Les pro­prié­taires d’ani­maux de­vront user de pa­tience

Pé­nu­rie de main-d’oeuvre

L'Autre Voix - - ACTUALITÉS - ÉMI­LIE PEL­LE­TIER re­dac­tion_­que­bec@tc.tc

EM­PLOI. Après plu­sieurs an­nées d’ef­forts à com­bler le manque de per­son­nel dans le do­maine de la san­té ani­male, la Cli­nique vé­té­ri­naire Côte-de-beau­pré inc. se voit for­cée de ré­duire ses heures d’ou­ver­ture pour une pé­riode in­dé­ter­mi­née.

Dès le dé­but du mois d’août, cette dé­ci­sion, is­sue d’une dis­cus­sion à l’in­terne, a été prise dans le but pre­mier d’évi­ter l’épui­se­ment des em­ployés, tech­ni­ciens et vé­té­ri­naires. Si l’on prend en compte le temps de tra­vail hors consul­ta­tion, les se­maines moyennes des em­ployés avoi­sinent les 45 heures.

« On voit que la fa­tigue com­mence à se faire sen­tir, car bien que les portes ferment à 20h, ce n’est pas rare qu’on parte deux heures plus tard pour com­plé­ter cer­tains dos­siers», pré­cise la gé­rante de l’éta­blis­se­ment, An­nie Gos­se­lin.

UN PRO­BLÈME MULTIFACTORIEL

De Boi­scha­tel à La Mal­baie, des gens ont fait ou­vrir des dos­siers mé­di­caux pour leurs ani­maux à la cli­nique si­tuée sur le bou­le­vard Sainte-anne, à Châ­teau-ri­cher. Force est de consta­ter que cette clien­tèle est en éter­nelle crois­sance et que le ter­ri­toire à des­ser­vir est vite de­ve­nu trop im­por­tant pour le per­son­nel qui y tra­vaille. D’ailleurs, en 10 ans, le nombre de vé­té­ri­naires a dû pas­ser de un à quatre, tan­dis que l’ef­fec­tif de tech­ni­ciens a grim­pé à onze, alors qu’il n’y en avait qu’un, afin de ré­pondre adé­qua­te­ment à la de­mande.

« À l’heure ac­tuelle, je me dois de re­fu­ser des clients qui n’ont pas dé­jà de dos­sier ici, en cli­nique, et de les ré­fé­rer ailleurs», sou­pire Mme Gos­se­lin.

Les cli­niques les plus proches qui se trouvent à l’ouest, à Beau­port, ou en­core à l’est, à Baie-saint-paul vivent elles aus­si la même si­tua­tion de manque. Dans de tels cas, c’est l’hô­pi­tal vé­té­ri­naire Dau­bi­gny, ou­vert en tout temps, qui re­çoit les ur­gences de toutes les cli­niques à Qué­bec. Or, étant une cli­nique ré­seau, la cli­nique de la Côte-de-beau­pré se doit éga­le­ment de four­nir des vé­té­ri­naires afin de sou­la­ger l’hô­pi­tal.

Pour elle, la ré­cente fé­mi­ni­sa­tion des mé­tiers en san­té ani­male n’a pas ai­dé à faire aug­men­ter le nombre d’em­ployés, car on pro­cède au re­trait pré­ven­tif im­mé­diat d’une femme dès qu’une gros­sesse se dé­clare.

PLUS D’ÉCOLES DANS LA RÉ­GION

Mme Gos­se­lin dé­plore sur­tout le manque de res­sources édu­ca­tives dans la ré­gion de Qué­bec. Les ins­ti­tu­tions qui offrent la tech­nique en san­té ani­male se si­tuent entre autres à La Po­ca­tière, à Sher­brooke, à Saint-fé­li­cien et dans la ré­gion de Mon­tréal.

Ain­si, les dif­fi­cul­tés de re­cru­te­ment dans la Vieille-ca­pi­tale se font sen­tir da­van­tage dans le do­maine, étant don­né qu’au­cun fi­nis­sant n’y ter­mine ses études.

« Mon an­nonce est af­fi­chée toute l’an­née et je ne re­çois pra­ti­que­ment au­cune can­di­da­ture, parce que les gens en concluent que la Côte-de-beau­pré c’est trop loin de la ville », ter­mine celle qui fait éga­le­ment af­faire avec l’agence de pla­ce­ment Ve­tré­seau, pour com­bler le calendrier.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.