DOU­CEURS DE PARME

La Voix de l'Est - - ARTS / WEEK-END - RE­NAUD LORANGER

Parme, c’est en quelque sorte le coeur se­cret, bat­tant et vi­brant du nord de l’Ita­lie, trop sou­vent éclip­sé par la ré­pu­ta­tion de son jam­bon ou de son fro­mage. En re­trait des grandes villes, aus­si ac­ces­sible de Mi­lan, Gênes, Ve­nise ou en­core Bo­logne, l’an­cien du­ché est rem­pli de tré­sors ar­chi­tec­tu­raux, his­to­riques et ar­tis­tiques dont l’at­trait at­teint, voire dé­passe ce­lui de la bonne chère.

AD­MI­RER L’ART DU CORRÈGE

CA­THÉ­DRALE DE PARME

Dé­diée à l’as­somp­tion de la Vierge, la ca­thé­drale de Parme, dis­crè­te­ment sise sur la Piaz­za del Duo­mo, donne à ad­mi­rer un ma­gni­fique exemple d’ar­chi­tec­ture ro­mane. Sa cou­pole ren­ferme une fresque en trompe-l’oeil ex­cep­tion­nelle du peintre An­to­nio da Cor­reg­gio (1489 – 1534), cor­res­pon­dant en tous points à la tech­nique sur­nom­mée di sot­to in sù (« vu d’en bas »), qui pré­fi­gure l’illu­sion­nisme ma­gis­tral du Ba­roque. Si­tué en face de la ca­thé­drale, le bap­tis­tère de Parme compte par­mi les mo­nu­ments mé­dié­vaux les plus im­por­tants d’Eu­rope, et marque la tran­si­tion entre styles ro­man et go­thique. Sa forme oc­to­go­nale et son ex­té­rieur de marbre rose de Vé­rone sont fa­ci­le­ment re­con­nais­sables.

7, Piaz­za Duo­mo

CONTEM­PLER UNE MER­VEILLE DE L’AR­CHI­TEC­TURE BA­ROQUE

SAN­TA MA­RIA DEL­LA STECCATA

Non loin de là, le sanc­tuaire de Sainte-Ma­rie-de-la-Pa­lis­sade contient en sa crypte une cha­pelle mor­tuaire qui abrite les tombes de plu­sieurs ducs Far­nese et Bour­bon, le coeur du duc Charles III... puis, un peu par­tout dans le bâ­ti­ment, une sé­rie d’oeuvres, fresques et dé­co­ra­tions ex­tra­or­di­naires nées du gé­nie d’un autre « fils pro­dige » de la ville, le peintre Fran­ces­co Maz­zo­la, mieux connu sous le nom du pe­tit Par­me­san (Par­mi­gia­ni­no). Re­mar­quable éga­le­ment, l’As­somp­tion de Ber­na­di­no Gat­ti, sous la cou­pole cen­trale, ré­cem­ment res­tau­rée, et dont les bleus sont ex­cep­tion­nels. Le des­sin de la cou­pole, tout comme ce­lui, en forme de croix grecque, de la nef et du choeur, rap­pellent la ba­si­lique Saint-Pierre de Rome.

5, Stra­da Ga­ri­bal­di

DÉ­GUS­TER LE MEILLEUR PROS­CIUT­TO EN VILLE

OSTERIA DEL TEATRO

In­con­tour­nables des in­con­tour­nables, le jam­bon et le fro­mage par­me­san se dé­gustent presque à toute heure du jour et de la nuit, hé­ri­tiers nobles d’une tra­di­tion de fa­bri­ca­tion et d’af­fi­nage près de deux fois mil­lé­naire. Le pro­ces­sus d’éle­vage et de ma­tu­ra­tion des deux den­rées suit des contrôles mul­tiples et stricts. On es­time à près de 9 mil­lions le nombre de jam­bons fa­bri­qués an­nuel­le­ment, dont une bonne par­tie est des­ti­née à l’ex­por­ta­tion. Pour en ap­pré­cier toute la sa­veur à l’une des tables les plus sym­pas en ville, ac­com­pa­gné d’une vaste sé­lec­tion de vins ré­gio­naux, dont l’im­mor­tel et pé­tillant lam­brus­co, l’Osteria del Teatro, à un jet de pierre de l’opé­ra, n’a pas son pa­reil.

