À Notre Tour dé­voile son plan d’ac­tion

Des fé­dé­ra­tions étu­diantes veulent mettre fin aux vio­lences sexuelles sur les cam­pus.

Le Délit - - Actualités - Sé­bas­tien Ou­din-fi­li­pe­cki Le Dé­lit

Mer­cre­di der­nier, le col­lec­tif À Notre Tour ( Our Turn en an­glais, ndlr), un or­ga­nisme se pré­sen­tant comme «un mou­ve­ment étu­diant na­tio­nal qui cherche à vaincre la vio­lence sexuelle et a fon­dé plu­sieurs po­li­tiques d’agres­sion sexuelle dans plu­sieurs écoles à tra­vers le pays», or­ga­ni­sait une confé­rence de presse afin de dé­voi­ler leur nou­velle stra­té­gie pour com­battre la vio­lence sexuelle sur les cam­pus uni­ver­si­taires.

Une ini­tia­tive na­tio­nale

Ras­sem­blée dans la salle Lev Bu­kh­man du pa­villon Shat­ner, une di­zaine d’étu­diant·e·s avait dé­ci­dé d’as­sis­ter à la réunion. Au­tour de la table étaient pré­sentes, Cait­lin Sal­vi­no, pré­si­dente du co­mi­té na­tio­nal À Notre Tour, Ley­la Su­ther­land, co­or­di­na­trice à la vie étu­diante du Syn­di­cat des étu­diants et étu­diantes de Con­cor­dia ( Con­cor­dia Student Union ou CSU en an­glais ndlr), Con­nor Spen­cer, vice-pré­si­dente aux Af­faires ex­ternes de l’as­so­cia­tion des étu­diant·e·s en pre- mier cycle de l’uni­ver­si­té Mcgill (AÉUM ou SSMU en an­glais, ndlr) et en­fin Jade Coo­li­gan Pang, étu­diante à l’uni­ver­si­té Ca­rel­ton et vice-pré­si­dente du co­mi­té na­tio­nal À Notre Tour. Au mur, on pou­vait voir de nom­breuses pan­cartes por­tant les ins­crip­tions « Mcgill qui pro­té­gez-vous ? » ou en­core « Nous de­man­dons plus de res­sources et de per­son­nel à plein temps dé­diés à la pré­ven­tion et à la lutte contre les agres­sions sexuelles », toutes da­tant « des an­nées pré­cé­dentes » se­lon Con­nor Spen­cer.

Se­lon le rap­port d’à Notre Tour, la po­li­tique contre la vio­lence sexuelle adop­tée par l’uni­ver­si­té Mcgill avait ob­te­nu une note de C- (61%) no­tam­ment car elle se ré­fère au Code de conduite de l’étu­diant et pro­cé­dures dis­ci­pli­naires et qu’elle est li­mi­tée quant à sa dé­fi­ni­tion du «contexte uni­ver­si­taire». De plus, celle-ci ne s’ap­plique pas ex­pli­ci­te­ment aux membres du corps en­sei­gnant et elle n’in­clut pas d’ar­ticle re­con­nais­sant l’im­por­tance de l’in­ter­sec­tion­na­li­té. « Ce n’est pas suf­fi­sant » dé­plore Cait­lin Sal­vi­no, « une po­li­tique n’est que le pre­mier pas ». Con­nor Spen­cer note, quant à elle, que ce tra­vail « a tou­jours été fait par les étu­diant·e·s », pré­ci­sant qu’une pre­mière ébauche de la po­li­tique mc­gil­loise, qui avait été écrite par un groupe de tra­vail com­po­sé d’étu­diant·e·s, avait été re­fu­sée par l’ad­mi­nis­tra­tion.

Ley­la Su­ther­land ex­plique que la « vio­lence sexuelle est un phé­no­mène ex­trê­me­ment ré­pan­du » et que la po­li­tique de l’uni­ver­si­té Con­cor­dia avait les même dé­fauts que celle de Mcgill.

En­ga­ge­ment à long terme

La confé­rence a aus­si été mar­quée par l’in­ter­ven­tion d’une sur­vi­vante qui a par­ta­gé son ex­pé­rience, « Le sys­tème m’a lais­sé tom­bée » (« the sys­tem fai­led me » en an­glais, ndlr) a-t-elle no­tam­ment dé­cla­ré. Son in­ter­ven­tion a été sui­vie d’un si­lence, l’as­sis­tance étant vi­si­ble­ment émue. « Les per­sonnes pré­sentes sont si cou­ra­geuses » s’est écriée Co­nor Spen­cer. « Les étu­diant·e·s n’avaient pas confiance en l’équipe exé­cu­tive pré­cé­dente »a dé­cla­ré cette der­nière avant de pré­ci­ser que le lan­ce­ment de ce plan étant un «en­ga­ge­ment» de l’équipe exé­cu­tive ac­tuelle, « le chan­ge­ment doit s’opé­rer de bas en haut, il ne peut pas être des­cen­dant! » a-t-elle conclu. x

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