OPTION

ELLES SONT CHAUFFEURES D’AUTOBUS, PLOMBIÈRES, CHARPENTIÈRES OU MÉCANICIENNES DE VÉ­HI­CULES LOURDS.

Le Droit Affaires - - SOMMAIRE - par Maud Cuc­chi/ Col­la­bo­ra­tion spé­ciale Mar­tine Plourde Di­rec­trice Option Femmes Em­ploi

Le pro­gramme Non-tra­di­tion­nel d'Option Femmes Em­ploi fête 20 ans d'ac­com­pa­gne­ment au­près de celles qui veulent in­ves­tir un mé­tier tra­di­tion­nel­le­ment conju­gué au mas­cu­lin.

Leur point com­mun ? Elles ac­cordent au féminin des mé­tiers tra­di­tion­nel­le­ment at­tri­bués aux hommes. Toutes par­tagent d’une même voix des ré­cits d’au­dace et de per­sé­vé­rance, ani­mées par la fier­té de dé­cloi­son­ner leur pro­fes­sion. Pour y par­ve­nir, elles ont été épau­lées par le pro­gramme Non-tra­di­tion­nel d’Option Femmes Em­ploi, 20 ans au comp­teur cet au­tomne. Une ini­tia­tive dé­jà bien ro­dée qui car­bure à l’éman­ci­pa­tion des femmes sur le marché du tra­vail. Les rai­sons de s’ins­crire au pro­gramme Non-tra­di­tion­nel, « non-trad » pour les ini­tiés, ne manquent pas : ré­orien­ta­tion de car­rière, en­vie d’uti­li­ser à bon es­cient ses ta­lents manuels ou en­core at­trait pour la ré­mu­né­ra­tion com­pé­ti­tive des sec­teurs spé­cia­li­sés. Ce pro­gramme unique en son genre peut être pro­po­sé à l’is­sue d’un bi­lan de com­pé­tences, mais pas seule­ment, pré­sente sa di­rec­trice Mar­tine Plourde, en no­mi­na­tion dans la ca­té­go­rie Femme d'ex­cep­tion aux prix Ex­ce­lor 2018 de la Chambre de com­merce de Ga­ti­neau.

À OPTION FEMMES EM­PLOI, NOUS ACCUEILLONS GRATUITEMENT TOUTES LES FEMMES QUI DÉ­SI­RENT TROU­VER UN EM­PLOI OU EN CHAN­GER. ON LES ÉCOUTE POUR LES DI­RI­GER EN­SUITE VERS LE PRO­GRAMME ADAPTÉ. »

En deux dé­cen­nies, quelque 500 femmes ont bé­né­fi­cié du « non-trad » et de son ac­com­pa­gne­ment spé­cia­li­sé vers un mé­tier de leur choix où elles sont très peu re­pré­sen­tées. Des ren­contres ré­gu­lières avec des conseillers spé­cia­li­sés peuvent par­fois s’éta­ler sur une an­née, se­lon les be­soins de la par­ti­ci­pante. Des groupes de pa­role les en­cou­ragent à « fra­ter­ni­ser », à échan­ger sur les dé­fis qu’elles par­tagent. Quête de re­con­nais­sance, conci­lia­tion tra­vail-fa­mille, conseils d’in­té­gra­tion, les ate­liers ré­pondent à des be­soins concrets.

Deux dé­cen­nies d’évo­lu­tion

La di­rec­trice me­sure le che­min par­cou­ru en com­pa­rant les pré­oc­cu­pa­tions d’hier à celles d’au­jourd’hui.

« Avant, les par­ti­ci­pantes avaient sur­tout be­soin de sou­tien pour ap­prendre à faire face à des si­tua­tions ma­lai­santes. Au­jourd’hui, elles viennent vers nous avec des ques­tions plus tech­niques, en se de­man­dant par exemple où trou­ver des bottes de chan­tier quand on chausse du 5. »

Il faut dire que les men­ta­li­tés ont évo­lué au sein des en­tre­prises, note Mar­tine Plourde. Cer­tai­ne­ment le ré­sul­tat d’une dé­marche me­née en amont au­près des en­tre­prises sen­si­bi­li­sées aux be­soins spé­ci­fiques des tra­vailleuses. En 20 ans, plus de 400 en­tre­prises ont pris part à des ac­ti­vi­tés. Des pro­jets de re­cherche, des col­loques et autres évé­ne­ments pu­blics ont été conçus pour mo­bi­li­ser les ac­teurs du mi­lieu sur l’in­té­gra­tion des femmes dans les sec­teurs au­to­mo­biles ou de la cons­truc­tion, par exemple.

Un pro­gramme de bourses d’étude ré­cem­ment éla­bo­ré a dé­jà per­mis à 10 par­ti­ci­pantes d’en bé­né­fi­cier. Le fi­nan­ce­ment sert à amor­tir les frais de for­ma­tion, par exemple, ou les coûts as­so­ciés au pre­mier achat d’un équi­pe­ment spé­cia­li­sé.

En­fin, le 20ème an­ni­ver­saire a sur­tout été l’oc­ca­sion de mettre en avant quelques par­cours exem­plaires de par­ti­ci­pantes ayant réus­si dans un mé­tier non-tra­di­tion­nel.

Comme l’a sou­li­gné la co­or­di­na­trice de pro­jet Ma­rianne La­pointe dans son dis­cours d’an­ni­ver­saire, l’un des prin­ci­paux obs­tacles dans le choix d’une car­rière non­tra­di­tion­nelle, c’est en­core le manque de mo­dèle au­quel s’iden­ti­fier.

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