Le chant, un re­mède li­bé­ra­teur

Le com­bat de Sa­ra-émi­lie Cha­bot contre la ma­la­die

L'Autre Voix - - CULTURE - ÉMI­LIE PEL­LE­TIER re­dac­tion_­que­bec@tc.tc

MUSIQUE. At­teinte de deux ma­la­dies des os de­puis la nais­sance, Sa­ra-émi­lie Cha­bot a tou­jours nour­ri une pas­sion pour le chant. Si bien qu’au­jourd’hui, elle sou­haite faire don de sa pas­sion à ceux qui che­minent aus­si vers la gué­ri­son.

Tou­chée par le Syn­drôme de Lar­sen et l’os­téo­ge­nèse Im­par­faite qui pro­voquent l’ef­fri­te­ment des os et la sur­di­té, la jeune femme de 29 ans qui ré­side dé­sor­mais dans l’ar­ron­dis­se­ment Va­nier a été hos­pi­ta­li­sée à maintes re­prises dès son jeune âge.

Ori­gi­naire de St-tite-des-caps, la fa­mille de la pe­tite Sa­ra-émi­lie a ra­pi­de­ment dû dé­mé­na­ger près des hô­pi­taux de Qué­bec pour sub­ve­nir aux be­soins de la fillette ma­lade. Ses quelques di­zaines de frac­tures, de chi­rur­gie, ses pou­mons ne fonc­tion­nant qu’à 30 % de leur ca­pa­ci­té la for­çaient sou­vent à être lon­gue­ment ali­tée. C’est lors de telles pé­riodes que la chan­son est en­trée dans sa vie.

CHAN­TER POUR SUR­VIVRE

« J’ai gran­di à tra­vers la musique, c’était mon passe-temps », se sou­vient celle qui a ap­pris à maî­tri­ser sa voix elle-même, car les cours de chant s’avé­raient trop exi­geants pour sa ca­pa­ci­té pul­mo­naire ré­duite.

Elle se fe­ra d’ailleurs connaître toute pe­tite alors qu’elle prend part comme chan­teuse aux té­lé­thons d’opé­ra­tion En­fant So­leil.

Évo­luant de­puis neuf ans aux cô­tés des grands Dan Bi­gras, Ma­rie-mai, Mar­tin Des­champs et Flo­rence K de ce monde, elle au­ra même eu le pri­vi­lège de chan­ter en ou­ver­ture du té­lé­thon en 2010, en com­pa­gnie d’une grande dame de la chan­son, Gi­nette Re­no.

Celle qui a in­ter­pré­té l’hymne na­tio­nal en ou­ver­ture du Ro­déo Mont-sainte-anne en juillet der­nier en plus de par­ti­ci­per aux plus ré­centes au­di­tions en vue de la po­pu­laire émis­sion té­lé­vi­sée La Voix, af­firme que sa san­té se porte beau­coup mieux, avec la dé­cou­verte d’un mé­di­ca­ment qui oeuvre à ren­for­cer ses os. Elle oc­cupe un em­ploi d’agente ad­mi­nis­tra­tive à l’hô­pi­tal du CHUL de­puis main­te­nant sept ans. Les dé­fis, c’est ce qui m’aide res­ter de­bout. Cette force de conti­nuer à vou­loir me sur­pas­ser [je la trouve] au tra­vers de tout ce que j’en­tre­prends. »

-Sa­ra-émi­lie Cha­bot

Plus vi­vante que ja­mais, à l’aube de la tren­taine, elle a le dé­sir de réa­li­ser un autre rêve qu’elle ché­rit. C’est l’ar­ri­vée de l’an­née 2018, qui l’a pous­sée à tra­vailler à l’éla­bo­ra­tion d’un pro­jet d’al­bum de Noël en com­pa­gnie de plu­sieurs ar­tistes de re­nom.

Dé­si­gnée am­bas­sa­drice d’opé­ra­tion En­fant So­leil (OES) alors qu’elle était pe­tite, Sa­ra-émi­lie sou­haite en­core à ce jour sen­si­bi­li­ser les do­na­teurs à la cause. Elle sou­haite ain­si re­mettre à Opé­ra­tion En­fant So­leil, sa « deuxième fa­mille », tous les fonds amas­sés par la vente du disque.

« Je veux re­don­ner à OES, car j’ai pu moi-même bé­né­fi­cier d’équi­pe­ments mé­di­caux quand j’étais jeune. Je sais l’im­por­tance que ça a dans une vie et je veux re­don­ner main­te­nant que ma san­té est stable », conti­nue la chan­teuse, qui a dé­jà re­mis plus de 10000$ à la cause par le biais de spec­tacles-bé­né­fices, no­tam­ment.

Or, les coûts re­liés à la pro­duc­tion mu­si­cale sont exor­bi­tants pour qui­conque n’est pas af­fi­lié à une com­pa­gnie de disques. Elle a donc or­ga­ni­sé une cam­pagne de so­cio fi­nan­ce­ment sur la pla­te­forme Go­fundme afin de ré­col­ter les 25000$ né­ces­saires. Au mo­ment de mettre sous presse, 1000 $ avaient été amas­sés. Pour ai­der Sa­rah-émi­lie Cha­bot dans ses dé­marches, écri­vez-lui au al­bum­de­noel@hot­mail.com

Sa­ra-émi­lie té­moigne : « Il faut s’ac­cro­cher à ses rêves, tou­jours gar­der es­poir, être po­si­tif. Trou­ver les pe­tits so­leils qui font une dif­fé­rence dans nos vies et s’ac­cro­cher à ça. »

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