Vic­time d’un po­li­cier, il en­tame une pour­suite de 1,16 M$ contre lui et la Sû­re­té du Qué­bec

L'Action D'Autray - - LA UNE - GE­NE­VIÈVE GEOF­FROY

Le plai­gnant, Alexandre Hé­bert, al­lait re­con­duire sa fille de 11 mois à la gar­de­rie, le 9 dé­cembre 2014, quand l’agent de la Sû­re­té du Qué­bec, Guillaume St-louis, l’a in­ter­cep­té pour les vitres tein­tées de son Acu­ra grise.

L’in­ter­cep­tion a ra­pi­de­ment dé­gé­né­ré (voir autre texte en page 6).

Alexandre Hé­bert af­firme main­te­nant vivre avec des maux de tête fré­quents en rai­son d’un trau­ma­tisme cra­nio­cé­ré­bral lé­ger.

VIE CHAMBOULÉE

« La vie d’alexandre Hé­bert a com­plè­te­ment été chamboulée », peut-on lire dans la pour­suite ci­vile, dont L’ac­tion a ob­te­nu co­pie.

Celle-ci a été dé­po­sée le 8 dé­cembre 2017, soit le même jour où Guillaume St-louis a été dé­cla­ré cou­pable de voies de fait lui ayant cau­sé des lé­sions cor­po­relles pour avoir uti­li­sé une force ex­ces­sive quand il l’a rué de coups et bles­sé avec son bâ­ton té­les­co­pique.

Alexandre Hé­bert al­lègue être tom­bé en dé­pres­sion ma­jeure, puis avoir su­bi un syn­drome post-trau­ma­tique et une perte de jouis­sance de la vie à la suite de l’évè­ne­ment.

Il ré­clame 5 000 $ pour avoir dû as­su­mer des frais d’avo­cats pour se dé­fendre d’ac­cu­sa­tions d’en­trave à un agent de la paix, de me­naces et de voies de fait dé­po­sées contre lui après l’al­ter­ca­tion. Celles-ci ont par la suite été re­ti­rées.

« Sur­tout, il a dû ces­ser à ja­mais d’exer­cer son mé­tier de chau­dron­nier, et il ne pour­ra plus exer­cer au­cun mé­tier aus­si bien ré­mu­né­ré avec de tels avan­tages so­ciaux », est-il écrit dans le do­cu­ment de pour­suite.

La moi­tié de la somme ré­cla­mée à Guillaume St-louis ain­si qu’à la Sû­re­té du Qué­bec, soit 600 000 $, l’est d’ailleurs pour une perte de re­ve­nus ac­tuels et fu­turs.

SA MÈRE ET SA FILLE AUS­SI

La mère d’alexandre Hé­bert, Car­men Cour­noyer, ré­clame, au coeur de la même pour­suite, 115000$ pour avoir su­bi une perte de jouis­sance de la vie et une dé­pres­sion ma­jeure en­traî­nant un ar­rêt de tra­vail. Ces consé­quences, est-il al­lé­gué dans le do­cu­ment de cour, sont le ré­sul­tat di­rect de l’évè­ne­ment su­bi par son fils.

« Elle a dû agir à titre de prin­ci­pal sup­port, tant fi­nan­cier que mo­ral, [pour son fils]», peut-on lire.

Une somme de 10 000 $ est aus­si de­man­dée

JUS­TICE. Un père de fa­mille ayant été ta­bas­sé par un po­li­cier de la Sû­re­té du Qué­bec il y a trois ans à La­no­raie a en­ta­mé une pour­suite ci­vile de 1,16 M$ contre lui et son em­ployeur.

pour la fille d’alexandre Hé­bert. Elle est consi­dé­rée comme une « vic­time par ri­co­chet » ayant su­bi une perte de jouis­sance de la vie à titre de té­moin des évè­ne­ments.

« Le dos­sier pro­cède », nous a af­fir­mé l’avo­cate des plai­gnants, Ma­ryse La­pointe.

Contac­tée par le Jour­nal L’ac­tion, la Sû­re­té du Qué­bec s’est re­fu­sée à tout com­men­taire étant don­né que le dos­sier se trouve ac­tuel­le­ment de­vant les tri­bu­naux.

La Sû­re­té du Qué­bec est dé­fen­due par une avo­cate de la Pro­cu­reure gé­né­rale du Qué­bec.

(Pho­to L’ac­tion – ar­chives)

Alexandre Hé­bert.

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