Ré­dé­fi­nir Ot­ta­wa en 2017

Le Droit Affaires - - Dossier - par Ge­ne­viève Tur­cot Col­la­bo­ra­tion spé­ciale gtur­[email protected]­droit.com

Grand chef d’or­chestre des cé­lé­bra­tions, Guy La­flamme le dit d’em­blée, Ot­ta­wa 2017 a une mis­sion éco­no­mique bien pré­cise : re­po­si­tion­ner la ca­pi­tale aux yeux des in­ves­tis­seurs. La ville d’Ot­ta­wa est un lieu pro­pice pour faire des af­faires et il compte dif­fu­ser ce mes­sage aux quelque 11 mil­lions de par­ti­ci­pants at­ten­dus lors des dif­fé­rentes fes­ti­vi­tés. Quand il a été in­vi­té en 2014 par le maire d'Ot­ta­wa, Jim Wat­son, à prendre la di­rec­tion de ce pro­jet, il a mis en ap­pli­ca­tion ce qu’il a en­sei­gné pen­dant 25 ans à ses étu­diants de l’École de ges­tion Tel­fer de l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa : l’im­por­tance d’un bon plan d’af­faires. «Le plan d’af­faires d’Ot­ta­wa 2017 compte 400 pages. Ce­la a été pé­nible ! J’ai res­sen­ti l’hor­reur que je fai­sais vivre à mes étu­diants ! avoue-t-il en riant. Je me di­sais que nous al­lions être bon si nous ap­pli­quions le quart, voire la moi­tié de ce plan. Mais au fi­nal, toutes les 400 pages de ce plan d’af­faires ver­ront le jour en 2017.» L’an­cien vice-pré­sident prin­ci­pal, Ex­pé­rience de la ca­pi­tale pour la Com­mis­sion de la ca­pi­tale na­tio­nale (CCN) est bien connu du mi­lieu cultu­rel. C’est lui qui a pi­lo­té tous les grands évé­ne­ments de la CCN de­puis 2005, que ce soit le spec­tacle de la fête du Ca­na­da ou en­core le Bal de neige. Il a aus­si di­ri­gé le pas­sage à l'an 2000 avec un grand spec­tacle pré­sen­té à l'ex­té­rieur du Ca­si­no du Lac-Lea­my.

L’in­fluence de Qué­bec

Guy La­flamme s’est beau­coup ins­pi­ré des fes­ti­vi­tés du 400e de Qué­bec en 2008 pour éta­blir les grandes lignes d’Ot­ta­wa 2017. Il a éplu­ché tous les son­dages (près de 600), étu­dié ce qui avait été fait lors des 125e et 100e an­ni­ver­saires de la Con­fé­dé­ra­tion; rien n’a été lais­sé au ha­sard. «Après le 400e de Qué­bec, le ni­veau de fier­té des ci­toyens à grim­per de 20%. Nous vou­lons re­créer la même chose pour Ot­ta­wa. Les his­toires de nos villes sont équi­va­lentes. Ot­ta­wa vit dé­jà une trans­for­ma­tion phy­sique. Nous n’avons qu’à pen­ser à l'O-Train, aux en­sembles ré­si­den­tiels qui sont sans précédent, au dé­ve­lop­pe­ment des plaines Le Bre­ton, etc. Nous de­vons

main­te­nant aus­si faire évo­luer l’iden­ti­té de la ville et c’est un ob­jec­tif que nous pou­vons at­teindre avec Ot­ta­wa 2017.»

Un bud­get de 30 mil­lions

Guy La­flamme sou­haite non seule­ment faire vi­brer la ca­pi­tale, mais aus­si dé­mon­trer aux grandes en­tre­prises qu’elles sont les bien­ve­nues. «Il faut avant tout re­po­si­tion­ner Ot­ta­wa comme une ville dynamique.» La ville d’Ot­ta­wa a in­jec­té 5,9 mil­lions$ dans l’aven­ture, alors que le gou­ver­ne­ment de l’On­ta­rio a avan­cé la somme de neuf mil­lions et le fédéral cinq mil­lions. L’ap­port du sec­teur pri­vé se chiffre à dix mil­lions. «Nous pou­vons comp­ter sur la participat­ion d’une ving­taine de par­te­naires ma­jeurs comme CIBC, Roots et Bell», cite à titre d’exemples ce­lui qui a tra­vaillé en so­lo lors des six pre­miers mois de son man­dat. Au­jourd’hui, le bu­reau du 150e compte une équipe de 17 em­ployés et une ar­mée de 3000 bé­né­voles.

