Gé­rald Di­caire, le chef bé­ton de la Ville

Gé­rald Di­caire gère tous les bâ­ti­ments de la Ville de Haw­kes­bu­ry, où il tra­vaille de­puis près de 40 ans, et est tou­jours très loin de la re­traite.

Le Carillon - - La Une - FRÉDÉRIC HOUNTONDJI fre­de­ric.hountondji@eap.on.ca

Gé­rald Di­caire au­ra beau rou­ler sa lé­gen­daire bosse dans tous les cou­loirs de l’hô­tel de ville de Haw­kes­bu­ry pen­dant près de 40 ans, mais le seul conseil que le sur­in­ten­dant des bâ­ti­ments ac­cepte qu’on lui donne est de ne pas prendre sa re­traite.

Re­traite… c’est cer­tai­ne­ment le mot qu’il dé­teste le plus dans le dic­tion­naire. D’ailleurs, il le fuit comme la peste. « J’étais éli­gible pour prendre ma re­traite l’an pas­sé. Je peux prendre ma re­traite quand je veux, mais je ne peux pas, je ne suis pas ca­pable. Je fais quoi? J’ai fait ça toute ma vie. C’est un em­ploi que j’aime. J’ai 59 ans quand même. Je suis prêt pour un autre six ans pour al­ler jus­qu’à 65 ans s’il le faut », jure M. Di­caire.

L’homme a re­çu ré­cem­ment les fé­li­ci­ta­tions du conseil mu­ni­ci­pal qui lui a re­mis un cer­ti­fi­cat pour ses 35 ans de ser­vice. Il a dit que le geste lui al­lait droit au coeur, mais avait te­nu à nous si­gni­fier qu’il était dans les ar­canes de l’hô­tel de ville de­puis près de 40 ans.

« On dit 35 ans, mais je pense que c’est même plus que 39 ans. C’est près de 40 ans parce que les quatre an­nées que j’ai pas­sées au se­con­daire, j’étais mo­ni­teur pour la Ville de Haw­kes­bu­ry pour les loi­sirs », tient-il à pré­ci­ser. Son tra­vail, à l’époque, consis­tait à éla­bo­rer des ac­ti­vi­tés pour les en­fants dans les parcs. Il de­vait les faire jouer, les faire pro­me­ner, bref les occuper.

À la fin de ses études à l’école se­con­daire ré­gio­nale de Haw­kes­bu­ry, il a ob­te­nu le poste d’aide oc­ca­sion­nel. Il ai­dait les opé­ra­teurs, fai­sait de la concier­ge­rie et en­tre­te­nait les parcs. Ger­ry, comme les gens aiment l’ap­pe­ler, a exer­cé ce mé­tier de 1982 à 1994, année où la Ville a dé­ci­dé d’ou­vrir un poste de contre­maître des loi­sirs.

« C’était un poste non syn­di­qué et j’ai dû quit­ter le syn­di­cat pour ren­trer dans un poste-cadre. J’avais un choix à faire qui était de res­ter dans le syn­di­cat ou de prendre la chance et d’al­ler plus loin, de mon­ter plus haut. J’ai pris cette chance et je suis en­core là au­jourd’hui », ra­conte fiè­re­ment le quin­qua­gé­naire.

De contre­maître à sur­in­ten­dant

Vers 2009, ses fonc­tions de ‘’contre­maître des loi­sirs’’ se sont trans­for­mées pour de­ve­nir

Je dois m’as­su­rer que les bâ­ti­ments soient en très bon état, que ce soit du cô­té mé­ca­nique que du cô­té es­thé­tique.

‘’sur­in­ten­dant des bâ­ti­ments’’. Si avant, il ne s’oc­cu­pait que du com­plexe sportif, des parcs et des ter­rains de jeux, avec ses nou­velles at­tri­bu­tions, il était main­te­nant res­pon­sable de tous les bâ­ti­ments ap­par­te­nant à la Ville de Haw­kes­bu­ry.

L’hô­tel de ville, la bi­blio­thèque, le com­plexe sportif, le poste de po­lice, le Club de l’Âge d’Or, les parcs…très peu de bâ­ti­ments mu­ni­ci­paux échappent au contrôle de Ger­ry, qui doit veiller scru­pu­leu­se­ment à leur en­tre­tien. Une lu­mière gâ­tée, des toi­lettes blo­quées, une ven­ti­la­tion dé­faillante, une vitre cas­sée, du pa­pier hy­gié­nique man­quant, n’im­porte quel pro­blème tou­chant les bâ­ti­ments doit trou­ver so­lu­tion au­près de Ger­ry. Il règne en maître sur le bé­ton mu­ni­ci­pal et, il ne se­rait pas exa­gé­ré, de le qua­li­fier de ‘’l’homme bé­ton’’ de la Ville de Haw­kes­bu­ry.

« Je dois m’as­su­rer que les bâ­ti­ments soient en très bon état, que ce soit du cô­té mé­ca­nique que du cô­té es­thé­tique. Je dois voir à ce que tout fonc­tionne pro­pre­ment, que les lieux soient propres, m’as­su­rer qu’on ait un bon fonc­tion­ne­ment, que les ci­toyens, une fois au com­plexe sportif ou à l’hô­tel de ville se disent ‘’waouh, c’est propre!’’ », lance-t-il joyeux. L’em­bel­lis­se­ment de la ville, les es­paces verts et la coupe de ga­zons lui re­viennent aus­si.

Il s’ap­pelle Ger­ry

Pour mettre en exergue l’im­por­tance de son rôle au sein de la mu­ni­ci­pa­li­té, le sur­in­ten­dant adore se dé­si­gner par son sur­nom ‘’Ger­ry’’, qu’il af­fec­tionne et ré­pète à loi­sir. Du­rant l’en­tre­tien de près de 50 mi­nutes que nous avons eu avec lui, il nous l’a rap­pe­lé au moins six fois, preuve qu’il fait beau­coup pour la Ville, mais pas sans l’ap­pui des autres.

Il di­rige en ef­fet une équipe-choc de 15 per­sonnes rom­pues à la tâche. Ce sont des pré­po­sés et ceux qu’il ap­pelle ‘’jour­na­liers gé­né­raux’’. « Par­mi les 15 em­ployés, on a un hor­ti­cul­teur, un pré­po­sé au bâ­ti­ment qui s’oc­cupe de l’hô­tel de ville et la bi­blio­thèque, quatre pré­po­sés au bâ­ti­ment ici au com­plexe qui doivent s’occuper de la main­te­nance, la pa­ti­noire, la salle mul­ti­fonc­tion­nelle, la sur­fa­ceuse, faire la glace et voir la mé­ca­nique », énu­mère M. Di­caire. Il pour­suit la longue liste en di­sant, la voix char­gée d’éner­gie : « En plus de ça, j’ai les Ge­ne­ral La­bor, les jour­na­liers gé­né­raux qui vont faire la ba­lance, la concier­ge­rie, la pro­pre­té. »

Ger­ry a tou­jours fait du ho­ckey. D’ailleurs, il est né à Haw­kes­bu­ry et y a gran­di, derrière le vieil aré­na. Tout un sym­bole pour l’homme de 59 ans qui ne vit que de loi­sirs de­puis son enfance.

—pho­to Fré­dé­ric Houn­tond­ji

Gé­rald Di­caire, sur­in­ten­dant des bâ­ti­ments de la Ville de Haw­kes­bu­ry.

—pho­to Fré­dé­ric Houn­tond­ji

Gé­rald Di­caire a ré­cem­ment été fé­li­ci­té pour ses 35 ans de ser­vice à la Ville de Haw­kes­bu­ry.

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