L'im­por­tance d'in­no­ver

Le Droit Affaires - - Reportage Publicitai­re -

En 2006, le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial a ou­vert la porte aux mé­de­cins sou­hai­tant se désen­ga­ger de la Ré­gie de l’as­su­rance-ma­la­die du Qué­bec. Sen­ti­nelle San­té a sau­té sur l’oc­ca­sion pour de­ve­nir la pre­mière cli­nique pri­vée de soins de san­té des­ti­née à la po­pu­la­tion de la ré­gion de la ca­pi­tale na­tio­nale. « C’était as­sez avant-gar­diste quand on y pense », lance My­lène Chau­mont, confor­ta­ble­ment ins­tal­lée dans les lo­caux ga­ti­nois de l’en­tre­prise si­tués sur le bou­le­vard St-Jo­seph, dans le sec­teur Hull.

On peut dire sans se trom­per que la jeune femme ori­gi­naire de l’Abi­ti­bi Té­mis­ca­mingue était en quelque sorte pré­des­ti­née à suivre les traces de ses pa­rents en­tre­pre­neurs.

Quand Mar­ce­lin Chau­mont et sa conjointe Ray­monde ont fon­dé le Groupe Sen­ti­nelle San­té en 1996, My­lène Chau­mont n’avait que 19 ans. L’op­tion la plus fa­cile pour cette der­nière au­rait certes été de se frayer un che­min dans l’en­tre­prise fa­mi­liale en pas­sant par la grande porte. La dy­na­mique lea­der d’au­jourd’hui avait tou­te­fois d’autres idées en tête. Sous les re­com­man­da­tions de son père, la ges­tion­naire en de­ve­nir est al­lée par­faire ses armes ailleurs en at­ten­dant d’être mûre pour le dé­fi.

« Pre­miè­re­ment, j’étais jeune et je n’avais pas l’ex­pé­rience, mais j’avais en­vie d’être en af­faires. Mon père vou­lait que je re­prenne Sen­ti­nelle, mais dans un ho­ri­zon plus loin. J’al­lais faire quoi dans l’en­tre­prise? Je ne suis pas mé­de­cin et pas in­fir­mière. Je me suis dit que j’al­lais être celle qui al­lait vendre et dé­ve­lop­per le mar­ché des clients », ra­conte My­lène Chau­mont.

Cette der­nière a alors pris le tau­reau par les cornes en fai­sant ses classes et en se for­geant un cur­ri­cu­lum vi­tae bé­ton. Dé­ten­trice d’une maî­trise en ges­tion de pro­jet ob­te­nue à l’Uni­ver­si­té du Qué­bec en Ou­taouais, ba­che­lière en droit et conseillèr­e mu­ni­ci­pale à L’Ange-Gar­dien de 2003 à 2007, la prin­ci­pale concer­née a aus­si sié­gé sur un nombre im­pres­sion­nant de conseils d’ad­mi­nis­tra­tion en plus d’avoir été in­ter­ve­nante com­mu­nau­taire au

Cos­ta Ri­ca.

C’est après un sé­jour de deux ans à La Ci­té comme consul­tante en for­ma­tion aux en­tre­prises qu’elle a fait son en­trée of­fi­cielle chez Sen­ti­nelle San­té. Après quelques mois à oeu­vrer comme re­pré­sen­tante bé­né­vole pour la com­pa­gnie, elle a créée en 2006 son propre poste de di­rec­trice du dé­ve­lop­pe­ment des af­faires au sein de l’en­tre­prise.

« Je trou­vais que c’était un beau pro­ces­sus. ».

En 2010, après quatre an­nées pas­sées sur la route à vendre le pro­duit Sen­ti­nelle San­té aux clients, elle est de­ve­nue la prin­ci­pale ac­tion­naire et pré­si­dente de l’en­tre­prise.

La fibre en­tre­pre­neu­riale

« C’est le goût du risque, ré­pond du tac au tac la tren­te­naire quand on lui de­mande pour­quoi elle a choi­si le monde en­tre­pre­neu­rial. Quand t’es en af­faires, tu sautes dans le vide sans fi­let et c’est ce que j’aime. »

S’il y a un élé­ment dont My­lène Chau­mont est fière de­puis qu’elle se trouve der­rière le gou­ver­nail de la cli­nique mé­di­cale, c’est le fait d’avoir gar­dé la PME au goût du jour.

