Pas d’éva­lua­tion psy­chia­trique pour Fran­cis Yer­geau

La Voix de l'Est - - ACTUALITÉS - PAS­CAL FAU­CHER pas­cal.fau­[email protected]­voix­de­lest.ca

SAINT-HYA­CINTHE — Dé­cla­ré cou­pable d’un double meurtre com­mis à Ac­ton Vale en 2015, Fran­cis Yer­geau ne se­ra pas éva­lué en psy­chia­trie afin de dé­ter­mi­ner sa sen­tence.

Le juge de la Cour su­pé­rieure Daniel Royer a pris cette dé­ci­sion, ven­dre­di, au pa­lais de jus­tice de Saint-Hya­cinthe.

La Cou­ronne, re­pré­sen­tée par Me San­dra Bi­lo­deau, sou­hai­tait que l’homme de 39 ans soit éva­lué afin de cer­ner « son ca­rac­tère, sa dan­ge­ro­si­té et voir s’il souffre d’un trouble de la per­son­na­li­té ».

Ce à quoi s’op­po­sait la dé­fense, pas convain­cue qu’une telle or­don­nance est lé­gale. Le juge s’est ran­gé à cet avis, ajou­tant qu’« on a dé­jà une preuve étof­fée du ca­rac­tère de M. Yer­geau et de la na­ture des ac­cu­sa­tions ».

De plus, comme le condam­né nie tou­jours les faits re­pro­chés, « un rap­port confec­tion­né contre son gré se­rait de peu d’utilité », a dit le ma­gis­trat.

PEINES CONSÉ­CU­TIVES

Les ré­sul­tats au­raient ser­vi au mi­nis­tère pu­blic dans sa de­mande d’ap­pli­quer le prin­cipe des peines maxi­males consé­cu­tives pour M. Yer­geau, re­con­nu cou­pable par ju­ry, le 13 dé­cembre der­nier, des meurtres pré­mé­di­tés de Nancy Beaulieu et Mar­tin Bé­lair.

Au­to­ma­ti­que­ment condam­né à pur­ger un mi­ni­mum de 25 ans de pri­son, l’ex-ou­vrier d’une usine de blocs de bé­ton pour­rait ne pas être ad­mis­sible à une li­bé­ra­tion condi­tion­nelle avant 50 ans.

Le dé­bat à ce su­jet pren­dra d’abord une forme écrite. La dé­fense a jus­qu’en mars pour pro­duire son mé­moire et le mi­nis­tère pu­blic, ac­com­pa­gné d’un re­pré­sen­tant de la Procureure gé­né­rale du Qué­bec, y ré­pon­dra par la suite.

Comme de nom­breux avo­cats de la dé­fense au pays, Me Mathieu Ron­deau-Pois­sant conteste le bien-fon­dé des peines maxi­males consé­cu­tives, une me­sure ins­tau­rée par le gou­ver­ne­ment de Ste­phen Har­per en 2011.

« Ça de­vient plus une jus­tice ven­ge­resse qu’une jus­tice de ré­ha­bi­li­ta­tion comme le Ca­na­da a tou­jours ap­pli­quée », a com­men­té l’avo­cat à sa sor­tie de la salle d’au­dience.

Il a ajou­té que contrai­re­ment à une croyance ré­pan­due, rares sont les condam­nés à la pri­son à vie qui sont li­bé­rés après 25 ans. Cette dé­ci­sion re­vient à la Com­mis­sion des li­bé­ra­tions condi­tion­nelles, qui éva­lue leur che­mi­ne­ment.

L’ap­pli­ca­tion de peines maxi­males consé­cu­tives équi­vaut ain­si à « usur­per le rôle de la Com­mis­sion », a dit Me Ron­deau-Pois­sant.

TÉ­MOI­GNAGES

Le juge Royer ne semble pas non plus convain­cu de la lé­gi­ti­mi­té de cette de­mande. « Vous de­vez me convaincre que c’est un cas de consé­cu­tif », a-t-il men­tion­né à l’in­ten­tion de la Cou­ronne.

D’ici à ce que le dé­bat soit tran­ché, les proches des vic­times se­ront ap­pe­lés à té­moi­gner à titre de vic­times col­la­té­rales le 29 avril et le 1er mai pro­chains.

Au terme d’un pro­cès qui a du­ré cinq se­maines, Fran­cis Yer­geau a été trou­vé cou­pable des meurtres au pre­mier de­gré de Mme Beaulieu et de M. Bé­lair, un couple qui gé­rait un bar de dan­seuses nues à Saint-Hya­cinthe.

Le crime par arme à feu au­rait été com­mis à l’aide d’un com­plice al­lé­gué dont le pro­cès doit dé­mar­rer en fé­vrier. Le duo au­rait eu pour but de s’ap­pro­prier le bar en fai­sant croire au co­pro­prié­taire que l’une des vic­times leur de­vait une forte somme d’ar­gent.

Les avo­cats de M. Yer­geau, qui était pré­sent en cour ven­dre­di, avaient an­non­cé leur in­ten­tion d’en ap­pe­ler du ver­dict, mais cette de­mande n’a pas été en­core of­fi­ciel­le­ment faite.

— P⋆OTO ARC⋆IVES LA VOIX DE L’EST

Fran­cis Yer­geau de­vra pa­tien­ter en­core plu­sieurs mois avant de connaître sa sen­tence.

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