L’état du pont de l’île dé­cou­rage-t-il les vi­si­teurs ?

Vi­déo vi­rale

L'Autre Voix - - ACTUALITÉS - ÉMILIE PELLETIER re­dac­tion_­que­bec@tc.tc

TRANS­PORTS. C’est bien connu, l’île d’or­léans est une mine d’or pour les ré­coltes lo­cales. Tan­dis que la saison des fraises bat son plein et que celle des pommes est à nos portes, la ques­tion se pose : les cueilleurs crain­dront-ils de tra­ver­ser le pont qui re­lie l’île à la rive nord de Qué­bec ?

Une vi­déo ré­cem­ment pu­bliée par un in­ter­naute se trou­vant sous la struc­ture et poin­tant du doigt les im­per­fec­tions du pont de l’île d’or­léans a ra­pi­de­ment mis le feu aux poudres. Ré­ac­tions en chaîne, le Mi­nis­tère des Trans­ports du Qué­bec (MTQ) a vite vou­lu ras­su­rer les usa­gers.

Guillaume Pa­ra­dis, porte-pa­role du MTQ, a ju­gé utile de re­mettre les pen­dules à l’heure, pour évi­ter d’alar­mer in­uti­le­ment la po­pu­la­tion. En ef­fet, il as­sure qu’entre 2013 et 2015, des tra­vaux d’en­tre­tien de l’ordre de 6M$ ont été ef­fec­tués sur l’en­semble de la struc­ture vieille de 83 ans, afin de s’as­su­rer d’une pré­ser­va­tion à long terme. D’ailleurs, une ins­pec­tion « doigt sur pièce » vient tout juste d’être réa­li­sée par une firme d’in­gé­nieurs, afin de scru­ter à la loupe l’état de cha­cune des pièces qui com­posent le pont.

« En ce qui concerne les struc­tures, il faut prendre le temps de re­gar­der ce que j’ap­pelle la beau­té in­té­rieure, c’est-à-dire qu’il ne faut pas se fier à l’al­lure gé­né­rale pour ju­ger de sa sé­cu­ri­té. Il faut plu­tôt vé­ri­fier la ca­pa­ci­té de cha­cun des élé­ments à jouer leur rôle et dans ce cas-ci, il de­meure sé­cu­ri­taire », rap­pelle M. Pa­ra­dis. Il ajoute que les études sem­blables sont me­nées en moyenne aux trois ans, mais que dans le cas de ce pont-ci, elles sont plu­tôt réa­li­sées dans un in­ter­valle de deux ans.

UN IM­PACT SUR LE TOU­RISME ?

Les dé­pla­ce­ments sur le pont qui des­sert les quelque 7000 in­su­laires connaissent une forte aug­men­ta­tion pen­dant la pé­riode estivale. An­nuel­le­ment, ce sont plus de 675 000 tou­ristes qui em­pruntent le lien long de 1,7km.

Fran­çois Le­me­lin, re­pré­sen­tant du Mi­nis­tère du Tou­risme, af­firme que rien ne laisse pré­sa­ger que de tels pour­par­lers ont une réelle in­ci­dence sur le choix d’une des­ti­na­tion tou­ris­tique. Pour Bri­gitte Bou­chard, co­or­don­na­trice au bu­reau d’ac­cueil tou­ris­tique de l’île d’or­léans, il n’y a, en ef­fet, pas lieu de se pré­oc­cu­per d’une pos­sible di­mi­nu­tion de l’acha­lan­dage des vi­si­teurs, alors que les don­nées en­re­gis­trées jus­qu’à présent montrent une hausse si­gni­fi­ca­tive par rap­port aux étés pas­sés.

Même constat du cô­té de la MRC, où le pré­fet, Ha­rold Noël in­dique n’avoir « au­cune in­quié­tude » à cet ef­fet. « Il est com­po­sé de plu­sieurs tonnes de bé­ton et d’acier, alors même s’il en manque quelques livres, je ne crois pas que ça puisse af­fec­ter quoi que ce soit », avance ce­lui qui a éga­le­ment ob­ser­vé une «af­fluence monstre» lors d’un ré­cent évé­ne­ment de tirs de trac­teurs, soit 20 % de plus que les édi­tions pré­cé­dentes.

Rap­pe­lons qu’un pro­jet de nou­veau pont à hau­bans es­ti­mé à plus de 100 M$ avait été an­non­cé à la fin de l’an­née 2015 pour rem­pla­cer l’ac­tuel d’ici 2024. Le pro­ces­sus en est ac­tuel­le­ment à l’étape de la pla­ni­fi­ca­tion, où sont exa­mi­nés les plans concep­tuels du lien pour qu’il soit sé­cu­ri­taire et ef­fi­cace et pour ré­duire les im­pacts en­vi­ron­ne­men­taux re­liés à sa construc­tion.

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