Le Devoir

Est-ce le moment idéal pour acheter une voiture électrique d’occasion?

- ALAIN McKENNA LE DEVOIR

Cela fait déjà quelques années que les véhicules électrique­s sont sur nos routes, et l’effet de la pandémie commence à se dissiper. Résultat: il n’y a pas eu de meilleur moment que maintenant pour acheter un véhicule électrique d’occasion.

Si l’on se fie aux données du marché, à tout le moins. Aux États-Unis, le prix moyen payé pour un véhicule électrique d’occasion a chuté de 32 % depuis février 2023, calcule le site spécialisé iSeeCars à partir du prix payé dans 1,8 million de transactio­ns effectuées un peu partout aux États-Unis.

C’est énorme! Et cela est en partie causé par un événement unique: l’agence américaine de location de véhicules Hertz a liquidé en début d’année 20 000 de ses voitures électrique­s, car elle préférait s’en débarrasse­r plutôt que d’en assurer la réparation.

Cette décision se répercute jusque sur le marché canadien des véhicules d’occasion, confirment des vendeurs à qui Le Devoir a parlé dans les derniers jours. Un d’eux dit avoir vu le prix de certains modèles, comme des Model 3 de Tesla et des ID.4 de Volkswagen, baisser « de près du tiers en quelques mois ».

Un retour à la normale

D’autres facteurs expliquent cette chute de prix. Tesla, justement — dont la part de marché dans l’électrique est de presque 50 % —, a baissé à plusieurs reprises le prix de ses véhicules neufs, les Model 3 et Model Y notamment. Cela a eu un effet d’entraîneme­nt sur le prix des Model 3 et des Model Y d’occasion.

De façon plus générale, les constructe­urs ont regarni leurs stocks de véhicules électrique­s neufs, ce qui réduit la pression sur le marché de la revente.

Il était très difficile jusqu’ici d’acheter une voiture électrique d’occasion. On comptait jusqu’à tout récemment très peu de véhicules électrique­s sur la route, donc, forcément, il y avait tout simplement peu de véhicules à revendre. La demande, elle, a toujours été très soutenue.

Comme le véhicule d’occasion le plus attrayant a été, pendant un temps, la Chevrolet Spark EV, une microvoitu­re dont l’autonomie était inférieure à 150 km par charge, disons que le choix n’était pas très grand.

Et toutes choses étant égales par ailleurs, comme disent les économiste­s, cela gonflait la valeur des rares véhicules électrique­s d’occasion en vente.

Ensuite, l’effet de la pandémie s’est enfin entièremen­t dissipé. Ces deux années pandémique­s ont mis sens dessus dessous la chaîne d’approvisio­nnement, normalemen­t réglée au quart de tour, de toute l’industrie automobile. Le manque de pièces a mené à un manque de véhicules neufs, ce qui a provoqué une ruée vers les véhicules presque neufs. Une vague si importante que le prix de certains véhicules d’occasion était plus élevé que leur équivalent neuf. Y compris dans l’électrique.

Évidemment, le marché des véhicules électrique­s d’occasion est encore tout jeune et on ne connaît pas encore très bien la durée de vie réelle de ces véhicules.

Si le moment est bon pour acheter un véhicule électrique sur le marché de la revente, il le sera peut-être encore plus l’année prochaine, ou l’année suivante…

Mais peu importe. Vu le prix grimpant de l’essence, vu que, de toute façon, tout coûte trop cher, et vu aussi l’écoanxiété ambiante, acheter un véhicule électrique d’occasion peut aider à régler plusieurs problèmes en même temps.

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MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR On comptait jusqu’à tout récemment très peu de véhicules électrique­s sur la route, III il y avait donc peu de véhicules à revendre.

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