« Si Dieu est mort, tout est per­mis »

Le Délit - - Philosophie -

Une éthique de l’obli­ga­tion

Se­lon Fou­cault, la mo­rale do­mi­nante de l’an­ti­qui­té cor­res­pon­dait à une re­cherche de l’éthique per­son­nelle, mais le chris­tia­nisme marque le dé­but de la tran­si­tion vers une « mo­rale comme obéis­sance à un sys­tème de règles », ou en­core une éthique de l’obli­ga­tion. Cette concep­tion de la nor­ma­ti­vi­té éthique, qui prend sa source dans des vé­ri­tés on­to­lo­giques, est de na­ture pro­hi­bi­tive, res­tric­tive et li­mi­ta­tive et elle conçoit la li­ber­té comme de­voir de l’être hu­main. En d’autres termes, elle lui im­pose l’obéis­sance Si Dieu est mort, l’éthique de l’obli­ga­tion de la tra­di­tion chré­tienne a per­du sa source. Si rien n’est vrai, comment doit-on vivre? En bon lec­teur de Nietzsche, c’est la ques­tion que se pose Fou­cault en rem­pla­çant « tout est per­mis » par « comment vivre? » Il sou­tient que même si rien n’est vrai, il y a de meilleures et de pires fa­çons de vivre.

Dans une en­tre­vue avec Ales­san­dro Fon­ta­na pu­bliée dans Le Monde en 1984, Mi­chel Fou­cault iden­ti­fie un nou­veau chan­ge­ment de pa­ra­digme : « l’idée d’une mo­rale comme obéis­sance à un code de règles est

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