À la porte de l’éter­ni­té (V.O. s.-t.f. de At Eter­ni­ty’s Gate)

Le Devoir - - CULTURE -

★★★★ 1/2

Arles, dans le sud de la France, en 1888. En quête d’ins­pi­ra­tion, Vincent Van Gogh bat la cam­pagne, igno­rant qu’il ne lui reste que deux ans à vivre. Dans le plus ré­cent film du trop rare Ju­lian Sch­na­bel, on suit le peintre dans ses der­nières pé­ré­gri­na­tions, le pas al­lègre, le re­gard fié­vreux. Sou­vent sub­jec­tive, mais pas seule­ment, la ca­mé­ra semble bran­chée par un fil in­vi­sible à l’es­prit du peintre. Lui-même un ar­tiste vi­suel ré­pu­té, Sch­na­bel, ce­ci ex­pli­quant en par­tie ce­la, par­vient à s’ar­ri­mer à l’âme tour­men­tée de Van Gogh comme per­sonne avant lui. Évo­quant par­fois son ap­proche sur Le sca­phandre et le pa­pillon, le réa­li­sa­teur éta­blit une proxi­mi­té qua­si pal­pable avec le pro­ta­go­niste qu’in­carne un Willem Da­foe ex­tra­or­di­naire. À terme, le ni­veau d’in­ti­mi­té at­teint est tel que le ci­né­phile a l’im­pres­sion de se trou­ver aux cô­tés de Vincent Van Gogh alors que ce der­nier s’ap­prête à fran­chir l’ul­time seuil, ce­lui de l’éter­ni­té. Fran­çois Lévesque

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