Une église plu­tôt rock’n’roll

Les mou­ve­ments évan­gé­liques gagnent en po­pu­la­ri­té au Qué­bec et cer­tains ciblent les mil­lé­na­riaux à grands coups de concerts, de mu­sique rock, usant avec ef­fi­ca­ci­té des ré­seaux so­ciaux. In­cur­sion dans une Église pas comme les autres.

Le Devoir - - LA UNE - JEAN-PHI­LIPPE PROULX COL­LA­BO­RA­TEUR LE DE­VOIR

Di­manche, un peu avant 17 h. Les pas­sants de l’ave­nue du Parc, si­tuée dans le quar­tier bran­ché du Mi­leEnd à Mon­tréal, ter­minent leurs em­plettes, entrent et sortent des nom­breux pe­tits ca­fés. De­vant le théâtre Fair­mount, deux im­menses fa­nions font leur ap­pa­ri­tion : « la Cha­pelle ». Chaque se­maine de­puis 2013, plus de 200 jeunes mil­lé­na­riaux s’y en­tassent pour louan­ger Dieu, là où quelques heures plus tard se pro­dui­ra le groupe de mu­sique mé­tal Dance With the Dead.

Pour ceux qui n’y vont pas

«Bien­ve­nue à la Cha­pelle!» s’ex­clament des as­sis­tantes bé­né­voles vê­tues de chan­dails noirs sur les­quels on peut lire « Al­lô. Comment ça va ? ». Le slo­gan de la Cha­pelle ? « Une église pour ceux qui n’y vont pas.» Tout au­tour de la scène, des stands sont dres­sés : la Cha­pelle Ju­nior (un ser­vice de garde), une bou­tique où l’on vend de mul­tiples pro­duits et livres à l’ef­fi­gie de l’Église et un point de ra­vi­taille­ment. Ce soir, les bières en fût sont rem­pla­cées par du ca­fé et du thé, of­ferts gra­tui­te­ment dans des go­be­lets aux cou­leurs de la Cha­pelle.

La fé­bri­li­té s’em­pare de la salle quand l’écran géant qui oc­cupe toute la scène amorce un dé­compte de cinq mi­nutes. Les gens prennent place. Au­tour de nous, les fi­dèles por­tant chaus­sures Adi­das, skin­ny jeans, tuques orange, hoo­dy et autres vestes en jean pro­li­fèrent. À quelques ex­cep­tions près, ils ont moins de 35 ans. Pen­dant que des pla­ciers ar­més de wal­kies-tal­kies s’af­fairent à ins­tal­ler les re­tar­da­taires, les stro­bo­scopes s’ac­tivent. Le dé­compte ar­rive sou­dain à zé­ro et un nom ap­pa­raît à l’écran : Jé­sus. Le spec­tacle peut com­men­cer.

Ka­rao­ké pop

Sur scène, les mu­si­ciens ont pris place. Loin d’être des ama­teurs, ils ont des voix puis­santes. Le groupe, pho­to­gé­nique, adopte les codes de l’in­dus­trie de la mu­sique pop. Sur des airs à mi­che­min entre U2 et Cold­play, ils en­tament des chants de louange. Comme dans un ka­rao­ké, les fi­dèles chantent grâce aux pa­roles qui ap­pa­raissent en temps réel sur l’écran géant.

Vé­ri­tables vers d’oreille, ces mé­lo­dies mon­tantes de­viennent de puis­santes ma­chines à faire sur­gir les émo­tions. « La mu­sique est tel­le­ment forte que je ne m’en­tends pas chan­ter. Ça me per­met de chan­ter plus li­bre­ment. Je suis moins fo­ca­li­sé sur ma voix et plus concen­tré sur la louange», ra­conte Ra­phaël Bou­le­rice, 20 ans. Plus que des chan­sons, c’est une fa­çon « d’avoir une re­la­tion avec Dieu », confie ce fi­dèle.

