Du lait et du vin dans l’Est on­ta­rien

Le Droit Affaires - - Publireportage - par Do­mi­nique La Haye Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

« On paye nos fac­tures, la marge de pro­fits est très mince », sou­tient Ray­mond Hu­neault, le pro­prié­taire des deux vi­gnobles Clos Baillie, si­tués à Ayl­mer et à Pa­pi­neau­ville. Près de vingt ans après avoir plan­té ses pre­mières vignes, ce pion­nier de la vi­ni­cul­ture en Ou­taouais as­pire aus­si à la re­traite. L’homme de 74 ans peine ce­pen­dant à vendre ses terres.

Vo­ca­tion

En plus de pro­duire entre 1 000 et

1 500 bou­teilles de vin an­nuel­le­ment, M. Hu­neault confec­tionne aus­si des cidres et ce, jus­qu’à 3 000 bou­teilles.

L’un d’eux à l’érable, en rup­ture de stock, se vend nor­ma­le­ment à la SAQ. « Il faut avoir la vo­ca­tion, s’ex­clame-t-il. La com­pé­ti­tion in­ter­na­tio­nale est très forte, alors on ne peut pas de­man­der des prix exor­bi­tants pour nos bou­teilles. Il faut tou­jours s’ajus­ter en fonc­tion du mar­ché et dans une grande ville comme Ga­ti­neau ou Ot­ta­wa, la com­pé­ti­tion est très fortes à la SAQ et à la LCBO », pour­suit-il.

L’en­goue­ment des mil­lé­niaux

Il reste que la loi qué­bé­coise, qui per­met do­ré­na­vant aux vi­gnobles d’ici de vendre leurs pro­duits sur les ta­blettes des épi­ce­ries, semble avoir contri­bué à l’ex­plo­sion des ventes. À ce­la s’ajoute aus­si l’at­trait de la gé­né­ra­tion des mil­lé­niaux pour les pro­duits lo­caux, y com­pris le vin. « Ils sont très ter­roir et très achats lo­caux. Ce n’est pas juste une mode, mais c’est vrai­ment sen­ti et ce sont eux qui in­fluencent aus­si les plus vieux », sou­tient le pré­sident du Conseil des vins du Qué­bec, Yvan Qui­rion. Se­lon lui, la de­mande gran­dis­sante pour le vin en gé­né­ral s’ob­serve tant en épi­ce­rie qu’à la SAQ. Ce­la dé­montre que le phé­no­mène n’est pas unique aux vins qué­bé­cois. L’ac­cès aux épi­ce­ries per­met tou­te­fois de rendre les vins qué­bé­cois plus ac­ces­sibles, ad­met-il. M. Qui­rion fait va­loir que sur les 235 mil­lions de bou­teilles ven­dues au Qué­bec l’an der­nier, seule­ment 2 mil­lions étaient de souches qué­bé­coises. La forte de­mande des consom­ma­teurs pour les vins d’ici per­met ain­si de ré­duire cet écart.

Chan­ger le lait... en vin !

Voi­là ce qu’a pra­ti­que­ment fait De­nis Per­rault en plan­tant ses pre­mières vignes il y a vingt ans sur la ferme lai­tière fa­mi­liale du sec­teur Na­van d’Ot­ta­wa.

De­puis, les pe­tits bi­joux de la grappe s’y sont mul­ti­pliés pour don­ner nais­sance au vi­gnoble du Do­maine Per­rault qui pro­duit 20 000 bou­teilles par an­née. « Nos ventes an­nuelles sont de plus de 100 000 $ et elles aug­mentent d’en­vi­ron 5 à 10% chaque an­née », in­dique M. Per­rault. Il reste que ces re­ve­nus s’ac­com­pagnent de plu­sieurs dé­penses en maind’oeuvre, en ap­pro­vi­sion­ne­ment de bou­teilles, de bou­chons, d’éti­que­tage, etc. Le vi­gne­ron af­firme que la qua­si-to­ta­li­té de sa pro­duc­tion se vend sur place, où di­vers évé­ne­ments sont or­ga­ni­sés, tels que des séances de yo­ga dans les vignes, des ma­riages et des en­ter­re­ments de vie de jeune fille.

De­nis Per­rault et son épouse Lyse Do­maine Per­raultPHO­TO MAR­TIN ROY LE DROIT

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.