MÉ­TIER : SOR­CIER

L'actu - - RENCONTRE -

À Khou­jir, sur l’île d’Ol­khon, en Rus­sie, le 11 mars

LES FAITS

Lors de son voyage, notre re­por­ter a ren­con­tré Va­len­tin Khag­daïev, un cha­man. Ce sor­cier gué­ris­seur ef­fec­tue ici une cé­ré­mo­nie pour pro­té­ger le lac Baï­kal des mau­vais es­prits.

IL A DIT

« J’ai gran­di sur les bords du lac Baï­kal. Mon peuple s’ap­pelle les Bou­riates. De­puis des mil­liers d’an­nées, nous vi­vons en Si­bé­rie et en Mon­go­lie de la pêche et de l’éle­vage. Nous avons tou­jours fait ap­pel aux pou­voirs “magiques” des cha­mans. Ces prêtres gué­ris­seurs ont plu­sieurs rôles. Ils com­mu­niquent avec les es­prits des an­cêtres : ils font le lien entre les vi­vants et les morts. Le cha­man est aus­si le gar­dien des tra­di­tions. Je suis moi-même cha­man. Les gens viennent me voir pour qu’il n’y ait pas de tem­pête, pour que leurs fi­lets de pêche ne soient pas vo­lés, pour qu’ils trouvent tou­jours des pois­sons, pour que le bé­tail soit en bonne san­té, pour que la pluie tombe et as­sure de bonnes ré­coltes... J’as­siste éga­le­ment aux nais­sances, aux mariages, aux en­ter­re­ments. Je fais des cé­ré­mo­nies pour que les en­fants soient en bonne san­té et que les gens ne tombent pas ma­lades, par exemple. Cer­taines per­sonnes viennent aus­si me voir car elles pensent qu’on leur a je­té un mau­vais sort. J’es­saie de les ai­der en com­mu­ni­quant avec les es­prits des an­cêtres. Je prie, je chante, je danse et joue du tam­bour… J’offre par­fois des “ca­deaux” aux es­prits, comme des ob­jets et de la nour­ri­ture. Cer­tains cha­mans “voyagent” dans le corps d’un loup, d’un aigle… Pas moi. Mais j’ai beau­coup de connais­sances, no­tam­ment sur les plantes qui gué­rissent. Je parle aus­si sou­vent avec les gens, pour les ai­der à ré­soudre leurs pro­blèmes. Le peuple choi­sit un cha­man. Sou­vent, on l’est de père en fils. Mon grand-père était cha­man, mon père aus­si. J’ai pas­sé mon en­fance avec mon grand-père, j’ai as­sis­té à toutes les cé­ré­mo­nies, il m’a tout ap­pris. Ado­les­cent, j’ai com­men­cé à en­tendre des voix, à avoir des vi­sions étranges. Mais c’est seule­ment à l’âge de 30 ans que j’ai été choi­si comme cha­man par mon peuple. J’ai deux pouces à une main, c’est un signe ! Ce­la prouve que j’ai un don. »

LE SA­VIEZ-VOUS ?

Outre l’Asie, sur quel conti­nent trouve-t-on des cha­mans ?

L’Amé­rique.

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