Sur la scène, un couple de jeunes pas­teurs trentenaires don­nant l’im­pres­sion de sor­tir d’Oc­cu­pa­tion double fait son en­trée. An­dré-elle Mirck, qui porte pu­bli­que­ment le nom de son époux, le pas­teur Da­vid Mirck, de­mande aux croyants réunis : « Est-ce qu’il y a des per­sonnes qui sont en amour ce soir ? Pour toutes les per­sonnes qui se “datent”, on offre des cours de pré­pa­ra­tion au ma­riage. » Les autres sont in­vi­tés à ac­cueillir les nou­veaux en di­sant bon­jour à au moins cinq per­sonnes.

On pro­fite en­suite de l’oc­ca­sion pour pro­mou­voir la vente de billets d’un spec­tacle de Noël qui tien­dra l’af­fiche deux soirs dans la grande salle du théâtre Saint-De­nis, d’une ca­pa­ci­té de plus de 2000 places. Une tech­nique mar­ke­ting au­da­cieuse et in­usi­tée pour ten­ter de re­joindre un nou­veau pu­blic.

Évan­gé­li­ser sur Ins­ta­gram

Té­lé­phones à la main, les gens n’hé­sitent pas à prendre des pho­tos ou à fil­mer, par­ta­geant ce conte­nu sur les ré­seaux so­ciaux. La Cha­pelle ré­pand sa foi dans les mé­dias so­ciaux au­tant que dans les âmes, en adop­tant le lan­gage des mil­lé­na­riaux. Vé­ri­table Église de l’ère Ins­ta­gram, la Cha­pelle offre des ser­vices à la fois high-tech et mi­ni­ma­listes, entre concert rock et dis­cus­sion TED. En plus d’Ins­ta­gram, les fi­dèles sont en­cou­ra­gés à uti­li­ser Fa­ce­book, no­tam­ment pour par­ta­ger les ser­mons, dis­po­nibles en ba­la­do­dif­fu­sion.

Peut-on in­car­ner le «chris­tia­nisme tra­di­tion­nel » en mi­sant au­tant sur les mé­dias so­ciaux ? « Pour par­ler au peuple, il faut par­ler un lan­gage que le peuple va com­prendre à l’aide d’ou­tils qui vont re­joindre la po­pu­la­tion. Si on peut uti­li­ser les ré­seaux so­ciaux pour être une lu­mière, pour­quoi pas ? Tous les moyens sont bons, tant que le res­pect est là », croit le fi­dèle Ra­phaël Bou­le­rice.

La Bible ver­sion 2018

Ce soir-là s’amorce la sé­rie « Rêve en cou­leur», une suite de ser­mons qui vont s’éche­lon­ner sur quelques se­maines, of­ferts par le très cha­ris­ma­tique pas­teur Da­vid Mirck. « Avec Dieu, t’as le droit d’avoir la tête dans les nuages », lance-t-il. Pour tou­cher un pu­blic le plus large pos­sible, il ré­in­ter­prète des mes­sages de la Bible, les in­car­nant dans des concepts plus que contem­po­rains, comme le rêve « d’être po­pu­laire», d’être p.-d.g. ou d’avoir la paix, pro­vo­quant des rires dans le théâtre.

Dans des élans en­flam­més dignes des confé­ren­ciers les plus mo­ti­vés, il in­vite les gens à trou­ver leurs propres rêves plu­tôt que de vivre ceux des autres. À re­trou­ver les rêves en­fouis trop loin, en pre­nant soin de rap­pe­ler que « Dieu a un rêve » pour cha­cun. Tout au long du ser­mon, des amen fusent spon­ta­né­ment dans la foule. « Est-ce qu’on peut faire du bruit pour Jé­sus ? » de­mande Da­vid, avant d’en­chaî­ner le songe de Ja­cob ti­ré du Livre de la Ge­nèse. « Il fit un rêve : une échelle était ap­puyée sur la terre et son som­met tou­chait le ciel ; des anges de Dieu mon­taient et des­cen­daient par cette échelle. »

