À la dé­cou­verte des Pre­mières Na­tions

La Voix Pop - - ACTUALITÉS - JUS­TINE GRAVEL jus­tine.gravel@tc.tc

ÉDUCATION. De Saint-Hen­ri à la Baie-James, en pas­sant par le Lac-Si­mon, près d’une cin­quan­taine d’élèves de l’école se­con­daire Saint-Hen­ri ont pu dé­cou­vrir la culture au­toch­tone au cours d’un voyage sco­laire. L’ex­pé­rience leur a per­mis de tis­ser des liens avec des jeunes de leur âge vi­vant en ré­serves afin d’en ap­prendre plus sur leur style de vie et dé­cons­truire les pré­ju­gés sou­vent en­tre­te­nus à leur égard.

« L’ob­jec­tif était de connec­ter avec les Pre­mières Na­tions pour qu’on réa­lise que fi­na­le­ment il n’y a pas de dif­fé­rence entre eux et nous », ex­plique l’étu­diante de 5e se­con­daire, May­ra Caouette.

Avec deux pro­fes­seurs d’his­toire de l’éta­blis­se­ment, Jé­rôme Jo­lin et Vé­ro­nique Le­doux, et l’en­sei­gnante de la classe d’ac­cueil, Sa­ra Sul­man, May­ra a or­ga­ni­sé le voyage au­quel elle par­ti­ci­pait pour une se­conde fois. L’an der­nier, le groupe s’était ren­du dans une ré­serve à proxi­mi­té de Baie-Co­meau.

À bord d’un au­to­bus, ils ont quit­té Mon­tréal pour le Lac-Si­mon le 17 mai. Là-bas, ils ont fait la ren­contre de la com­mu­nau­té ani­sh­nabe. « Nous sommes al­lés dans un ti­pi dans la cour d’un des ré­si­dents. On y a man­gé de la tire d’érable, du do­ré, de l’oie et de l’ori­gi­nal. Des mets ty­piques de là-bas, c’était vrai­ment bon », ra­conte une autre élève, Kia­na Sa­de­ghian.

Par la suite, une par­tie du groupe a par­ti­ci­pé à une ac­ti­vi­té spi­ri­tuelle: la tente de su­da­tion. «Nous étions as­sis en cercle au­tour de pierre chaude qui dé­ga­geait de la va­peur pen­dant que le grand es­prit créa­teur chan­tait », ex­plique Kia­na.

L’autre par­tie de la troupe a plu­tôt par­ti­ci­pé à un ate­lier de créa­tion de cap­teurs de rêve, un ob­jet par­ti­cu­liè­re­ment si­gni­fi­ca­tif pour la com­mu­nau­té.

TIS­SER DES LIENS

Le len­de­main, les élèves ont quit­té pour Was­ka­ga­nish, au sud de la Baie James, où ils sont res­tés deux jours. Ils ont pris le temps d’ap­prendre à connaître leurs hôtes.

«C’était in­té­res­sant de faire des ac­ti­vi­tés, mais le but était aus­si de lais­ser du temps aux jeunes de se par­ler et de créer des liens. Je pense que ça a vrai­ment ai­dé à dé­cons­truire les pré­ju­gés », ex­plique l’en­sei­gnante Vé­ro­nique Le­doux, qui re­çoit sou­vent des com­men­taires né­ga­tifs d’élèves à l’égard des com­mu­nau­tés au­toch­tones.

Cer­tains des élèves s’y sont faits des amis, alors que d’autres ont pu ren­con­trer des membres de leur fa­mille. « J’ai fait la connais­sance de ma cou­sine de 9 ans, sou­ligne May­ra, dont le grand-père ha­bi­tait la Baie James. Ça m’a per­mis de dé­cou­vrir mes ori­gines, c’était vrai­ment co­ol. »

Les élèves ont éga­le­ment été confron­tés à la dure réa­li­té de la vie en ré­serve. « Beau­coup de gens se sont confiés à nous. Ils nous ont ra­con­té leur vie en pen­sion­nat et qu’ils avaient dû quit­ter leur mai­son à l’âge de 5 ans », se re­mé­more une autre étu­diante, Sté­pha­nie Ber­nier-Be­noit.

La pau­vre­té, le manque de res­sources et l’iso­le­ment des com­mu­nau­tés au­toch­tones ont par­ti­cu­liè­re­ment tou­ché les élèves, spé­cia­le­ment dans la ré­serve du Lac-Si­mon, où les gens vivent dans des condi­tions beau­coup plus mo­destes.

(Pho­to : Fa­ce­book)

Les élèves de l’école Saint-Hen­ri ont pu vivre l’ex­pé­rience de la vie en ré­serve.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.