Coup de com’

Le Délit - - Éditorial - Le Dé­lit ma­haut en­gé­rant et sé­bas­tien ou­din-fi­li­pe­cki

Ven­dre­di der­nier, Jus­tin Tru­deau fou­lait le sol de notre humble Uni­ver­si­té. Ve­nu pour pré­sen­ter l’ouverture d’un centre d’étude d’in­tel­li­gence Ar­ti­fi­cielle, né d’un par­te­na­riat entre Mcgill et Fa­ce­book, il ne put s’em­pê­cher de rendre vi­site à la cen­taine d’étu­diants amas­sés sur la rue Mc­ta­vish. Après quelques sel­fies, grim­pant acro­ba­ti­que­ment sur les marches du Fa­cul­ty Club, il ho­no­ra de quelques sages pa­roles la foule qui la­pa avi­de­ment tous ses beaux mots à tra­vers l’écran de leurs té­lé­phones in­tel­li­gents. Un dis­cours bi­lingue, il nous faut évi­dem­ment le no­ter. Le cam­pus fut en ébul­li­tion. À chaque coin de rues, on par­lait de la ve­nue du pre­mier mi­nistre, dans la queue pour Dis­patch, dans le sous-sol de De­sau­tels, sur la pe­louse du lo­wer field, on s’échan­geait la pho­to d’un tel, la vidéo d’un autre. Il est tou­jours agréable de voir que notre gé­né­ra­tion peut, de temps à autre, vaincre l’apa­thie gé­né­rale, qui sem­ble­rait la ca­rac­té­ri­ser.

Mais la vi­site de Tru­deau ne fut pas la seule opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion qui eut lieu sur le cam­pus cette se­maine. Tous furent aus­si cha­leu­reu­se­ment conviés à dé­cou­vrir les in­no­va­tions de l’ad­mi­nis­tra­tion par rap­port à ses ser­vices de san­té men­tale. Ser­vices dont l’im­pé­ri­tie cé­lèbre fut maintes fois dé­non­cée dans les pages mêmes de ce jour­nal.

Ra­frai­chis­sante, sur­pre­nante, l’ad­mi­nis­tra­tion sem­ble­rait vou­loir amé­lio­rer la com­mu­ni­ca­tion avec les étu­diants et sur ce plan, rien à re­dire, pré­sen­ta- tion mil­li­mé­trée, convo­ca­tion de la presse étu­diante et pe­tit dé­jeu­ner of­fert. Après un an de si­lence et de mé­con­ten­te­ment gé­né­ral, les dif­fé­rentes ini­tia­tives des Ser­vices aux étu­diants semblent té­moi­gner d’une réelle vo­lon­té d’amé­lio­rer le bien-être des étu­diants. Qu’il s’agisse de dou­bler le nombre de mé­de­cins trai­tants du ser­vice de san­té, ou de créer un sys­tème de prêts fi­nan­ciers pour ai­der les étu­diants en si­tua­tion de han­di­caps à payer leurs frais mé­di­caux, on sent un réel ef­fort de la part des ser­vices mc­gil­lois. Bien sûr, cer­taines me­sures font da­van­tage sou­rire par leur sim­pli­ci­té, comme le fait de vou­loir créer une com­mis­sion char­gée de conseiller chaque branche des ser­vices aux étu­diants. Sa­chant qu’il existe dé­jà plus de sept groupes de tra­vail et un co­mi­té per­ma­nent du Sé­nat dé­diés aux ser­vices aux étu­diants, on se de­mande comment une com­mis­sion de plus pour­rait chan­ger la donne.

Ce­pen­dant, que se pas­se­ra-t-il quand les mois où le mo­ral baisse se pro­fi­le­ront à l’ho­ri­zon, que le stress des exa­mens sem­ble­ra in­sur­mon­table et qu’il de­vien­dra dif­fi­cile de se tour­ner vers l’ave­nir? À ce mo­ment-là, il fau­dra es­pé­rer que les so­lu­tions pro­po­sées par l’ad­mi­nis­tra­tion puissent faire preuve d’une cer­taine ef­fi­ca­ci­té. Si­non, nous pour­rons tou­jours nous tour­ner vers d’autres va­leurs sûres, comme des «pro­jec­tions de films» pré­vues pen­dant la Se­maine de Sen­si­bi­li­sa­tion à la San­té Men­tale par le v-p vie étu­diante, nous ex­pli­quait ce der­nier la se­maine pas­sée dans une en­tre­vue au Dé­lit. x

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