Une Église pour toi

Tout au long de la soi­rée, l’ac­cent est mis sur le vi­si­teur qui fran­chit la porte de cette église pour la pre­mière fois. Il y a trois ans, cette per­sonne, c’était Alice. « Je vou­lais vrai­ment in­té­grer une com­mu­nau­té dans la­quelle je n’al­lais pas me perdre, dans la­quelle cha­cun peut trou­ver sa place. Il y a énor­mé­ment de nou­veaux croyants, des gens qui sortent un peu de nulle part, qui veulent juste adhé­rer à une com­mu­nau­té, dit Alice, une ex­pa­triée fran­çaise de 25 ans. Sur­tout la jeune gé­né­ra­tion, qui n’a pas né­ces­sai­re­ment un hé­ri­tage de la foi ca­tho­lique comme nos pa­rents. Les gens ont be­soin de se re­trou­ver entre eux, ont be­soin de re­trou­ver Dieu. Sur­tout dans le monde dans le­quel on vit, c’est es­sen­tiel. »

Au mi­lieu de son ser­mon, le pas­teur est re­joint dis­crè­te­ment sur scène par les mu­si­ciens. Dou­ce­ment, ils viennent sou­te­nir la pré­di­ca­tion, mais sur­tout par­ti­ci­per à une mise en scène éla­bo­rée. À l’ins­tar de Ja­cob, Da­vid Mirck ter­mi­ne­ra ce soir-là son ser­mon ju­ché au som­met d’un es­ca­beau. À dé­faut d’avoir la tête dans les nuages et de tou­cher le ciel, comme Ja­cob, il tou­cha le pla­fond du théâtre Fair­mount, et quelques âmes.

La mu­sique est tel­le­ment forte que je ne m’en­tends pas chan­ter. Ça me per­met de chan­ter plus li­bre­ment. Je suis moins fo­ca­li­sé sur ma voix et plus concen­tré sur la louange.

RA­PHAËL BOU­LE­RICE

Contro­ver­sé pour cer­tains, adu­lé par d’autres, Hill­song bous­cule, mais ins­pire nombre d’églises au­tour du monde. Der­nières en date ? Ot­ta­wa et To­ron­to.

Le mou­ve­ment Hill­song, c’est 28 églises dans 21 pays, des ser­mons dis­po­nibles en ba­la­do­dif­fu­sion et Hill­song Chan­nel, une chaîne té­lé dis­po­nible 24/7 dans plu­sieurs pays du monde et sur Ap­pleTV. Cette Église re­ven­dique plus de 130 000 croyants sur six conti­nents, dont le chan­teur pop Jus­tin Bie­ber, la chan­teuse Se­le­na Go­mez ou l’ac­teur Chris Pratt. Pro­pul­sé par la po­pu­la­ri­té de l’évan­gé­lisme, le mou­ve­ment s’abreuve à la culture des jeunes mil­lé­na­riaux, pro­je­tant une image convi­viale. Hill­song ne cesse de croître.

Les croyances et pra­tiques du mou­ve­ment, fon­dé en 1983 en ban­lieue de Syd­ney en Aus­tra­lie, par les pas­teurs Brian et Bob­by Hous­ton, sont en­ra­ci­nées dans le pen­te­cô­tisme. Mais le mou­ve­ment a quit­té en sep­tembre der­nier les As­sem­blées de Dieu, re­grou­pe­ment mon­dial d’églises chré­tiennes évan­gé­liques de cou­rant pen­te­cô­tiste. Signe d’une vo­lon­té d’ex­pan­sion in­ter­na­tio­nale, Hill­song a créé sa propre dé­no­mi­na­tion et se dé­fi­nit au­jourd’hui comme un « mou­ve­ment cha­ris­ma­tique évan­gé­lique ».

