Re­trou­vailles pleines de sou­ve­nirs

La Voix de l'Est - - SPORTS - CYN­THIA LAFLAMME cyn­[email protected]­voix­de­lest.ca

C’était l’heure des re­trou­vailles pour d’an­ciens joueurs des Inouk du bas­ket­ball ce week-end. Tou­jours aus­si pas­sion­nés, d’an­ciens étu­diants du Cégep de Gran­by de tous les âges ont dri­blé du­rant les matchs ami­caux et com­pé­ti­tifs jus­qu’en soi­rée di­manche.

Plu­sieurs gé­né­ra­tions étaient réunies sur un même ter­rain de jeu. C’était le cas de Da­niel Du­mou­lin, qui fai­sait par­tie de l’équipe ayant rem­por­té le cham­pion­nat pro­vin­cial de bas­ket­ball col­lé­gial il y a trente ans. Un ex­ploit qui ne s’est pas ré­pé­té de­puis.

M. Du­mou­lin te­nait à être du tour­noi re­trou­vailles cette an­née pour fê­ter ses cin­quante ans, qui cor­res­pondent par le plus pur des ha­sards avec le cin­quan­tième an­ni­ver­saire des sports du Cégep de Gran­by. Pour en pro­fi­ter plei­ne­ment, il a par­ti­ci­pé aux vo­lets par­ti­ci­pa­tif et com­pé­ti­tif, ce qui lui a as­su­ré de jouer très sou­vent du­rant le week-end. Un vrai pas­sion­né.

Le Gran­byen se sou­vient en­core du cham­pion­nat pro­vin­cial. Les Inouk avaient af­fron­té le Cégep de Bois-de-Bou­logne, dans la ligue de Mont­réal. Leurs ad­ver­saires avaient d’ailleurs [l’ani­ma­teur] Charles La­for­tune dans leurs rangs, pré­cise M. Du­mou­lin.

« On avait même des fans de Gran­by qui nous avaient sui­vis au cham­pion­nat à Vic­to­ria­ville. C’est dur se rendre là. Une dé­faite et tu es sor­ti du tour­noi. Puis, la pres­sion est haute. Mais je me sou­viens des dis­cus­sions qu’on avait sur le ter­rain pour se cal­mer. »

La der­nière chose que l’en­traî­neur, un an­glo­phone, avait faite pour pré­pa­rer son équipe était de les exer­cer à cou­per le fi­let du pa­nier, une tra­di­tion pour les vain­queurs. « Il nous a mon­tré com­ment faire. Chaque joueur avait à cou­per une maille. C’était par­ti­cu­lier. Après la fi­nale, le coach était sur le bord du ter­rain et nous a dit en an­glais qu’il y avait une der­nière chose à faire. Et il a sor­ti une paire de ci­seaux de ses poches. »

La trace du fa­meux fi­let a été per­due. L’ar­té­fact avait été gar­dé par ce­lui qui a été di­rec­teur des sports au cégep pen­dant 31 ans, Gilles For­tin, dé­cé­dé l’an der­nier.

Après son pas­sage aux Inouk, Da­niel Du­mou­lin a conti­nué à jouer et a même en­dos­sé le rôle d’en­traî­neur. Il a no­tam­ment été coach pour son an­cienne for­ma­tion pen­dant deux ans. Ce sport lui a per­mis de dé­ve­lop­per sa dis­ci­pline et de de­ve­nir un lea­der « parce que si tu joues seul, tu n’iras pas loin. »

RÉUS­SIR DANS SES COURS ET SUR LE TER­RAIN

Le pro­gramme des Inouk im­po­sait aus­si aux joueurs d’être sé­rieux dans leurs études. Il a d’ailleurs sau­vé bien des jeunes de l’échec. Cette fa­çon de faire a cer­tai­ne­ment ai­dé Ja­sen Arès-StOnge à réus­sir ses cours.

« L’école a été une dif­fi­cul­té pour moi et dans le sport-études, t’as pas le choix, il faut que tu aies une moyenne de 70 % dans tous tes cours pour pou­voir jouer. » Il a fi­ni par de­voir quit­ter l’équipe, mais il s’agis­sait d’une mo­ti­va­tion hors du com­mun. Le jeune homme a fait par­tie des Inouk de 2011 à 2013.

Après sa tech­nique en ar­chi­tec­ture, il a heu­reu­se­ment pu se joindre à une équipe de ca­té­go­rie sé­nior lors­qu’il a com­men­cé un di­plôme d’études pro­fes­sion­nelles.

Il joue entre autres avec LouisP­hi­lippe Car­tier, un autre an­cien des Inouk. Le bas­ket­ball coule dans leurs veines.

« À l’époque, c’était énorme, le bas­ket, confie M. Car­tier, qui a joué avec le club de 1997 à 1999. C’était un groupe d’amis, une belle fa­çon de faire du sport, de com­pé­ti­tion­ner et, vingt ans plus tard, on est en­core amis. » Cer­tains font d’ailleurs par­tie de la même équipe sé­nior que MM. Arès-St-Onge et Car­tier, une équipe as­sez forte qui conjugue les forces de dif­fé­rentes gé­né­ra­tions.

« On avait un noyau de joueurs qui était fort et on a ajou­té la gé­né­ra­tion de Jean-Fran­çois Lau­rin, qui a en­sei­gné à Ja­sen, et en­suite on a ajou­té Ja­sen et d’autres gars de sa gé­né­ra­tion parce que ça nous pre­nait des jambes, ça nous pre­nait des ra­pides », évoque en riant M. Car­tier.

LA PO­PU­LA­RI­TÉ DU BAS­KET

À l’époque de Louis-Phi­lippe Car­tier, le bas­ket­ball était po­pu­laire à Gran­by. Cette dis­ci­pline était la plus connue dans le pro­gramme de sports au Cégep de Gran­by.

« De faire par­tie de ça, c’était un hon­neur et un ob­jec­tif pour tous les kids qui jouaient au bas­ket. On a été chan­ceux d’en faire par­tie. Il y avait un grand bas­sin de joueurs. »

Ja­sen Arès-St-Onge a sui­vi les traces de sa grande soeur Éri­ka, qui évo­luait pour les Inouk bas­ket­ball. Il jouait aus­si au ho­ckey, mais a dû faire un choix qui s’est ar­rê­té sur le bal­lon re­bon­dis­sant.

Il a fait ses pre­miers pas dans ce sport grâce au pro­gramme Re­lève-Inouk.

Le Mi­ni-Inouk et la Re­lève Inouk per­mettent de trans­mettre cette pas­sion aux jeunes dès l’âge pri­maire et de pro­vo­quer un re­gain de po­pu­la­ri­té du sport. Se­lon MM. Car­tier et Arès-St-Onge, de très bons joueurs s’en viennent dans les pro­chaines an­nées. Ils pré­disent une équipe so­lide d’ici un an ou deux qui pour­rait bien, à son tour, cou­per le fi­let du pa­nier.

— P⋆OTO C⋆RISTOP⋆E BOIS­SEAU-DION

Da­niel Du­mou­lin a fait par­tie de la der­nière for­ma­tion des Inouk du bas­ket­ball à avoir rem­por­té le cham­pion­nat ca­na­dien de bas­ket­ball col­lé­gial, il y a trente ans.

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