UN CY­CLISTE IN­FA­TI­GABLE

SOUS LES ROUES DE LOUIS QUEVILLON

L'Argenteuil - - LA UNE - EVELYNE BERGERON [email protected]

En 12 ans, il a pé­da­lé l’équi­valent de deux fois et de­mi le tour de la Terre.

Cet été, à l’âge de 78 ans, Louis Quevillon a at­teint l’im­pres­sion­nant cu­mu­la­tif de 100 000 km à vé­lo. De­puis 2006, tous les jours où le beau temps le lui per­met, du mois de mai jus­qu’aux pre­miers grands froids d’oc­tobre, il en­fourche son vé­lo et par­court une moyenne de 60 à 70 km sur les routes d’Ar­gen­teuil et des en­vi­rons. Avant sa re­traite en fé­vrier 2006, M. Quevillon tra­vaillait sur la route comme conseiller en ali­men­ta­tion. « Chaque fois que je voyais un gars en bi­cycle sur la route, je me di­sais : ‘un jour je vais en faire’ », a-t-il dé­cla­ré en en­tre­vue avec L’Ar­gen­teuil.

En mai 2006, un tout nou­veau groupe cy­cliste voit le jour à Saint-An­dréd’Ar­gen­teuil. Le dé­but du grand pé­riple de Louis Quevillon coïn­cide avec les dé­buts de Sa­me­diVé­lo. Il em­prunte alors le vé­lo de son fils, qui dor­mait dans le ga­rage, et se joint au groupe.

Il y fait la ren­contre de mor­dus de vé­lo. Ceux-ci par­tagent des conseils quant à l’équi­pe­ment ou aux tech­niques de route. As­sez ra­pi­de­ment, il s’équipe d’un bon vé­lo de route. Il a d’ailleurs te­nu à pré­sen­ter un re­mer­cie­ment spé­cial à Éric Fou­cault qui a « tou­jours été là » pour lui. « Il m’a même dé­jà prê­té une roue du vé­lo de sa femme, parce qu’il n’avait pas le mor­ceau (pour ré­pa­rer la sienne) », a-t-il té­moi­gné. Sa nou­velle pas­sion a de­man­dé plu­sieurs sa­cri­fices, par­ti­cu­liè­re­ment pour son épouse qui le voit par­tir trois à quatre heures presque tous les jours de la belle sai­son. Quoi­qu’au­jourd’hui, « c’est elle qui de­mande : ‘à quelle heure tu pars ?’ », a-t-il rap­por­té, sou­rire en coin.

En juin 2009, Louis Quevillon a eu un im­por­tant ac­ci­dent qui a com­pro­mis une bonne par­tie de sa sai­son cy­cliste. Alors qu’il se ren­dait à vé­lo au ras­sem­ble­ment de Sa­me­diVé­lo, il s’est fait frap­per par un ca­mion sur la route 327, tout juste après avoir pas­sé le via­duc de l’au­to­route 50 à Saint-An­dré-d’Ar­gen­teuil.

« Une chance, il m’a juste frô­lé », a-t-il ra­con­té. Après avoir culbu­té sur plu­sieurs mètres, il s’est tout de même re­trou­vé avec le ti­bia et le pé­ro­né cas­sés, en plus d’une énorme ec­chy­mose sur l’épaule. « Mon ge­nou n’a pas été af­fec­té, ni ma che­ville. J’ai été chan­ceux pour ça. »

Ce­la ne l’a pas em­pê­ché de re­mon­ter en selle après six ou huit se­maines de conva­les­cence. La mal­en­con­treuse aven­ture n’a pas in­fluen­cé ses ha­bi­tudes, si ce n’est que d’éta­blir un même par­cours pour toutes ses sor­ties en so­lo. Ain­si, de­puis ce temps, on peut aper­ce­voir Louis Quevillon sur la Vé­loRoute d’Ar­gen­teuil à BrownsburgChatham, qui est son point de dé­part. Il se rend par la suite jus­qu’à Gren­ville – par­fois il tra­verse le pont vers Haw­kes­bu­ry – avant de re­ve­nir sur ses pas. « Je vais me cher­cher une ba­nane au IGA, j’ar­rête chez Per­ley (dé­pan­neur) prendre mon ca­fé, je ja­casse un peu, et je re­pars. »

Ce qu’il ap­pré­cie par­ti­cu­liè­re­ment lors de ses sor­ties à vé­lo, c’est ob­ser­ver les ani­maux. Les che­vreuils, les tor­tues, les oi­seaux et les cas­tors sont nom­breux sur son par­cours. Une an­née, il a bien failli être vic­time d’un autre ac­ci­dent, qui au­rait été cau­sé cette fois par un cas­tor. « J’ai juste en­ten­du un cra­que­ment », a-t-il ra­con­té. C’était un arbre qui, gru­gé par la bête, tom­bait tout juste à cô­té de lui. « Il m’a juste frô­lé de ses branches. »

Quel est le pro­chain ob­jec­tif de Louis Quevillon ? Sans doute at­teindre les 150 000 km. Mais son plus grand rêve de­meure de tra­ver­ser le Ca­na­da à vé­lo. Un jour peut-être.

Bergeron —pho­to Evelyne

Un des rêves de Louis Quevillon se­rait de tra­ver­ser le Ca­na­da à vé­lo.

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