait. J’ai été leur phar­ma­cienne, leur er­go­thé­ra­peute, leur se­cré­taire, leur cui­si­nière, dit-elle. C’était de l’amour in­con­di­tion­nel. »

À l’âge de 31 ans, Danny est dé­cé­dé le 12 oc­tobre der­nier. Quelques mois plus tard, le 4 jan­vier, c’est son frère ca­det Maxime, âgé de 29 ans, qui a été em­por­té par la ma­la­die. « On ne pou­vait rien faire contre la ma­la­die », ex­plique la mère de fa­mille.

Les deux frères ont tou­te­fois fait men­tir les pro­nos­tics qui es­ti­maient leur es­pé­rance de vie à la jeune ving­taine. « Les gars sa­vaient qu’ils vi­vaient sur du temps em­prun­té », af­firme Mme Royer, qui a été pré­sente aux cô­tés de ses fils jus­qu’à leur der­nier souffle. « C’était mon dé­sir d’être là, de les ac­com­pa­gner. »

La ma­man et ses deux gar­çons étaient très sou­dés. Leur dé­part en­traîne un grand vide dans le quo­ti­dien de la femme. « Il faut que je ré­ap­prenne à vivre. Ma vie était pour les gars. Ils avaient une bonne ma­man qui pre­nait soin d’eux », confie-t-elle, ajou­tant qu’elle che­mine « un jour à la fois ».

Chan­tal Royer ra­conte qu’elle a beau­coup de som­meil à ré­cu­pé­rer après ces « mon­tagnes russes » des der­nières an­nées.

CAM­PAGNE DE FI­NAN­CE­MENT

La mère en­deuillée a sou­vent or­ga­ni­sé des ac­ti­vi­tés pour sub­ve­nir aux be­soins de ses fils. Elle s’est aus­si im­pli­quée, à titre de chan­teuse, dans dif­fé­rents spec­ta­cles­bé­né­fices. Cette fois-ci, le meilleur ami de son fils Maxime a dé­ci­dé de lan­cer une cam­pagne de so­cio­fi­nan­ce­ment Fu­né­railles de Maxime Lus­sier sur Fa­ce­book.

L’ar­gent per­met­tra d’ac­quit­ter les frais fu­né­raires pour don­ner un coup de pouce à la mère de fa­mille. « Je suis en dé­fi­cit, dit-elle, et je ne peux pas al­ler tra­vailler tout de suite. »

Mme Royer pour­sui­vra son im­pli­ca­tion dans dif­fé­rentes causes. Elle par­ti­ci­pe­ra à un spec­tacle pré­sen­té à la Mai­son de la culture de Wa­ter­loo le 21 fé­vrier au pro­fit des per­sonnes au­tistes.

— P⋆OTO ARC⋆IVES LA VOIX DE L’EST

Chan­tal Royer, pho­to­gra­phiée en com­pa­gnie de ses fils il y a quelques an­nées dans le cadre d’un ar­ticle pu­blié dans La Voix de l’Est

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