Un gé­no­cide en­vi­ron­ne­men­tal pré­vu

Le Devoir - - Idées - Serge For­tier Sainte-Ma­rie de Bland­ford

La com­mu­nau­té scien­ti­fique mon­diale sonne l’alerte de­puis plu­sieurs dé­cen­nies. L’ONU donne à peine deux ans pour ef­fec­tuer un chan­ge­ment ra­di­cal de cap sur notre sur­con­som­ma­tion avant que le point de non-re­tour ar­rive. Le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique ap­porte son lot de pro­blèmes qui com­mencent à se faire sen­tir de plus en plus au Qué­bec. Pé­riodes plus fré­quentes et plus longues de ca­ni­cule ayant cau­sé la mort, pluies et vents plus forts et des­truc­teurs, aug­men­ta­tion des pro­blèmes d’in­sectes et de ma­la­dies dans les cultures. Il faut être dé­con­nec­té de la réa­li­té pour ne pas voir le mur qui se dresse de­vant l’ave­nir de l’hu­ma­ni­té.

Mal­gré l’ur­gence cli­ma­tique, et bien que tous les par­tis pré­sents au dé­bat des chefs aient re­çu la dé­cla­ra­tion d’ur­gence cli­ma­tique ap­puyée par la ma­jeure par­tie de la so­cié­té ci­vile, seuls deux par­tis sur les quatre pré­sents au dé­bat prio­risent ce dos­sier dans leur pro­gramme.

On s’ap­prête à mettre au pou­voir des dé­ci­deurs de notre ave­nir pour quatre ans et les deux par­tis en tête des son­dages n’ont rien de so­lide pour amor­cer les chan­ge­ments re­quis. Ce n’est que la sa­cro-sainte éco­no­mie de sur­con­som­ma­tion qui prime. Celle-là même qui nous a me­nés vers le mur au­quel fait face notre en­vi­ron­ne­ment vi­tal.

Et ne jouons pas à l’au­truche. Un en­vi­ron­ne­ment dé­truit, c’est adieu l’éco­no­mie, la san­té, le contrôle de l’im­mi­gra­tion, l’équi­té so­ciale et tous les autres su­jets qui ne sont qu’une pous­sière dans l’oeil alors qu’on a une poutre dans l’autre et que les deux par­tis en tête des son­dages n’ont même pas de plan pour y re­mé­dier.

L’heure est grave ! Ci­toyens de cette Terre, ré­veillons-nous ! Si ces par­tis sont en tête, c’est parce que nous nous ap­prê­tons à vo­ter pour eux. Ce­la re­vient à dire que nous de­ve­nons com­plices du gé­no­cide en­vi­ron­ne­men­tal vers le­quel s’ap­prêtent à nous en­traî­ner ces po­li­ti­ciens du XIXe siècle. Ja­mais dans l’his­toire, ci­toyenne et ci­toyen, le man­dat que nous nous ap­prê­tons à don­ner n’au­ra été aus­si char­gé de res­pon­sa­bi­li­té en­vers l’ave­nir ! Si cer­tains po­li­ti­ciens ne com­prennent pas l’ur­gence cli­ma­tique, de grâce, ayons au moins un mi­ni­mum de res­pect en­vers l’ave­nir que nous ré­ser­vons à nos en­fants. Sommes-nous trop bien rou­lés dans la ouate pour nous rendre compte de l’im­por­tance de notre vote le 1er oc­tobre pour l’ave­nir de nos condi­tions de vie sur cette Terre ?

Les études montrent qu’il y a plus de pos­si­bi­li­tés d’em­ploi en amor­çant le vi­rage en­vi­ron­ne­men­tal qu’en conser­vant notre éco­no­mie des­truc­trice telle qu’on la connaît. Mais ça prend du cou­rage pour prendre ce vi­rage !

Un achat, c’est un vote ! Un vote, c’est une res­pon­sa­bi­li­té. Des res­pon­sa­bi­li­tés en­traînent des consé­quences. Sou­hai­tons-nous avoir la res­pon­sa­bi­li­té d’être com­plices des mal­heurs que vi­vront nos en­fants ? N’ou­blions pas qu’on a les po­li­tiques et les po­li­ti­ciens qu’on mé­rite ! Après tout, c’est nous qui leur don­nons le pou­voir de dé­ci­der de notre ave­nir.

On s’ap­prête à mettre au pou­voir des dé­ci­deurs de notre ave­nir pour quatre ans et les deux par­tis en tête des son­dages n’ont rien de so­lide pour amor­cer les chan­ge­ments re­quis

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