OÙ POUR­RA-T-ON FU­MER DU POT ?

Le Droit - - ACTUALITÉS - JU­LIEN PAQUETTE jpa­quette@le­droit.com

Ce qui au­rait pu être un vé­ri­table casse-tête dans le coeur ur­bain de l’Ou­taouais et de l’Est on­ta­rien de­vrait s’opé­ra­tion­na­li­ser sans cau­ser trop de mi­graines. Ce sont des règles plu­tôt uni­formes qui en­ca­dre­ront la lé­ga­li­sa­tion et — sur­tout — sa consom­ma­tion, tant sur les ter­rains de la Ville d’Ot­ta­wa, Ga­ti­neau et de la Com­mis­sion de la ca­pi­tale na­tio­nale (CCN).

Pour la ca­pi­tale na­tio­nale, c’est le gou­ver­ne­ment de l’On­ta­rio qui a pris la dé­ci­sion en ce qui concerne les lieux où il se­ra per­mis de fu­mer ou de va­po­ter la ma­ri­jua­na. À quelques ex­cep­tions près, ça pour­ra être fait aux mêmes en­droits où il est per­mis de griller une ci­ga­rette.

De fa­çon si­mi­laire, la Ville de Ga­ti­neau a cal­qué son rè­gle­ment sur le ta­bac pour dé­ter­mi­ner où les fu­meurs de pot se­ront au­to­ri­sés à al­lu­mer leur joint.

Le seul point d’in­ter­ro­ga­tion qui de­meure, ce sont les ter­rains de la CCN. La so­cié­té d’État pré­voit adop­ter un rè­gle­ment pour en­ca­drer la consom­ma­tion de can­na­bis en juin 2019.

Mal­gré ce­la, il ne faut pas pro­ba­ble­ment pas s’at­tendre à ce que la CCN vienne com­plexi­fier outre me­sure. Son pre­mier di­ri­geant, Mark Krist­man­son, ex­pri­mait le sou­hait en sep­tembre der­nier que cette nou­velle po­li­tique « soit la plus co­hé­rente pos­sible avec les mu­ni­ci­pa­li­tés et com­ment ils vont gé­rer la si­tua­tion de leur cô­té ».

Spé­cia­liste des lé­gis­la­tions concer­nant les drogues à tra­vers le monde, la pro­fes­seure en cri­mi­no­lo­gie de l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa Line Beau­chesne croit que, même s’il fal­lait que les règles soient peu ho­mo­gènes dans la ré­gion de la ca­pi­tale na­tio­nale, il n’y a pas lieu de s’in­quié­ter. Les règles de­vraient s’har­mo­ni­ser après une pé­riode d’adap­ta­tion de quelques an­nées, sou­tient-elle.

Si des mu­ni­ci­pa­li­tés choi­sissent d’in­ter­dire aux gens de fu­mer du can­na­bis dans les lieux pu­blics à l’ex­té­rieur, Mme Beau­chesne craint tou­te­fois que ce­la ait des ré­per­cus­sions sur la san­té des fa­milles à plus faibles re­ve­nus, sur­tout ceux qui ha­bitent dans un im­meuble à lo­ge­ment où les pro­prié­taires ont choi­si d’in­ter­dire éga­le­ment la consom­ma­tion à l’in­té­rieur.

« Ce que ça va obli­ger les gens à faire, c’est de fer­mer les fe­nêtres et les portes. C’est peut-être des fa­milles avec des en­fants et ils vont se re­trou­ver dans un lieu fer­mé, à fu­mer dans la mai­son. Tu ne peux pas fu­mer dans la rue dans cer­taines villes et tu ne veux pas être vu dans ton ap­par­te­ment, alors il faut vrai­ment que tu fermes tout. »

L’in­ter­dic­tion de fu­mer chez soi est ju­gée ex­ces­sive par Line Beau­chesne, sur­tout si on consi­dère que la consom­ma­tion par la fumée est ra­pi­de­ment de­ve­nue mi­no­ri­taire, au dé­tri­ment d’al­ter­na­tives comme l’huile de can­na­bis, dans les états amé­ri­cains du Co­lo­ra­do et du Wa­shing­ton où le pot a été légalisé.

Au Qué­bec et en On­ta­rio, les pro­prié­taires d’im­meubles à lo­ge­ments et les syn­dics de co­pro­prié­té pour­ront l’in­ter­dire. L’Of­fice mu­ni­ci­pal d’ha­bi­ta­tion de Ga­ti­neau (OMHG) a tou­te­fois été sen­sible aux ar­gu­ments de san­té pu­blique et per­met­tra à ses lo­ca­taires de fu­mer de la ma­ri­jua­na dans leur lo­ge­ment, mais l’in­ter­di­ra dans les aires com­munes de ses bâ­ti­ments.

L’OMHG iden­ti­fie­ra éga­le­ment les ré­si­dents qui sou­haitent vivre dans un mi­lieu sans fumée pour les re­grou­per dans le même

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