LE CAN­NA­BIS ANA­LY­SÉ

Le Droit - - LA UNE - BE­NOIT SABOURIN bsa­bou­rin@le­droit.com Cor­res­pon­dant ré­gio­nal

De gi­gan­tesques serres à la fine pointe de la tech­no­lo­gie, des plants de can­na­bis à perte de vue, un sys­tème de sé­cu­ri­té ré­glé au quart de tour, des em­ployés vê­tus de sar­raus blancs et de fi­lets à che­veux — et à barbe pour les hommes — et une forte odeur dis­tinc­tive qui vous tra­verse les na­rines. Bien­ve­nue der­rière les murs de l’en­tre­prise HEXO, le plus im­por­tant four­nis­seur de la So­cié­té qué­bé­coise du can­na­bis dont l’usine est im­plan­tée dans le sec­teur Mas­sonAn­gers, à Ga­ti­neau.

À l’aube de l’en­trée en vi­gueur de la lé­ga­li­sa­tion de la ma­ri­jua­na ré­créa­tive pré­vue mer­cre­di, le pro­duc­teur a ou­vert les portes de ses ins­tal­la­tions aux jour­na­listes, plus tôt cette se­maine. Le Droit vous pro­pose au­jourd’hui un bref compte-ren­du des faits saillants de cette tour­née mé­dia­tique qui était agré­men­tée d’une séance d’in­for­ma­tion tech­nique.

Les pro­duc­teurs de can­na­bis li­cen­ciés par San­té Ca­na­da doivent res­pec­ter des normes strictes. Un nombre im­pres­sion­nant de dé­tails doit être ana­ly­sé avant que la plante soit cer­ti­fiée conforme. HEXO ne fait pas ex­cep­tion à cette règle. Les fleurs de can­na­bis culti­vées à Ga­ti­neau doivent su­bir 432 points de vé­ri­fi­ca­tion de l’as­su­rance qua­li­té tout au long de leur pro­ces­sus de crois­sance. Tout est tes­té, du taux de THC et de CBD (can­na­bi­diol), en pas­sant par les pos­sibles conta­mi­nants. C’est un la­bo­ra­toire in­dé­pen­dant ex­terne qui pro­cède aux ana­lyses dans le but d’of­frir un pro­duit de haute qua­li­té et exempt de mé­taux et de pes­ti­cides. De­puis fé­vrier 2017, HEXO, qui des­sert le mar­ché thé­ra­peu­tique de­puis ses dé­buts, met d’ailleurs à la dis­po­si­tion du pu­blic les ré­sul­tats de la­bo­ra­toires de ses lots de pro­duc­tion sur son site Web.

DE LA BOUTURE À LA CUEILLETTE

Il s’écoule 15 se­maines entre la plan­ta­tion et le mo­ment de ré­colte de la plante de can­na­bis. D’abord, l’en­ra­ci­ne­ment de pousses pro­ve­nant de plantes mères se fait dans une salle in­dé­pen­dante. La pho­to­pé­riode étant res­pon­sable de dé­clen­cher la flo­rai­son, on imite le cycle des sai­sons. Du­rant au moins deux se­maines, les pe­tits plants sont ex­po­sés à 18 heures de lu­mière par jour afin de fa­vo­ri­ser leur crois­sance. Pen­dant cette pé­riode, cer­tains culti­vars peuvent croître d’en­vi­ron 30 à 40 cen­ti­mètres. Une fois cette étape ter­mi­née, les plantes sont trans­fé­rées dans une autre salle où elles sont bom­bar­dées de lu­mière à rai­son de 12 heures par jour. C’est à ce mo­ment que la plante va en­trer dans sa phase de pol­li­ni­sa­tion. Les fleurs ré­sul­tant de ce pro­ces­sus se­ront en­suite cueillies, sé­chées, af­fi­nées et ir­ra­diées par les em­ployés de l’usine.

LA COCCINELLE, GAR­DIEN NA­TU­REL DES LIEUX

HEXO mise sur des ou­tils bio­lo­giques pour contrô­ler l’en­vi­ron­ne­ment où pousse son can­na­bis. N’em­ployant pas de pes­ti­cides sur ses pro­duits, en rai­son no­tam­ment des normes ex­ces­si­ve­ment strictes de San­té Ca­na­da, HEXO fait ap­pel à des « in­sectes pré­da­teurs » pour ga­ran­tir une pro­tec­tion ef­fi­cace de ses cul­tures.

« On em­bauche les in­sectes », lance en riant la maître culti­va­trice de l’en­tre­prise, Agnes Kwas­niews­ka. La coccinelle est l’un des meilleurs al­liés de la com­pa­gnie pour as­su­rer une sur­veillance ac­crue des pa­ra­sites ou in­sectes dé­vas­ta­teurs qui pour­raient s’in­fil­trer dans l’usine. Les té­tra­nyques ou « spi­der­mites » en an­glais sont par­mi les prin­ci­paux en­ne­mis de la plante. « Nous avons beau­coup de pe­tits tra­vailleurs ici. Cer­tains sont des pré­da­teurs gé­né­ra­listes qui vont s’at­ta­quer à tout ce qu’ils voient et d’autres sont très spé­ci­fiques. On compte énor­mé­ment sur eux. Les coc­ci­nelles sont nos al­liées nu­mé­ro un puis­qu’elles mangent tout », ex­plique Mme Kwas­niews­ka. À no­ter que mites et guêpes sont aus­si de va­leu­reux gar­diens des lieux.

L’ÉPOU­VAN­TAIL SO­NORE

Si le tra­di­tion­nel épou­van­tail a tra­ver­sé les époques comme étant une mé­thode ef­fi­cace pour re­pous­ser les oi­seaux des champs et jar­dins des agri­cul­teurs, l’équipe d’HEXO a op­té pour une ver­sion re­vi­si­tée du concept.

Un en­re­gis­tre­ment d’oi­seau en dé­tresse ré­sonne de fa­çon ré­gu­lière dans les serres dans le but d’éloi­gner d’éven­tuels vi­si­teurs à plumes qui ose­raient s’aven­tu­rer dans les dé­dales du com­plexe de pro­duc­tion.

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