Une carte blanche

Le di­rec­teur gé­né­ral du Bu­reau d’Ot­ta­wa 2017 a eu carte blanche pour bâ­tir la pro­gram­ma­tion. Une confiance qui s’est tra­duite avec un ac­cueil po­si­tif, même si cer­taines de ses idées étaient pour le moins au­da­cieuses. Comme uti­li­ser les 70 places de sta­tion­ne­ment de la rue York dans le Mar­ché By pour y dé­po­ser une ving­taine de conte­neurs ma­ri­times et ain­si créer le Vil­lage de l’ins­pi­ra­tion, qui se­ra le coeur des cé­lé­bra­tions d’Ot­ta­wa 2017. L’ADN de la pro­gram­ma­tion est com­po­sé des mots au­da­cieux et in­tense. Il a choi­si de mi­ser sur 17 évé­ne­ments éphé­mères pour créer un fac­teur «wow». Pas moins de 170 évé­ne­ments ma­jeurs sont pré­vus au cours de l’an­née. Des évé­ne­ments qui mar­que­ront ain­si l’ima­gi­naire que ce soit le yo­ga sur la berge, le re­pas gas­tro­no­mique sur la rue Wel­ling­ton ou le pique-nique sur le pont in­ter­pro­vin­cial Alexan­dra . «Nous al­lons chan­ger les men­ta­li­tés en créant cette idée qu’Ot­ta­wa de­vient l’en­droit où il faut être en 2017.» Si le ca­rac­tère éphé­mère de cer­tains évé­ne­ments a été mis de l’avant, Guy La­flamme in­siste pour dire que les re­tom­bées se­ront quant à elles plus du­rables. «Quand nous avons né­go­cié pour ob­te­nir le Red Bull Cra­shed Ice, il a été conve­nu que l’évé­ne­ment al­lait re­ve­nir dans la ca­pi­tale dans trois ans.»

Trousses d’ap­pa­rat

Ot­ta­wa 2017 en­traî­ne­ra la créa­tion de 3000 em­plois di­rects et in­di­rects.

Pour prendre part aux fes­ti­vi­tés, les en­tre­pre­neurs du cô­té ot­ta­vien se­ront bien­tôt in­vi­tés à mettre la main sur une trousses d’ap­pa­rat gra­tuite qui se­ra adap­tée à leur type de com­merce, que ce soit l’hô­tel­le­rie, la res­tau­ra­tion ou le com­merce au dé­tail. Les com­merces et en­tre­pre­neurs lo­caux peuvent aus­si pro­duire des biens des­ti­nés à la vente aux cou­leurs des fes­ti­vi­tés, sur ap­pro­ba­tion du Bu­reau d’Ot­ta­wa 2017.

Ap­pui d’or­ga­nismes com­mu­nau­taires

Guy La­flamme est plus qu’heu­reux de la ré­cep­tion du monde des af­faires. Un ac­cueil qui a été tout aus­si cha­leu­reux au­près des or­ga­nismes com­mu­nau­taires. Pas moins de 49 d’entres-eux se par­ta­ge­ront des sub­ven­tions to­ta­li­sant 200 000$ pour pla­ni­fier des évé­ne­ments qui vien­dront se gref­fer à la pro­gram­ma­tion du 150e an­ni­ver­saire de la Con­fé­dé­ra­tion. «L’im­pli­ca­tion du mi­lieu communauta­ire est im­por­tante. Dans une cé­lé­bra­tion comme Ot­ta­wa 2017, tous les sec­teurs de la col­lec­ti­vi­té doivent tra­vailler en­semble», sou­ligne Guy La­flamme.

photo EtIENNE RAN­GER, lE­dRoIt

Guy La­flamme di­rec­teur gé­né­ral, ot­ta­wa 2017

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