LEUR PRIO­RI­TÉ:LUT­TER CONTRE L’IGNO­RANCE

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CA­RI­CA­TURES : STOP ?

« Nous, on ne va pas faire de ca­ri­ca­tures re­li­gieuses, an­nonce Aï­da, qui écrit dans le jour­nal du col­lège. Ça crée­rait trop de pro­blèmes. La re­li­gion, c’est presque ta­bou ici. On en parle entre amis, mais ja­mais tous en­semble. » Les ca­ri­ca­tures pu­bliées dans Char­lie Heb­do ont cho­qué les élèves. La une de L’AC­TU no 4577 aus­si. Le des­sin de Bri­dou­lot, qui re­pré­sente l’ heb­do­ma­daire sa­ti­rique et le Co­ran trans­per­cés par la même balle, a fait beau­coup par­ler. « Quand on se moque d’une re­li­gion, on se moque des croyants. La ca­ri­ca­ture de la re­li­gion, c’est bles­sant » , pour­suit Zee­shan. « Ils doivent ar­rê­ter de faire ce genre de des­sins, conseille Had­ji­ra­tou. Si­non, le monde va deve- nir de plus en plus violent. » « On a le droit, mais il y a des ma­nières de le faire, nuance Ot­man. La cri­tique doit être construc­tive. » Nao­mie va dans le même sens : « Le mes­sage qu’il y avait dans les c a r i c a t ure s d u Pro phèt e au­rait pu passer au­tre­ment. Le Pro­phète n’a rien à voir avec les ter­ro­ristes ! » Ma­lik s’em­balle : « Les trois ter­ro­ristes ne sont pas des musulmans. Ils se servent de cette croyance. Ils sont qui pour ven­ger le Pro­phète ? » « Jeu­di 8, la plu­part des élèves “n’étaient pas Char­lie”, ra­conte Bru­no, prof de maths. Nous les avons écou­tés. Cer­tains propos étaient cho­quants, pro­vo­ca­teurs, cer­taines ré­act i o ns é t ai e nt t r è s f e r mes contre les des­sins pu­bliés par Char­lie Heb­do. Nous avons pris le temps d’ex­pli­quer. Par exemple, en di­sant que la loi pro­tège les gens, pas les idées. Et nous re­com­men­ce­rons après les va­cances de fé­vrier. Mais pour pou­voir par­ler, il fal­lait d’abord écou­ter. »

D’OÙ VIENT L’IN­FO ?

Six élèves sur 21 font confiance aux jour­na­listes pour les in­for­mer. Quelques-uns ont des doutes… Et plus de la moit i é n e leur font pas confiance. Dans la classe, per­sonne ne lit de jour­nal. Qua­si­ment tous s’in­forment en re­gar­dant les chaînes d’in­fo en conti­nu… Et sur Fa­ce­book. Mais là en­core, mé­fiance... « Sur les ré­seaux so­ciaux, tout le monde par­tage tout. Au bout d’un mo­ment, on ne sait plus d’où ça vient » , ob­serve Kel­ly, qui des­sine dans le jour­nal du col­lège. Ot­man confirme : « Il y a des in­fos qui tournent, mais par­fois, on ne sait plus où est la réa­li­té. » Ma­ryam, qui tra­vaille au centre de do­cu­men­ta­tion du col­lège, pousse les ados à de­ve­nir « ac­teurs » de leurs re­cherches d’ in­for­ma­tion : « Sur Fa­ce­book, l’in­fo vient à vous. C’est pra­tique, mais on ne sait pas d’où elle vient. Quand on va cher­cher l’in­for­ma­tion, on sait qui la donne, qui la pu­blie. L’in­fo est for­cé­ment plus fiable. » « Même si les jour­na­listes ne disent pas tou­jours la vé­ri­té, c’est mieux d’être in­for­mé que de ne rien sa­voir », note Ot­man. Aï­da ajoute : « Les jour­na­listes, ça fait par­tie du pa­tri­moine ! »

BI­ZARRE, NON ?

« À un mo­ment, on a vu les ré­tro­vi­seurs de la voi­ture qui a ser­vi aux ter­ro­ristes, ra­conte Ma­lik. Sur une pho­to, ils sont blancs, sur l’autre, ils

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