Ce rôle de ti­reur d’élite m’a per­mis d’ap­prendre la pa­tience”

L'actu - - INTERVIEW CINÉ - En­tre­tien réa­li­sé par Frank Rous­seau, à Hol­ly­wood

Se­lon vous, que montre le film Ame­ri­can Sni­per sur l’ac­tion des mi­li­taires amé­ri­cains en Irak ?

Brad­ley Coo­per : Le su­jet du film, c’est la dif­fi­cul­té des sol­dats et des vé­té­rans à re­prendre une vie de fa­mille nor­male, sans trau­ma­tismes. C’est le prix à payer quand on fait le mé­tier de mi­li­taire. Le film s’ar­ti­cule au­tour de cette lo­gique. D’abord, il y a l’en­traî­ne­ment de Ch­ris Kyle, son pa­trio­tisme à fleur de peau. En­suite, on le voit chez lui en train de se ta­per la tête contre les fe­nêtres. Si, avec ce film, un seul vé­té­ran peut se sen­tir un peu plus com­pris par le reste du monde, c’est dé­jà une vic­toire. C’est l’ob­jec­tif du film. Le réa­li­sa­teur, Clint East­wood, a ex­pli­qué clai­re­ment son in­ten­tion dès le dé­but.

D’après vous, qu’est-ce qui a pous­sé ce cow-boy à s’en­ga­ger dans l’ar­mée ?

Ch­ris Kyle avait tou­jours fan­tas­mé une car­rière de cow-boy et de sol­dat. Il est très sin­cère quand il dit, dans la scène du bar, qu’il veut don­ner sa vie pour son pays. Il y croit vrai­ment.

C’est un rôle très phy­sique. Ra­con­tez-nous…

La prio­ri­té ab­so­lue était de prendre du poids. Ch­ris Kyle était un co­losse de muscles. Je ne pou­vais pas avoir un look de de­mi­por­tion. J’aime man­ger et cui­si­ner. Je suis d’ori­gine ita­lo-ir­lan­daise et, chez moi, on mange des trucs bien riches. Mais là, il ne s’agis­sait pas de prendre 2 000 ca­lo­ries par jour mais… 6 000 ! Le plus dif­fi­cile n’a pas été de sou­le­ver des hal­tères ou de cra­pa­hu­ter dans la boue, mais de m’ali­men­ter comme si j’avais un en­ton­noir dans la bouche ! Il a fal­lu du temps pour que mon corps s’adapte et ac­cepte ces 20 ki­los de plus.

Vous vous êtes en­traî­né à ti­rer. Et à quoi d’autre ?

Avant les exer­cices avec les SEAL, en équipe, j’ai su­bi deux mois d’en­traî­ne­ment avec des ti­reurs d’élite, les fa­meux sni­pers. J’ai ap­pris com­ment vi­ser, me pla­cer, choi­sir le poste d’ob­ser­va­tion, me dis­si­mu­ler, éco­no­mi­ser mes mou­ve­ments… Ce­la m’a per­mis d’ap­prendre la pa­tience.

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