Fin du club de kayak

Un ar­dent conflit avec la Ville

L'Autre Voix - - SPORTS - ÉMI­LIE PELLETIER re­dac­tion_­que­bec@tc.tc

KAYAK. C’est en rai­son d’une série de mal­en­ten­dus entre la Ville de Beau­pré et le Club-école de kayak que ce der­nier se voit dans l’obli­ga­tion de plier ba­gage, après 52 ans d’opé­ra­tions sur la ri­vière Sainte-anne.

Quand l’ad­mi­nis­tra­tion s’est re­trou­vée au coeur d’un conflit avec le club au prin­temps der­nier, l’as­so­cia­tion au­tre­fois col­la­bo­ra­tive qu’ils en­tre­te­naient a pris fin abrup­te­ment.

siers di­vi­saient les deux par­ties, mais on n’ar­ri­vait pas à trou­ver un ter­rain d’en­tente, mal­gré les pro­po­si­tions ré­pé­tées de la Ville de Beau­pré.

« La pré­sente si­tua­tion en est une qui a des pré­cé­dents de­puis sept ou huit mais, mais sur­tout de­puis la des­truc­tion du pa­villon en 2015, où ils étaient lo­gés, pour faire place à la construc­tion du Centre mul­ti­fonc­tion­nel », ex­plique M. Renaud.

En ef­fet, Anthony Kel­so, prin­ci­pal ad­mi­nis­tra­teur du club cor­ro­bore ces pro­pos, en ajou­tant au pas­sage que le maire sor­tant de Beau­pré, Mi­chel Pa­ré, lui au­rait at­tes­té ver­ba­le­ment son droit de pré­sence pour les an­nées fu­tures, dans le nou­veau pa­villon qui ac­cueille­rait les em­bar­ca­tions, et ce, gra­tui­te­ment. On au­rait pour­tant de­man­dé au pré­sident, Wins­ton Kel­so, et à son fils Anthony de si­gner un contrat pour intégrer le bâ­ti­ment de 8M$, sous pré­texte que c’était le cas pour les autres or­ga­nismes à but non lu­cra­tif, alors qu’il n’en avait ja­mais été ain­si pour le leur.

« UNE EX­PUL­SION OR­CHES­TRÉE »

À la suite d’une com­mune en­tente, un bail de lo­ca­tion du pa­villon avait été si­gné pour une du­rée de six mois, afin d’y ins­tal­ler les em­bar­ca­tions pen­dant la pé­riode es­ti­vale.

«On leur a alors of­fert de leur louer, pour le reste de l’an­née, des conte­neurs pour en­tre­po­ser les équi­pe­ments, sur un ter­rain mu­ni­ci­pal loué », ex­plique le maire, qui man­quait au même mo­ment d’es­pace au Centre des loi­sirs. L’en­droit qui ser­vait au­tre­fois au Club-école de kayak ser­vi­rait dé­sor­mais à l’en­tre­po­sage des souf­fleurs à neige et à l’équi­pe­ment pour des tra­vaux de main­te­nance.

C’est ain­si qu’en fé­vrier 2018, les choses ont com­men­cé à dé­gé­né­rer, les paie­ments men­suels de la part de M. Kel­so se fai­sant sou­vent at­tendre. La Ville sou­tient avoir en­voyé, à maintes re­prises, des lettres d’aver­tis­se­ment, elle qui vou­lait ini­tia­le­ment conser­ver le club à Beau­pré.

Or, aux dires d’anthony Kel­so, les paie­ments des six mois de loyer n’étaient ré­par­tis que sur les mois où le lo­cal était uti­li­sé, et non pas sur l’an­née com­plète. Ré­sul­tat, ce­lui qui ad­mi­nistre un or­ga­nisme à but non lu­cra­tif n’avait pas les fonds suf­fi­sants pour res­ter à jour dans ses paie­ments. Ce­lui qui en­seigne le kayak en eau vive de­puis 1996 pré­sume que tout le scé­na­rio était tra­cé à l’avance pour le chas­ser.

« Je fais tout ça bé­né­vo­le­ment et je charge des prix dé­ri­soires par rap­port aux autres écoles de kayak au Qué­bec, té­moigne-t-il. Je les ai donc aver­tis que je vou­lais éta­ler sur le res­tant de l’an­née et on me l’a re­fu­sé, en m’en­voyant une lettre comme quoi je se­rais ex­pul­sé en plein hi­ver si je ne payais pas. J’ai dû payer de ma poche. »

Pré­ci­sons que la dernière édi­tion de l’évé­ne­ment an­nuel de la Coupe du Qué­bec à Beau­pré n’a pas eu lieu en rai­son du re­doux de jan­vier, qui a dé­truit les ins­tal­la­tions. Le club n’a donc pas pu jouir des re­tom­bées éco­no­miques ha­bi­tuelles qu’il en re­ti­rait.

MIEUX VAUT PRÉ­VE­NIR

Autre point de dis­corde, les as­su­reurs de Beau­pré ont com­men­cé à lui de­man­der d’ob­te­nir les preuves de cer­ti­fi­ca­tions d’ins­truc­teur d’au moins un des man­da­taires et d’as­su­rances du Club-école de kayak.

La si­gna­ture de l’en­tente a été re­pous­sée par le club, qui es­ti­mait cette de­mande non fon­dée. La Ville a alors pris la dé­ci­sion de s’en dis­so­cier, pour ne pas être im­pli­quée par ri­co­chet si un ac­ci­dent sur­ve­nait, sans pour au­tant l’em­pê­cher d’opé­rer.

FROIDE DÉ­CEP­TION

C’est un Anthony Kel­so en­core amer qui s’est en­tre­te­nu avec L’autre Voix peu de temps après ses der­nières dis­cus­sions avec la Ville de Beau­pré. Lors d’une ren­contre avec le con­seil mu­ni­ci­pal, on lui au­rait à nou­veau pro­po­sé l’idée des conte­neurs, offre qu’il a à nou­veau re­fu­sée.

Pour l’ins­tant, un lo­cal de re­mi­sage au­rait été prê­té par un ci­toyen, et ce, jus­qu’au mois d’oc­tobre pour conclure les opé­ra­tions de l’or­ga­nisme. Ce der­nier re­grette de de­voir lais­ser al­ler l’as­pect du club de kayak, qui avait aus­si fait des flam­mèches avec la Ville au­pa­ra­vant, concer­nant le mem­ber­ship à payer pour en faire par­tie et bé­né­fi­cier des ser­vices.

«On re­fu­sait que je charge de l’es­pace pour en­tre­po­ser les ba­teaux, pré­ten­dant que je fai­sais de la sous-lo­ca­tion », se sou­vient M. Kel­so.

Pour ce qui est du vo­let de l’école de kayak, le­quel consiste à don­ner des cours au pu­blic, il compte bien le pour­suivre, du moins pour cet été, alors que l’on pro­cé­de­ra au dé­man­tè­le­ment com­plet du site de com­pé­ti­tion.

«Après je ne sais pas, je vais peut-être tout vendre, voire tout don­ner… », se dé­sole-t-il.

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