C’est le la­bel mu­si­cal de Hill­song qui est une des clés de son in­fluence sur d’autres mou­ve­ments évan­gé­liques, dont ceux du Qué­bec. Avec plus de deux mil­liards de vi­sion­ne­ments et 40 mil­lions d’al­bums à tra­vers le monde, ses chan­sons car­tonnent sur YouTube. L’un de ses suc­cès, What a Beau­ti­ful Name, a même dé­cro­ché un prix Gram­my en 2018. « Ils ne se contentent pas de re­créer la so­cié­té de consom­ma­tion. C’est une fa­çon de sub­ver­tir la culture po­pu­laire. Dans leur mu­sique, vous avez du rap chré­tien, de la pop chré­tienne, etc. Tout peut de­ve­nir chré­tien ou re­li­gieux », sou­ligne Fré­dé­ric De­jean, pro­fes­seur au Dé­par­te­ment de sciences des re­li­gions de l’Uni­ver­si­té du Qué­bec à Mon­tréal (UQAM).

Tra­duits dans plus de 100 langues, leurs re­frains sont en­ton­nés chaque se­maine aux États-Unis par plus de 45 mil­lions de per­sonnes. Ce­la, parce que toute église peut uti­li­ser ces chan­sons sans payer de droits d’au­teur. Le mou­ve­ment étend ain­si son em­prise sur d’autres groupes chré­tiens évan­gé­liques. Bien qu’ef­fi­cace, cer­tains cri­tiquent ce mo­dèle, ba­sé sur le bé­né­vo­lat de jeunes âmes créa­tives pro­dui­sant vi­déos et louanges, qui as­sure la pros­pé­ri­té de Hill­song. « On ap­pelle Hill­song un “culte”, mais aus­si une “cor­po­ra­tion” vi­sant à ac­cu­mu­ler des gains », es­time Vé­ro­nique Pro­no­vost, cher­cheuse à la Chaire Raoul-Dan­du­rand, rat­ta­chée à l’UQAM.

À l’as­saut de To­ron­to et Ot­ta­wa

Si d’autres groupes évan­gé­listes sont sur­tout pré­sents dans les mi­lieux ru­raux, plus con­ser­va­teurs et ho­mo­gènes, Hill­song choi­sit de s’im­plan­ter en ville, là où la po­pu­la­tion est dense et son im­pact sur la culture plus grand. Pour­quoi Ot­ta­wa et To­ron­to ? Se­lon la pas­teure de Hill­song Ot­ta­wa, Ju­lie Da­vid­son, c’est Dieu qui guide ces dé­ci­sions. « Tout ce que font Brian et Bob­by Hous­ton [les fon­da­teurs] est ba­sé sur les re­la­tions, a-t-elle dit au De­voir. C’est là qu’ils im­plantent des églises. La ques­tion du “qui” est plus im­por­tante pour eux que le “où”. »

La réa­li­té semble tou­te­fois plus com­plexe. « C’est in­té­res­sant qu’ils choi­sissent Ot­ta­wa, plu­tôt que Cal­ga­ry ou à Van­cou­ver. Hill­song n’est pas une église, mais un groupe de re­ven­di­ca­tion. Ils ré­pandent des vues conser­va­trices, es­time Hilla­ry Kaell, pro­fes­seure ad­jointe à l’Uni­ver­si­té Con­cor­dia. La grande ques­tion pour eux, ce se­ra de voir ce qu’ils fe­ront pour at­té­nuer le mes­sage de Hill­song, en par­ti­cu­lier sur le plan po­li­tique, dans l’es­poir d’at­ti­rer un plus large pu­blic de jeunes Ca­na­diens. »

Un mou­ve­ment re­li­gieux peut-il se perdre à mul­ti­plier des tour­nées mon­dailes et cou­rir des émis­sions de té­lé comme le To­day Show ? « C’est une in­quié­tude fon­da­men­tale pour des églises comme Hill­song, re­lance Hilla­ry Kaell. Si un pro­duit [est créé] en har­mo­nie avec la culture qui l’en­toure, lorsque les gens le consomment, ils ne re­marquent même pas qu’il est chré­tien.»