« Quand tu es une re­lève, l’im­por­tant c’est de re­nou­ve­ler l’en­tre­prise et d’in­no­ver. Si tu in­noves pas, l’en­tre­prise va de­ve­nir désuète. Ici, on ne rem­pla­ce­ra ja­mais le sys­tème de san­té. Nous sommes un com­plé­ment et le dé­fi reste de conti­nuel­le­ment cher­cher ce qu’on peut of­frir au pa­tient qu’il ne peut pas trou­ver dans le ré­seau pu­blic », ex­plique l’en­tre­pre­neure.

« J’avais une carte dans mon jeu plus que juste d’ar­ri­ver et de dire je suis la fille de mon père »

Le groupe di­ri­gé par la femme d’af­faires qui souf­fle­ra ses 40 bou­gies en no­vembre compte au­jourd’hui 11 em­ployés à son bord. Les opé­ra­tions de l’en­tre­prise sont di­vi­sées équi­ta­ble­ment entre médecine du tra­vail et médecine fa­mi­liale pri­vée. C’est sans comp­ter les 200 à 300 dos­siers mé­di­caux re­liés au vo­let cor­po­ra­tif qui sont trai­tés tous les ans par le groupe de pro­fes­sion­nels.

Don­ner l’exemple

Si elle ap­pré­cie la flexi­bi­li­té des ho­raires et le « chal­lenge » quo­ti­dien as­so­ciés aux fonc­tions de chef de PME, la pré­si­dente My­lène Chau­mont aime sur­tout pou­voir conseiller et échan­ger avec la re­lève en­tre­pre­neu­riale. Elle a d’ailleurs joué le rôle de men­tore pour le Chambre de com­merce de Ga­ti­neau pen­dant quelques an­nées.

Les cinq mé­de­cins oeu­vrant à la cli­nique de Ga­ti­neau voient cha­cun entre 1200 et 1500 pa­tients an­nuel­le­ment.

« C’est un pri­vi­lège d’être en af­faires, mais je vois ça sur­tout comme

un moyen de par­ler aux jeunes, de m’im­pli­quer et d’être une in­fluen­ceure, fait-elle re­mar­quer. On a tel­le­ment be­soin de la re­lève. »

Le pro­jet de fran­chises que sou­hai­tait dé­ployer Sen­ti­nelle San­té à tra­vers le Ca­na­da, il y a quelques an­nées, est ac­tuel­le­ment sur la glace. L’en­tre­prise sou­haite d’abord et avant tout op­ti­mi­ser ses ins­tal­la­tions de Ga­ti­neau.

« Les lois sont dif­fé­rentes par­tout au Ca­na­da et trou­ver les res­sources n’est pas une chose simple. Pour l’ins­tant, la prio­ri­té est de maxi­mi­ser les res­sources à l’in­terne et de faire en sorte que les mé­de­cins et in­fir­mières tra­vaillent de plus en plus en col­lé­gia­li­té ».

PRO­FIL D'EN­TRE­PRISE GroupeSen­ti­nelle San­té An­née de la fon­da­tion : 1996Qc Ville : Ga­ti­neau, Nombre d'em­ployés : 11

Un bon coup ?Avoir été choi­sie pour par­ti­ci­per au Som­met des jeunes en­tre­pre­neurs du G20 en 2011 à Nice et cô­toyer 400 autres jeunes en­tre­pre­neurs.Un men­tor ?Ray­mond Bru­net de Ed Bru­net et as­so­ciésUn moins bon coup ?Les lois sont tel­le­ment dif­fé­rentes d’une pro­vince à l’autre. Je l’ai ap­pris à mes dé­pens avec notre pro­jet de fran­chises qu’on sou­hai­tait dé­ve­lop­per en On­ta­rio ily a quelques an­nées.Un conseil ?En­tou­rez-vous de gens qui vont te dire tes quatre vé­ri­tés.

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