L’INS­PI­RA­TION VE­NUE DU JA­PON

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Maud Cuc­chi/ Col­la­bo­ra­tion spéciale

Sur son corps comme dans sa tête, Jean-Fran­çois Hen­ri se nour­rit du pays du So­leil-Le­vant. Son en­tre­prise de de­si­gn gra­phique Shuriken, du nom d’une arme Nin­ja, se pas­sionne aus­si pour la créa­tion ar­tis­tique, qu’il a in­té­grée à son mo­dèle d’af­faires.

ON NE L’AU­RAIT JA­MAIS DE­VI­NÉ, à son al­lure de pre­mier de classe, mais Jean-Fran­çois Hen­ri a le Ja­pon ta­toué dans l’épi­derme. Lit­té­ra­le­ment, sous forme de moines, guer­riers et autres sym­boles nip­pons qu’il prend plai­sir à ex­hi­ber en re­trous­sant les manches de son po­lo. Le Ja­pon, c’est aus­si l’ins­pi­ra­tion en titre de son en­tre­prise de de­si­gn gra­phique fon­dée en 2016, Shuriken, du nom d’une arme Nin­ja.

L’am­bi­tieux « start-uper » ori­gi­naire de La­nau­dière a plus d’une corde à son arc : il pré­sen­tait, dé­but sep­tembre, sa toute pre­mière ex­po­si­tion de pein­tures, « at­tendre l’in­at­ten­du » : une sé­rie de toiles grand for­mat réa­li­sées à la bombe et au po­choir. Pour ajou­ter au ta­bleau dé­jà bien fourni, le tren­te­naire est éga­le­ment char­gé de cours à l’Uni­ver­si­té du Qué­bec en Ou­taouais cette ses­sion. At­ten­tion, « ban­zaï » ! Ef­fet de gé­né­ra­tion, peut-être : la nou­velle garde des en­tre­pre­neurs semble avoir plus de four­mis dans les jambes que ses glo­rieux aî­nés. Spé­cia­liste du dé­ve­lop­pe­ment de marque au­près des en­tre­prises, le de­si­gner n’a pas ti­ré un trait sur sa pas­sion, la pein­ture. Il a même com­men­cé à l’in­té­grer à son mo­dèle d’af­faires en pro­po­sant à ses clients ses propres créa­tions ar­tis­tiques.

« J’ai dé­mé­na­gé dans la ré­gion il y a 11 ans et étu­dié en pu­bli­ci­té à la Ci­té col­lé­giale, ra­conte-t-il, avant de tra­vailler en agence.

J’ai re­mar­qué qu’il existe ici un bon mar­ché en arts vi­suels, moins crow­dé qu’ailleurs, et que la ville in­ves­tit beau­coup en arts. » Un contexte pro­pice à la nais­sance d’une nou­velle agence de gra­phisme, éva­lue-t-il, lui qui rê­vait de di­ri­ger un jour sa propre en­tre­prise « pour la li­ber­té de créa­tion et le con­tact hu­main que ce­la pro­cure. » Shuriken em­ploie dé­sor­mais deux de­si­gners et deux dé­ve­lop­peurs web.

ART ET CRÉA­TION GRA­PHIQUE

En moins de deux ans, cet en­tre­pre­neur in­dé­pen­dant s’est taillé une sé­rieuse ré­pu­ta­tion dans le mi­lieu du gra­phisme à Ga­ti­neau et s’est his­sé par­mi les fi­na­listes des Prix Ex­ce­lor 2017 or­ga­ni­sés par la Chambre de com­merce de Ga­ti­neau. Il compte par­mi ses clients aus­si bien la So­cié­té de trans­port de l’Ou­taouais (STO), que le Sa­lon Ac­cès Jus­tice, La Nou­velle Scène, la bou­tique Ha­bi­tude De­si­gn qui ex­pose ses toiles, ou en­core Ku­ma Fi­re­works, l’un des pre­miers clients à avoir fait l’ac­qui­si­tion d’une pein­ture réa­li­sée sur-me­sure pour ses bu­reaux.

Il ne consi­dère pas les deux dé­marches an­ti­no­miques mais plu­tôt com­plé­men­taires : « Le de­si­gn ré­pond à des codes bien spé­ci­fiques, sur­tout dans le cas d’en­tre­prises comme la STO do­tées d’un guide de normes strictes. En re­vanche, la pein­ture per­met une li­ber­té totale. Le plus dé­li­cat, c’est de sa­voir in­té­grer l’un à l’autre », ana­lyse-t-il, en ci­tant l’exemple d’élé­ments es­thé­tiques qu’il a créés sur toiles puis nu­mé­ri­sés et in­té­grés au bran­ding de sites web.

« Il me faut les deux pour évoluer, ré­sume-t-il, du de­si­gn dans l’art et de l’art dans mes créa­tions gra­phiques. » À la ma­nière du yin et du yang, peut-être dé­jà ta­toués dans le voi­si­nage de son Ja­pon per­son­na­li­sé.

Jean-Fran­çois Hen­ri

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.