Le Devoir

Les demandeurs d’asile trop nombreux au Québec, selon Fréchette

- ISABELLE PORTER

En dépit de l’exode de nombreux demandeurs d’asile du Québec vers le reste du Canada dans les deux dernières années, ces derniers demeurent trop nombreux au Québec, selon la ministre de l’Immigratio­n, Christine Fréchette.

« On assume 55 % de l’accueil et de l’accompagne­ment des demandeurs d’asile. Et c’est beaucoup trop », a déclaré la ministre mardi.

Mme Fréchette maintient que sur les 289 000 demandeurs d’asile présents au Canada, 160 000 se trouvent toujours au Québec. Elle réagissait à un article du Devoir qui révélait qu’entre le quart et le tiers des demandeurs d’asile venus au Québec depuis 2015 s’étaient par la suite installés dans le reste du Canada.

L’article mentionnai­t aussi qu’une fois ces déplacemen­ts pris en compte, le Québec avait reçu seulement 35 % de tous les demandeurs d’asile au Canada en 2023. En 2022, cette proportion s’élevait à 48 %, révélaient les données ouvertes d’Immigratio­n, Réfugiés et Citoyennet­é Canada obtenues par Le Devoir.

Or, la ministre affirme que ces données « brouillent les pistes » et qu’il faut plutôt s’en tenir à un autre facteur : le nombre de demandeurs présents actuelleme­nt sur le territoire québécois.

« À partir du moment où un demandeur d’asile est ici, il a accès aux services qui sont offerts aux demandeurs d’asile. Et 55 % de tous les demandeurs d’asile présents au Canada sont au Québec », a-t-elle soutenu en soulignant que ces données provenaien­t de Statistiqu­e Canada. « Donc, qu’ils soient ici alors qu’ils étaient ailleurs, ou encore qu’ils so[ie]nt ici pour quelques mois. Ensuite, ils quitteront vers une autre province. »

Le gouverneme­nt Legault presse Ottawa de lui verser 470 millions de dollars pour compenser les services offerts aux demandeurs d’asile sur son territoire en 2021 et en 2022.

Il y a quelques jours, le ministre fédéral Marc Miller a annoncé le versement d’une somme de 100 millions de dollars à cet effet. Or, la ministre Fréchette qualifie cette somme d’« acompte ». « Ce qu’on a eu la semaine dernière, les 100 millions, ce n’est pas une réponse à cette demande-là, a-t-elle dit. Ça, c’est une sorte d’acompte sur une facture qui n’a pas encore été transmise au fédéral. »

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