TRA­VAILLER POUR NE PAS MOU­RIR

Le Droit Affaires - - RESSOURCES HUMAINES -

À L’HEURE OÙ LE CARROSSE DE CENDRILLON ME­NACE DE SE TRANS­FOR­MER EN CITROUILLE,

Ray­mond Cyr en­file ses sou­liers, im­pa­tient d’al­ler tra­vailler.

« Je vais mou­rir ici », lance sans am­bages le pré­si­dent­di­rec­teur gé­né­ral d’Ex­po­gra­phiq, lorsque ren­con­tré dans les lo­caux de la firme ga­ti­noise où, du lun­di au ven­dre­di, il em­pile des jour­nées de 12 heures de bou­lot.

« Moi, je vis pour tra­vailler et je dors pour me re­po­ser pour al­ler tra­vailler », pour­suit l’homme qui vient de souf­fler ses 91 chan­delles.

Il faut dire que le père de M. Cyr est dé­cé­dé un an après avoir pris sa re­traite, à l’âge de 84 ans.

« La mo­rale de mon his­toire, c’est n'ar­rête pas de tra­vailler, si­non tu vas mou­rir », in­siste M. Cyr qui sou­tient n’avoir pris qu’une seule se­maine de va­cances, à l’oc­ca­sion de son voyage de noces en 1948.

Ses cinq en­fants sont pour leur part tous re­trai­tés. « Ils me disent : Pa­pa, tu es heu­reux, alors conti­nue comme ça. »

Lorsque M. Cyr s’est joint à l’équipe d’Ex­po­gra­phiq en 1985, il avait dé­jà tra­vaillé 40 an­nées chez Al­lied Pa­pers, où il était res­pon­sable d’une usine d’une cen­taine de per­sonnes à To­ron­to.

Sa ve­nue au sein de l’en­tre­prise ga­ti­noise, qui offre des ser­vices dans le do­maine des mu­sées, des ex­po­si­tions, de la concep­tion sur me­sure et du mar­ke­ting 3D, est ain­si de­ve­nu son « pro­jet de re­traite » et sa « se­conde fa­mille ».

Le pa­tron ar­pente d’un pas dynamique les longs cor­ri­dors de l’en­tre­pôt et sa­lue au pas­sage les em­ployés par leur pré­nom, les ques­tion­nant sur l’avan­cée des pro­jets en cours.

À l’heure où la plu­part des fonc­tion­naires quittent le bu­reau, M. Cyr entre dans les bras de Mor­phée. Puis, hi­ver comme été, sur les douze coups de mi­nuit, l’oi­seau de nuit sort de sa ta­nière, pre­nant le che­min du bu­reau du sec­teur Hull, de­puis Ro­ck­land, dans l’Est on­ta­rien, à bord de sa voi­ture.

Si M. Cyr est main­te­nant pas­sé maître dans l’art de na­vi­guer sur la toile, tel n’a pas tou­jours été le cas. Les or­di­na­teurs et autres tech­no­lo­gies n’exis­taient pas à sa nais­sance et les che­vaux fai­saient en­core par­tie du pay­sage ur­bain du sec­teur Va­nier, à Ot­ta­wa, où il a gran­di.

« En 1928, il n’y avait pas d’or­di­na­teur. Il n’y avait rien. Je suis très cu­rieux et j’aime ça ap­prendre », fait va­loir le no­na­gé­naire.

Ray­mond Cyr Ex­po­gra­phiq

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