Piaz­za San Bar­to­lo­meo

PLON­GER AU COEUR DE LA RE­NAIS­SANCE

PARMESANE GALLERIA NAZIONALE

Inau­gu­rée par les car­di­naux Far­nese dès la basse Re­nais­sance, l’ex­tra­or­di­naire col­lec­tion de l’an­cien du­ché par­me­san a connu son lot de re­bon­dis­se­ments au fil d’une his­toire sé­cu­laire. Par­ta­gée un temps entre les pro­prié­tés des Far­nese à Rome et Ca­pra­ro­la, puis trans­fé­rée à Naples, avant de se voir ré­qui­si­tion­née par Na­po­léon sous le pro­tec­to­rat fran­çais (1803 – 1814) puis in­té­gra­le­ment trans­fé­rée à Pa­ris, ce n’est qu’à par­tir de 1816, sous l’égide de Ma­rieLouise d’Au­triche, qu’elle prit sa forme et sur­tout son siège ac­tuels, au Pa­laz­zo del­la Pi­lot­ta. Sou­cieuse de pré­ser­ver le pa­tri­moine par­me­san, la du­chesse (et der­nière femme de Na­po­léon) conti­nua d’ac­qué­rir de nom­breuses oeuvres ap­par­te­nant à la no­blesse lo­cale jus­qu’à sa mort en 1847.

5, Piaz­za del­la Pi­lo­ta

MAR­CHER SUR LES TRACES DE GIU­SEPPE VER­DI

BUSSETTO ET EN­VI­RONS

Le plus cé­lèbre com­po­si­teur d’opé­ra de l’his­toire a vu le jour et a gran­di à quelques ki­lo­mètres de Parme, entre Le Ron­cole et Bus­se­to, avant de s’éta­blir dans une vil­la (la Vil­la Ver­di) à Sant’Aga­ta, où il ré­si­da jus­qu’à la fin de sa vie. Entre le théâtre qui porte son nom, sa mai­son na­tale, classée mo­nu­ment na­tio­nal, le Pa­laz­zo Or­lan­di, où il vé­cut adulte, et le mu­sée de la Ca­sa Ba­rez­zi, dont la col­lec­tion com­prend nombre de por­traits ori­gi­naux, lettres ma­nus­crites et autres ob­jets ayant ap­par­te­nu à Ver­di, la vi­site de Bus­se­to et des en­vi­rons vaut lar­ge­ment le dé­tour. Il faut pré­voir une qua­ran­taine de mi­nutes de voi­ture pour re­lier le centre de­puis Parme.

DÉ­COU­VRIR L’UN DES PLUS BEAUX THÉÂTRES AU MONDE

TEATRO FAR­NESE

Ache­vé en 1618, le Teatro Far­nese est sim­ple­ment l’un des plus beaux théâtres au monde avec son des­sin d’ins­pi­ra­tion an­tique. Il réunit à la fois des élé­ments de styles io­nique ou co­rin­thien et sa struc­ture, en­tiè­re­ment réa­li­sée en bois d’épi­céa du Frioul, est cen­sée imi­ter le marbre. L’ar­chi­tecte Aleot­ti a pris pour mo­dèle deux autres théâtres ita­liens cé­lèbres, le Teatro Olim­pi­co de Vi­cence (si­gné Pal­la­dio) et le théâtre an­tique de Sab­bio­ne­ta, ins­pi­ra­tion re­mar­quable, no­tam­ment dans l’agen­ce­ment des co­lonnes et la dis­po­si­tion des sculp­tures et pein­tures qui en­cerclent le par­terre. Fait d’im­por­tance dans l’his­toire de la re­pré­sen­ta­tion scé­nique, le Far­nese est ré­pu­té être le pre­mier do­té d’un arc d’avants­cène per­ma­nent.

15, Piaz­zale del­la Pi­lot­ta

COMMONS — P⋆OTO PALICKAP, TI­RÉE DE WIKIMEDIA

Le mu­sée Parmesane Galleria Nazionale, si­tué à l’in­té­rieur du Pa­laz­zo del­la Pi­lot­ta, ex­pose des oeuvres de la Re­nais­sance.

— P⋆OTO TI­RÉE DU SITE WEB OSTERIA DEL TEATRO

Le res­tau­rant Osteria del Teatro est l’une des bonnes tables de la ville.

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