Évan­gé­lisme et po­li­tique

Chose cer­taine, les po­si­tions de cette Église sur l’ho­mo­sexua­li­té ont par­fois fait sour­ciller. En 2015, un pas­teur de la branche Hill­song New York a af­fir­mé au ma­ga­zine GQ « que l’ho­mo­sexua­li­té et l’avor­te­ment sont des pé­chés, mais qu’il ac­cueille tous les pé­cheurs dans son église ». Or, les per­sonnes ho­mo­sexuelles ne pou­raient pas de­ve­nir membres ou pas­teurs. In­ter­ro­gée sur la place des per­sonnes LGBTQ dans son église, la pas­teure de Hill­song Ot­ta­wa ré­pond de fa­çon am­bi­guë.

« Notre po­si­tion est que nous sommes rem­plis d’amour. Nous ai­mons les gens », a-t-elle ré­tor­qué. Jus­qu’en 2011, Hill­song pra­ti­quait des thé­ra­pies de conver­sion, une forme vio­lente de «gué­ri­son de l’ho­mo­sexua­li­té» qui s’ap­pa­rente à un exor­cisme.

Mais cette pra­tique est main­te­nant res­treinte dans plu­sieurs États amé­ri­cains, en plus de l’On­ta­rio, de la Nou­velle-Écosse, du Ma­ni­to­ba et de la ville de Van­cou­ver. Ces der­nières se­maines, plu­sieurs évan­gé­listes ont ap­puyé Trump aux élec­tions de mi-man­dat, ou ont sa­lué la vic­toire de Bol­so­na­ro au Bré­sil. Mais le dis­cours de Hill­song choi­sit de res­ter dis­cret. «Hill­song s’adapte aux réa­li­tés contem­po­raines, mais avec une ap­proche plus in­di­vi­dua­liste et po­si­tive que d’autres églises évan­gé­liques plus tra­di­tion­nelles, sou­ligne Vé­ro­nique Pro­no­vost. [Hill­song] re­jette l’idée que la re­li­gion puisse ser­vir à mo­ra­li­ser les in­di­vi­dus. »

À Hill­song Ot­ta­wa, la pas­teure Da­vid­son est sans équi­voque: «Nous prions pour le gou­ver­ne­ment, mais nous n’al­lons pas dire pour qui vo­ter. Uti­li­ser notre in­fluence pour ça, c’est juste wrong .»

«Mais ce n’est pas tel­le­ment par convic­tions pro­gres­sistes que ceux-ci re­fusent de prendre po­si­tion pu­bli­que­ment, mais plu­tôt pour gar­der une ap­pa­rence co­ol, pense Mme Pro­no­vost. Hill­song cultive sa dif­fé­rence, at­ti­rant plus de jeunes que n’im­porte quelle autre congré­ga­tion évan­gé­lique. Et avoir plus de membres si­gni­fie avoir plus d’ar­gent… »

CA­THE­RINE LE­GAULT LE DE­VOIR

Chaque se­maine de­puis 2013, plus de 200 jeunes mil­lé­na­riaux s’en­tassent pour louan­ger Dieu à la cé­ré­mo­nie de l’Église la Cha­pelle au théâtre Fair­mount, à Mon­tréal.

JA­SON DA­VIS GET­TY IMAGES AGENCE FRANCE-PRESSE

L’un des suc­cès de Hill­song, What a Beau­ti­ful Name, de Brooke Li­gert­wood, a dé­cro­ché un prix Gram­my en 2018.

CA­THE­RINE LE­GAULT LE DE­VOIR

Des mu­si­ciens lors d’une cé­ré­mo­nie de la Cha­pelle

CA­THE­RINE LE­GAULT LE DE­VOIR

Le pas­teur Jo­sias La­porte of­fi­cie tous les di­manches à l’église la Cha­pelle.

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